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Children Of Bodom - Hexed

Chronique

Children Of Bodom Hexed
Children, Children... Children...
Ooooh mon Children !
Mon p'tit CoB à moi.
C'est que je parle d'un groupe dont les moins de vingt ans ne comprendront pas combien il a été important.
Je dis ça mais même les plus de vingt ans...

On va faire simple : CoB fait partie des groupes générationnels qui ont marqué un fort clivage à l'époque de leur grande popularité. Après un premier album qui n'est finalement pas resté dans l'histoire, ce sont Hatebreeder et, surtout, Follow the Reapper qui ont attiré bon nombre de metalheads des années 2000.
À l'instar de Slipknot ou Korn, à cette époque, t'avais les puristes qui se méfiaient d'un groupe aussi populaire. Pour eux, CoB, c'était une parodie de MeloDeath, un outrage sans nom au Death Metal : un batteur plat au possible, un chant insupportable porté par un gimmick du « Miaou Miaou » et du « Fuck » qui tournent presque à l'autodérision mal-placée, chanteur étant également guitariste lead sur-côté qui sait pas se rejouer tellement il est camé jusqu'à l'os et, surtout, un côté Power cheezy qui ne sied pas à la grandeur mélodique du Metal finlandais !
Et t'avais les fans, ceux qui sont entrés par la porte Extreme Power du groupe : ouais, c'est clinquant, les gros synthés tachent avec des effets grandiloquents à base de « TA DA DAAAAAM » qui ponctuent avec un kitsch certain des phrases mélodiques qui rentrent en tête. C'est également des rythmiques à la fois bourrines mais abordables, sur lesquelles tu headbang sans peine, avant de prendre ton pied sur des solos qui font la part belle au néo-classique puissant. Ces fans avaient pour une fois accès à un groupe sucré mais hargneux, comme une friandise qui avait quand même du goût, le genre de pâtisserie que tu prends à la sortie des cours, en tapant dans le dos des potes en braillant « I don't give a fuck if you HATE ME ! », parce que ces paroles, mine de rien, elles sont ridicules, mais on se marre bien à imiter le chant d'Alexi Laiho.

Alors on boit des coups, on s'amuse d'un rien. Parfois, t'as tout de même des parties instrumentales qui te touchent, et la base résolument Power du groupe ajoute à ce sentiment de force qui te parcourt lorsque le sang s'enrichit de ce sucre devenu alcool.

Mais le temps passe, et viennent les premiers affres du temps. Are you dead yet ? « I don't give a flying fuck, motherfucker ». CoB commence à jouer la violence, ça ne marche pas, leur base est Power, ne l'oublions pas. Allez, Laio, arrête un peu la drogue, et reviens en forme.
Blooddrunk.
Le PIRE passage à vide pour un groupe devenu populaire. Un album à la hauteur de sa cover : infâme, sans forme, la parodie de l'ombre d'un groupe qui avait su rallier tout un ensemble de personnes ayant grandi avec des mélodies épiques en tête, et qui ont touché leur premier élan juste agressif et percutant pour les séduire sans mal.
Là, c'était un groupe qui voulait se la jouer sanglant, sauf que, soyons franc, c'était pas sur ça qu'ils tiraient leur épingle du jeu.

Mais le temps passe et, après un Relentless Reckless Forever à peine mieux reçu que le ratage précédent, les enfants du lac Bodom signent chez Nuclear Blast. Et là, Halo Of Blood : je pense qu'il a été bien accueilli par des personnes affamées, prêtes à prendre du CoB tant que ça avait un minimum la saveur du passé. Une madeleine, quoi. Parce que, faut pas déconner, ça reste assez moyen, et parfois ça tourne bien en rond, et I Worship Chaos ne donnera pas tort à ce constat : CoB n'a plus la fougue et l'inventivité de l'époque de leur deuxième et troisième skeud.

WOUOH, tout ça ?
Oui, tout ça pour en venir à Hexed. Parce que je ne l'attendais pas vraiment, ce dernier sorti, mais j'étais curieux après avoir tant lâché ce groupe dont je ne pouvais plus rien supporter ; avant de redécouvrir un Hatebreeder créatif et over the top, toujours à fond dans cette démesure de jeunes musiciens qui veulent prouver qu'ils sont des zicos, qu'ils ont des références et qu'ils peuvent les caler dans du MeloDeath.
Alors, qu'est-ce que c'est, Hexed ? Eh bien, déjà, on notera que, sans surprise, Nuclear Blast propose un son impeccable : ça sonne bien, on n'est pas noyé, et quand ça doit porter, eh bien ça porte ! La mélodie à 1:54 de « Hecate's Nightmare » est épique, elle fonctionnera aussi en live. Les nostalgiques seront contents d'entendre du synthé bien présent, sans oublier le fameux « TADAM » pour lancer un solo bien fichu. Ouais, je prends ce morceau au hasard, je suis assez confiant. Alors je lance le reste.
Et on ne va pas se le cacher : le sympathique côtoie le « pas inspiré pour un sou ».
C'est ça l'avantage du label Nuclear Blast, ce sera rarement archi-mauvais, pour peu que ce soit pas du Pop Metal racoleur. Ici, Children of Bodom fait du Heavy légèrement CoB-esque. Alors « Kick In The Spleen » te fera bien plaisir, parce que ça tâche, ça évoque « In Your Face », ça balance avec de la batterie lourde et des riffs bien sentis, t'auras même ton synthé à l'ancienne qui fera un duo lors du solo avec la gratte. Ah ouais, plus old-school que ça, impossible !
Allez, enchaîne sur « Hexed » : pareil, on aime ça, quand ça envoie du riff qui presse, quand t'as ce Power teinté de MeloDeath. Rien à jeter, comme pour « Under Grass And Clover », qui propose de chouettes phases instrumentales qui t'évoqueront sans souci les heures de Follow The Reapper. Et tu applaudiras devant « Glass House », parce que là tu sens que ça aurait clairement pu sortir à l'époque, avec ces touches néo-classiques qui conduisent à de purs moments Heavy Metal bondissants. Allez, saupoudre ça de « Knuckleduster », qui sonne pas comme on a l'habitude, mais qui fait dans l'efficacité bien sentie.

