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Svartidauði - Revelations Of The Red Sword

Chronique

Svartidauði Revelations Of The Red Sword
On peut dire qu’il se sera fait désirer celui-là, tant les islandais auront pris le temps pour composer et enregistrer un successeur à l’incroyable « Flesh Cathedral » qui ouvrait la voie à la cohorte de formations impressionnantes venues de leur pays. Sans remonter aux calendes grecques il s’est quand même écoulé six ans depuis la sortie de celui-ci, un délai qui se fait rare aujourd’hui où trop souvent la productivité prend le pas sur la qualité intrinsèque de la musique. Mais quand le résultat est à la hauteur des espérances cette attente est forcément oubliée, ce qui sera le cas pour ce second long-format du désormais trio. Pourtant celui-ci n’est pas resté inactif durant ce délai en sortant pas moins de trois excellents EP qui voyaient l’apparition d’une musique plus condensée, mais tout aussi intéressante qu’auparavant. Car si elle se fait plus ramassée elle conserve son pouvoir d’attraction immédiat où noirceur cauchemardesque et ambiances hivernales se mélangent pour obtenir un son addictif à souhait, d’où il est difficile d’en sortir avant sa conclusion.

Pourtant à première vue l’œuvre des nordiques semble encore plus impénétrable et chaotique que lors d’un passé récent, grâce (ou à cause) d’une production plus crue et moins propre où la reverb’ est mise à l’honneur. Cela se ressent dès les premières notes de « Sol Ascending » où l’on a la sensation d’être happé dans un trou noir, où froideur et tempête sont omniprésents. Si son départ lent et entraînant peut faire croire à une possible échappatoire il n’en est en revanche plus question dès l’arrivée de la batterie qui part dans tous les sens et n’hésite pas à enchaîner les différents tempos d’une façon à première vue désordonnée, mais qui est très habile tant elle garde toute sa cohérence et ligne de conduite. Si l’échelle de Richter était active nul doute qu’elle montrerait une activité sismique et volcanique imminente, car on a la sensation d’une éruption proche tant la pression semble progresser à chaque minute et variations de rythmes, qui passent de la lourdeur à l’explosivité avec une facilité déconcertante. Afin d’ajouter dans l’effet de surprise les mecs ont ajouté un très bon solo sur la fin, qui sert de rampe de lancement pour la suite et montrent du coup toute leur panoplie technique à travers ce premier morceau à la fois habile, classique et déconcertant. Si l’on reconnait leur univers le son de celui-ci plus sombre et désespéré va emmener la suite de cet album vers des abîmes de noirceur, d’où aucun espoir ne semblera émerger jusqu’à l’ultime seconde.

