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Embryonic Cells - Horizon

Chronique

Embryonic Cells Horizon
Œuvrant dans l’underground depuis presque un quart de siècle le combo troyen est un modèle d’acharnement et de persévérance malgré une reconnaissance toute relative, la faute notamment à de longues périodes de silence entre chacune de ses sorties. Après avoir mis le temps pour enchaîner rapidement deux démos à cheval sur les deux siècles, il lui a fallu ensuite attendre six ans pour que son premier album voit le jour (suivi par un second quelques mois plus tard), et autant entre le troisième « The Dread Sentence » et le dernier-né en date. Si la patience est une qualité il ne faut pas non plus en abuser au risque de voir le public décrocher entre temps, d’ailleurs on finissait par se demander si le quatuor était toujours actif et heureusement qu’il l’est encore, car cette galette est probablement la meilleure qu’il ait sorti à ce jour. De plus celui-ci va enfin bénéficier d’une visibilité importante via sa signature chez Apathia Records (dont la qualité de distribution et de promotion n’est plus à démontrer), du coup comme le dit le proverbe "Mieux vaut tard que jamais".

Officiant toujours dans un Black symphonique et spatial le groupe aux thèmes occultes et spirituels va démarrer les hostilités pied au plancher après une courte introduction (où la douceur des guitares n’est qu’un leurre fait pour surprendre et piéger l’auditeur), avec « Don’t Serve Your King » qui débarque dans la foulée. Car ici blasts et parties rapides sont à l’honneur et alternent leurs apparitions pour proposer une grande variété, conjugués à des moments où le mid-tempo résonne permettant ainsi de faire retentir des ambiances épiques et entrainantes, le tout avec des nappes de claviers sobres et efficaces. Proposant ainsi un mélange de toute la palette de ses créateurs ce morceau à l’entrain communicatif et à l’écriture impeccable va servir de rampe de lancement à l’excellent « Carved In My Skin ». Moins brutal que son prédécesseur (les frappes à cent à l’heure sont ici absentes) il n’en conserve pas moins une accroche immédiate par un tempo intermédiaire qui ne varie pas des masses, mais suffisamment bien foutu pour ne pas tomber dans la répétition. Donnant lui aussi l’envie d’aller au combat et de foncer sur ses ennemis il confirme l’excellent démarrage pris par le combo qui va à l’essentiel en ne surchargeant pas sa musique d’effets inutiles, ni d’un trop-plein technique qui aurait été rapidement indigeste. Là-encore la prestation de Pierre Le Pape (également dans MELTED SPACE) derrière son synthé est d’une sobriété exemplaire, préférant par moments s’effacer afin de mieux revenir ultérieurement, et d’apprécier du coup ses ambiances éthérées et légèrement futuristes. Cela va être encore le cas avec le tout aussi réussi « Never Let You Fall » qui fait presque office de suite à la composition d’avant, car on retrouve les mêmes riffs et parties de batterie sans pour autant tomber dans la redite grâce à l’ajout de plus de variété. Plus dense et n’hésitant pas à ralentir l’allure pour que l’ensemble puisse respirer il se montre impeccable de bout en bout, et conserve là-encore sa densité et sa force de frappe alors que la première moitié de cette galette se termine.

Pourtant si celle-ci est un sans-faute la suivante va elle au contraire être plus décevante, la faute notamment à la doublette « Across The Mountains » et « Horizon… » moins inspirée et mollassonne. Malgré un titre qui rappelle immédiatement l’œuvre d’IMMORTAL il est immédiatement plombé par un début trop lent et qui s’éternise inutilement, d’autant plus quand l’ensemble reste plat et ne décolle jamais. Heureusement après un break doux cela repart de façon bien plus énergique et convaincante, où tabassage et vitesse sont enfin de retour mais qui arrivent néanmoins trop tardivement. Du coup un sentiment mitigé transpire de celui-ci et l’on regrette que les gars n’aient pas mis d’entrée cette force qu’ils ont gardé pour la fin. Et quand ça n’est pas un excès de durée qui se fait sentir c’est carrément un manque d’inspiration qui apparait avec la plage suivante (« Horizon… »), qui bien que durant moins de trois minutes n’amène rien à l’ensemble tant elle est en roue-libre et sans imagination avant d’être aussitôt oublié une fois l’écoute achevée. Mais heureusement ces faiblesses ne vont pas durer et même si elle a du mal à commencer « To Horizon » va retrouver une vitalité et une puissance qui s’était légèrement estompés, en proposant une alternance de vitesse bienvenue au milieu de passages plus posés et nuageux. Afin de conclure dignement « No Boundaries » est l’occasion pour le combo de laisser de nouveau de la place à son claviériste qui est encore mis à l’honneur et livre une prestation impeccable, le tout mis au diapason par ses collègues qui mélangent toutes leurs influences respectives. On obtient du coup quelquechose de plus lumineux et agressif qui lorgne largement vers DIMMU BORGIR période « Enthrone Darkness Triumphant » et « Spiritual Black Dimensions », sans pour autant pomper le son des norvégiens afin de garder sa propre identité.