Voilà six titres super sympas qui font bien plaisir !
Et le reste ?
Eh bien le temps passe et, comme assez souvent avec les sorties de groupes qui essayent un renouveau ou, tout du moins, de faire plaisir aux premiers fans... Le résultat global est moyen.
Donc prépare-toi à quelques morceaux qui sont au mieux insipides et déjà entendus mille fois chez CoB ou ailleurs (« Platitudes and Barren Words » et son synthé beaucoup trop J-Pop porté par une batterie à une seule vitesse ou « Relapse » qui est du Children en pantoufle par des mélodies passe-partout et des phases tampons mollassonnes comme à 1:31), au pire simplement soporifiques. Je vous entends, « Say Never Look Back » et « Soon Departed » (ces synthés et guitares ensemble, ouh là, c'est too much) : quand ces mêmes recettes ont été servies mille fois, forcément on lâche. Et c'est dommage, parce que le reste avait de solides arguments. C'est comme « This Road » : il y avait des choses bien senties, mais la composition pêche un peu, les transitions sont balourdes, et ça plombe des éléments à la gratte qui apportent un réel plus.

On vous voit, les enfants : le temps passe. Elle est bien loin l'époque où le sucre faisait frémir les palais innocents de jeunes auditeurs qui découvraient petit à petit le Metal. Aujourd'hui, il faut bien plus que ça pour les réveiller ou les attirer !
Mais, heureusement, Hexed est de loin la meilleure production des finlandais depuis plusieurs années. J'ai chopé quelques titres qui m'attirent l'oreille, et je sais que, d'autres, ne tourneront plus jamais après écriture de cette chronique, la faute à des plans beaucoup trop entendus et qui lassent assez vite, ou des idées enterrées par les semelles de plomb d'articulations boiteuses ou de phases instrumentales qui font tampon sans vraiment maintenir l'attention. Alors, oui, à l'époque ils étaient too much, mais ça faisait la générosité de leur musique. Ici, on retrouve légèrement l'éclat et la chaleur d'antan. Mais ce ne sont que des braises du passé, tenez-le vous pour dit, une relique d'une autre époque.

PS : Je crois que Sadist voudrait récupérer le synthé qu'ils ont laissé pour "Hecate's Nightmare", je dis ça comme ça...

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3 COMMENTAIRE(S)

MoM citer
MoM
06/03/2019 15:49
note: 7/10
L'artwork en effet change un peu de ce qu'il y a d'habitude, dommage que la musique suive pas avec ce design !

Jean-Clint : tu as tout dit, l'âge d'or est mort, CoB est passé de mode, mais la médiocrité, ouf, on est loin derrière ça ! Après, Hexed n'a pas de moment roue libre je trouve, hormis la bouillie de guitares et synthé que j'ai notée sur un seul morceau, juste que t'as des passages en effet où on s'ennuie sec !
Mitch citer
Mitch
06/03/2019 15:23
Beau "beumeu" artwork en tout cas.
Jean-Clint citer
Jean-Clint
06/03/2019 15:08
note: 6.5/10
Grosso-modo du même avis que toi, autant j'ai adoré les premiers albums (que je n'ai cependant plus réécouté depuis des lustres) autant je trouve que le groupe n'a cessé de tomber dans la médiocrité depuis une dizaine d'années ... Alors comme pour "I Worship Chaos" il y'a des bons moments (à défaut d'être marquants) mais aussi d'autres en roue-libre voire carrément ennuyeux, mais bon c'est toujours mieux que ce que les finlandais ont pu proposer dans un passé proche. Un disque de plus pour eux qui malgré un léger regain d'intérêt confirment que leur âge d'or est définitivement derrière eux ...

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Children Of Bodom
MeloDeath sucré au Heavy Power
2019 - Nuclear Blast Records
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs : (1)  6.5/10
Webzines : (11)  7.3/10

plus d'infos sur
Children Of Bodom
Children Of Bodom
Heavy/Power metal - 1997 - Finlande
  

vidéos
Under Grass and Clover
Under Grass and Clover
Children Of Bodom

Extrait de "Hexed"
  
This Road
This Road
Children Of Bodom

Extrait de "Hexed"
  

tracklist
01.   This Road  (04:33)
02.   Under Grass and Clover  (03:33)
03.   Glass Houses  (03:27)
04.   Hecate's Nightmare  (04:09)
05.   Kick in the Spleen  (03:34)
06.   Platitudes and Barren Words  (04:13)
07.   Hexed  (05:03)
08.   Relapse (The Nature of My Crime)  (03:26)
09.   Say Never Look Back  (04:23)
10.   Soon Departed  (04:54)
11.   Knuckleduster  (05:40)

Durée : 46:55

line up
parution
8 Mars 2019

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