Car la suite va proposer des compositions différentes les unes des autres, chacune ayant sa personnalité et sa forme, mais qui conservent une ligne directrice reconnaissable et d’où elles ne sortiront pas. Avec l’excellent « Burning Worlds Of Excrement » on monte d’un cran en matière de folie et de complexité, tant ça part dans tous les sens et se fait totalement barré, sans pour autant être d’une technicité folle. Plus brutale que le précédent titre entendu cette compo arrive néanmoins à conserver ce côté entrainant et tempétueux même quand elle ralentit l’allure, à l’instar du tentaculaire « The Howling Cynocephali » qui va miser quant à lui sur des relents Doomesques. Si le départ va être mené sur les chapeaux de roue il va très vite lever le pied et privilégier les courtes cassures au milieu d’un océan de lourdeur d’où émerge un chant presque religieux où les paroles sont scandées telles un gourou, conjuguées à quelques arpèges doux comme pour permettre de reprendre ses esprits avant le retour de ces sensations oppressantes. D’ailleurs pour continuer sur ce chemin tracé « Wolves Of A Red Sun » va faire monter la sauce délicatement mais de façon continue, tel le magma qui ne demande qu’à jaillir, tout en laissant une très grande place aux parties instrumentales qui donnent l’impression à l’humain de n’être qu’un pantin désarticulé au milieu de cette nature hostile. La voix absente jusque-là n’arrive elle que sur sa seconde moitié lors de l’apparition de fugaces blasts qui vont rapidement s’estomper afin que la lenteur ne reprenne son chemin, telle la lave une fois sortie de son cratère. Particulièrement envoutant et glacial ce morceau va s’enchaîner facilement avec le monstrueux « Reveries Of Conflagration » qui lui aussi va balayer toute la palette technique des mecs du nord, dont le niveau est assez hallucinant de maîtrise et qui ont surtout le bon goût de ne jamais trop en faire. Entre passages doux et apaisants et furie tellurique le reste alterne sur tous les tons et conserve une homogénéité et cohésion sans failles, permettant donc de conserver un attrait malgré sa durée. Car si les deux premiers tiers du disque oscillaient aux alentours des sept minutes ce troisième et dernier passage va s’étirer encore plus (permettant ainsi de retrouver les épopées fleuves du précédent opus) comme avec le magnétique et intense « Aureum Lux » qui fait office de conclusion. Ici l’intensité volcanique s’excite une ultime fois en proposant nuées ardentes, coulées magmatiques et séismes importants, comme pour représenter la variété des ambiances proposées par ses géniteurs. Si le tout démarre plutôt tranquillement les blasts vont ensuite dominer l’espace avec en prime du mid-tempo redoutable, toujours calé sur un riffing noyé dans le chaos ambiant mais qui arrive à s’exprimer, malgré ses nombreux tourments. Après cela l’heure va être à un ralentissement régulier et progressif, comme pour signifier qu’après s’être énervés de tous les côtés les éléments naturels se sont apaisés et laissent ainsi place aux fumées et poussières qui retombent au sol, annihilant du coup toute forme de vie dans les environs.

Si le résultat général n’est pas aussi dantesque que son précédent long-format la bande a tout de même placé la barre extrêmement haut et a réussi à confirmer l’essai, tout en conservant à la fois sa ligne directrice certes plus directe, mais toujours aussi ébouriffante. Véritable ode à la nature de son pays (tout comme les œuvres récentes de ses différents compatriotes) le combo nous rappelle que même si l’homme a réussi à dompter les éléments ces derniers restent néanmoins les maîtres à la fois de notre environnement et de notre bonne vieille planète. Plus brut et crade que dans un passé proche, mais aussi plus foutraque et violent, ce disque demandera un sacré paquet d’écoutes pour être totalement appréhendé et ausculté sous toutes les coutures, tant il renferme différentes couches qui se découvrent au fur et à mesure du temps et procureront un sentiment de bien-être et de plénitude, malgré la météo exécrable au possible.

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4 COMMENTAIRE(S)

Bloody citer
Bloody
10/12/2018 18:30
note: 9/10
Excellent album! J'ai accroché d'entrée là Où Flesh Cathedral a mis plus de temps à vivre en moi. D'excellent musiciens pour un album qui trustera mon top 3 à la fin de l'année derrière le Funeral Mist et le Kriegsmaschine.
gulo gulo citer
gulo gulo
10/12/2018 16:56
note: 8/10
Pour ma part il me parle infiniment plus - et d'emblée- que tout ce qui a précédé. Quel batteur, bon sang !
AxGxB citer
AxGxB
10/12/2018 15:20
Je ne l'ai écouté qu'une fois en ce qui me concerne mais très grosse première impression de mon côté. On verra si au fil des écoutes, celle-ci perdure mais je pense que oui.
BBB citer
BBB
10/12/2018 15:10
Perso, j'y trouve pas mon compte. J'ai bien tenté plusieurs écoutes, sans jamais arriver jusqu'au bout. Je me contenterai de 'Flesh Cathedral' en fin de compte.

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Svartidauði
Black Metal Orthodoxe
2018 - Ván Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (3)  8.67/10
Webzines : (1)  9/10

plus d'infos sur
Svartidauði
Svartidauði
Black Metal Orthodoxe - 2002 - Islande
  

tracklist
01.   Sol Ascending
02.   Burning Worlds Of Excrement
03.   The Howling Cynocephali
04.   Wolves Of A Red Sun
05.   Reveries Of Conflagration
06.   Aureum Lux

Durée : 49 minutes

line up
parution
3 Décembre 2018

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