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Ungfell - Mythen, Mären, Pestilenz

Chronique

Ungfell Mythen, Mären, Pestilenz
Ungfell est un jeune groupe suisse dont le premier album, doté d’un artwork accrocheur qui m’avait directement happé, avait de suite fait l’unanimité dans le petit monde du BM à forts relents folkloriques. Mythen, Mären, Pestilenz, son deuxième effort longue durée, n’a guère attendu plus d’un année avant de revenir caresser les oreilles des amateurs. Affublé d’un artwork d’aussi grande qualité, mais dans des tons blanc pâles plus austères, la musique du groupe n’a que peu évolué et nous devons nous en réjouir t ant le plaisir est, de nouveau, au rendez-vous.

A l’image d’un groupe comme Ende, Ungfell fait du Moyen-Age son terrain de jeu favori, ce qui se ressent naturellement dans sa musique, ainsi qu’en témoignent les petits tambourins et flûtiaux qui ouvrent l’album et son premier titre, Raubnest ufm Uetliberg. L’immersion dans le folklore est immédiate, d’autant que la guitare sèche accentue le propos et permet de faire le lien avec le second morceau, De Türst und s Wüetisheer, belle pièce de près de 7 minutes, au rythme échevelé et aux accords tournoyants magnifiques. Ce titre est une pièce d’orfèvre, d’une très grande richesse technique, les riffs semblant s’enchâsser dans la structure tout en virevoltant autour d’une voix possédée (Der Ritter von Lasarraz encore). Le pont central accentue quant à lui la mélodie, sans ralentir le tempo. Le morceau se meut avec naturel, sans à-coup et tout en progression subtile alors que le son, suffisamment propre, donne à entendre la basse qui surplombe une partie de la structure (comme sur Bluetmatt, où le choix du mid-tempo s’avère payant tant la basse marque le passage d’un plan à un autre).

L’immersion est grande, je l’ai souligné. Elle est renforcée par les interludes médiévaux dont le groupe a jonché l’album (Oberlandmystik, De Fluech vom Toggeli et son passage à l’accordéon, Guggisberglied accompagné de ce qui ressemble à de la viole et des tambourins), qui rappellent parfois le grand Dissection, celui de The Somberlain. L’aura mystique qui entoure ces pistes, presque ésotérique, ne doit pas étonner, le mastering ayant été accompli par un maître en la matière, Greg Chandler. Le choix de la guitare sèche sur de nombreux passages – ponts ou outro (la fin de Bluetmatt, de Raubnest ufm Uetliberg) – doit encore être salué. Non seulement, il confère aux titres une ambiance antique particulièrement réussie mais, en outre, il aère les morceaux dont la plupart, denses par nature, dopés par une voix enragée, ne laisse que peu de respirations (Die Heidenburg, De Fluech vom Toggeli).

Le travail sur l’architecture des morceaux est remarquable. Si les structures sont très chargées en informations, en arrangements et en petites trouvailles subtiles (cette basse !, l’accordéon sur plusieurs passages de Der Ritter von Lasarraz, le mélange chants d’oiseaux et guitare sèche sur l’intro de Raserei des Unholds), le son, mi harsh, mi propre, donne à tout entendre parfaitement, notamment ce riffing ultra classieux des grattes qui semblent tricoter de la dentelle en arrière-plan (Die, Heidenburg, De Fluech vom Toggeli), jusqu’à certains solis quasi heavy, sortis de nulle part (sur Die Heidenburg, à plusieurs reprises, durant les divers ponts du morceau ou sur Die Hexenbrut zu Nirgendheim).

Ungfell ne cède jamais à la facilité et présente le grand avantage de ne jamais se répéter. Les pistes se succèdent, les riffs changent, les structures évoluent mais l’univers reste identique, cohérent, jusque dans les ponts centraux où le fil rouge médiéval est sans cesse présent, qui par une ambiance de désolation parfaitement retranscrite, qui par l’insertion d’instruments atypiques (le pont central de Die Hexenbrut zu Nirgendheim).

Magnifique de bout en bout, inspiré, violent et mélancolique, aussi immersif qu’une ballade dans des bois enneigés et aussi tendue que la fuite d’un village gagné par la peste, ce nouveau Ungfell est une petite merveille d’orfèvrerie musicale.

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1 COMMENTAIRE(S)

Fabulon citer
Fabulon
08/01/2019 16:50
note: 8/10
Je partage ta conclusion à un bémol près, qui m'empêche de lui coller plus de 8/10.

C'est surement une tare toute personnelle mais je trouve que plane sur cet album - peut être un poil moins que les précédents - l'ombre de PESTE NOIRE, qui m'empêche de savourer le truc à 100%...

A tel point que dès qu'un riff ou un arpège défonce, je peux pas m’empêcher de me dire que ça sort de la Sanie ou de Folkfuck.

Ce qui me faisait dire sur le forum que c'est lui qu'il faut écouter cette année pour écouter un bon album de PN.

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Ungfell
Black Metal
2018 - Eisenwald
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (6)  8.25/10
Webzines : (1)  5/10

plus d'infos sur
Ungfell
Ungfell
Black Metal - 2014 - Suisse
  

tracklist
01.   Raubnest Ufm Uetliberg  (01:53)
02.   De Türst Und S Wüetisheer  (06:16)
03.   Oberlandmystik  (01:49)
04.   Bluetmatt  (05:52)
05.   Die Heidenburg  (06:08)
06.   De Fluech Vom Toggeli  (02:37)
07.   Die Hexenbrut Zu Nirgendheim  (05:57)
08.   Guggisberglied  (02:20)
09.   Der Ritter Von Lasarraz  (07:55)
10.   Raserei Des Unholds  (07:29)

Durée : 48:16

line up
parution
23 Mars 2018

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2021 - Eisenwald
  

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