Pas parfaite sur la longueur et s’essoufflant progressivement au fur et à mesure de son avancée, il serait cependant dommage de ne pas laisser une chance à la nouvelle création des aubois, dont le rendu global mérite quand même que l’on y pose une oreille attentive. Avec sa production homogène où chaque instrument a le droit de cité (même si la batterie sonne parfois un peu faiblarde) et les bonnes idées qui composent l’ensemble, tout cela semble être une nouvelle étape dans la vie de ses créateurs qui ont réalisé quelquechose de rarement entendu en France. A la fois original et intelligent tout en bénéficiant d’un gros feeling ce quatrième volet de leurs aventures est sans conteste le plus abouti, le mieux produit et le plus équilibré (même si à l’instar de leurs précédents long-formats il souffre de baisses de régime et de moments plus quelconques). Sans marquer 2018 de son empreinte il a cependant suffisamment d’arguments pour qu’on se laisse tenter de l’écouter, et se faire ainsi embarquer dans un univers personnel où les ambiances priment sur la violence pure et dure, mais où le plaisir sera garanti.

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4 COMMENTAIRE(S)

Keyser citer
Keyser
15/12/2018 15:09
Orel Lion a écrit : Keyser a écrit : Orel Lion a écrit : Marrant lors du premier extrait j'ai plus pensé à du Amon Amarth qu'à du Black sympho je dois avouer...
Le ressenti que j'ai de ta chronique est le même que pour l'année 2018 musicalement. Pas mal mais rien de marquant.


T'as écouté le Temple ? Dans le genre marquant ça se pose là ! Mais sinon oui beaucoup de déceptions cette année et peu de grands albums.


Non pout Temple. Tu connais un site où l'écouter ? Perso j'ai écouté le dernier Obscenity qui est plutôt miam.


Rha tu suis pas mec !

https://www.youtube.com/watch?v=jgzh-jO4cXg

Et la chronique :

https://www.thrashocore.com/chroniques/chronique/8023-temple-design-in-creation-2018-chronique.html

Oui l'Obscenity est sympa !
Orel Lion citer
Orel Lion
15/12/2018 14:58
Keyser a écrit : Orel Lion a écrit : Marrant lors du premier extrait j'ai plus pensé à du Amon Amarth qu'à du Black sympho je dois avouer...
Le ressenti que j'ai de ta chronique est le même que pour l'année 2018 musicalement. Pas mal mais rien de marquant.


T'as écouté le Temple ? Dans le genre marquant ça se pose là ! Mais sinon oui beaucoup de déceptions cette année et peu de grands albums.


Non pout Temple. Tu connais un site où l'écouter ? Perso j'ai écouté le dernier Obscenity qui est plutôt miam.
Keyser citer
Keyser
14/12/2018 18:00
Orel Lion a écrit : Marrant lors du premier extrait j'ai plus pensé à du Amon Amarth qu'à du Black sympho je dois avouer...
Le ressenti que j'ai de ta chronique est le même que pour l'année 2018 musicalement. Pas mal mais rien de marquant.


T'as écouté le Temple ? Dans le genre marquant ça se pose là ! Mais sinon oui beaucoup de déceptions cette année et peu de grands albums.
Orel Lion citer
Orel Lion
14/12/2018 17:43
Marrant lors du premier extrait j'ai plus pensé à du Amon Amarth qu'à du Black sympho je dois avouer...
Le ressenti que j'ai de ta chronique est le même que pour l'année 2018 musicalement. Pas mal mais rien de marquant.

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Embryonic Cells
Black Metal Symphonique
2018 - Apathia Records
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs :   -
Webzines : (5)  7.64/10

plus d'infos sur
Embryonic Cells
Embryonic Cells
Black Metal Symphonique - 1994 - France
  

tracklist
01.   Crossing
02.   Don’t Serve Your King
03.   Carved In My Skin
04.   Never Let You Fall
05.   Across The Mountains
06.   Horizon...
07.   To Horizon
08.   No Boundaries

Durée : 40 minutes

line up
parution
23 Novembre 2018

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1999 - Osmose Productions
  

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