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DarkRise - Circles Of Failure

Chronique

DarkRise Circles Of Failure
Malgré plus de vingt ans au compteur la formation menée par l’inusable bassiste William "Wilms" Grept n’a jamais bénéficié de la reconnaissance qu’elle était en droit d’avoir, la faute notamment à quelques albums un peu en dent de scie et trop passe-partout, rien de mauvais certes mais il manquait toujours quelquechose aux suisses pour passer à l’échelon supérieur. Si pendant longtemps les musiciens en son sein n’ont cessé d’aller et venir de façon trop fréquente, DARKRISE s’est relativement stabilisé depuis quelques années et le résultat s’en est ressenti en 2016 avec le redoutable « Fear, Hate & Corruption » qui offrait tout simplement sa meilleure sortie à ce jour. Visiblement motivé pour confirmer cet excellent résultat celui-ci remonté à bloc a de nouveau réussi son coup, tant sur ce sixième opus il a encore gagné en qualité et en profondeur, montrant par la même occasion que la scène helvétique est très en forme ses derniers temps et qu’elle mérite mieux que son statut d’éternel outsider. Car sous ses airs très classiques la musique du combo est beaucoup plus fine et personnelle qu’il n’y parait, et il faut prendre le temps de gratter un peu à la surface pour y découvrir une subtilité qui se fait trop rare actuellement dans le genre, vu que beaucoup se contentent au choix de faire du tabassage en continu et bas du front (amenant avec lui un ennui rédhibitoire) ou alors en compensant leurs lacunes par une production plastique et sans âme.

Bien que reprenant des fondamentaux propres au style les lausannois ne vont pas tomber dans les pièges précités, d’ailleurs il ne faudra pas longtemps pour s’en apercevoir, vu que « Liar Liar » qui ouvre les hostilités va mettre d’entrée tout le monde d’accord. En effet toute la panoplie technique du groupe va être dévoilée de suite et c’est à une véritable déferlante de brutalité auquel on va avoir droit, entre longues parties où le bourrinage est de rigueur où finissent par se mêler des moments plus lourds et écrasants. Tout cela étant complété par du mid-tempo remuant à souhait et du solo de haute volée qui amène une touche plus aérienne au milieu de ce déluge de violence, qui fait du bien par où ça passe. D’ailleurs tout au long du disque les leads vont ajouter une véritable plus-value, tant ils osent un certain décalage avec le riffing général amenant avec eux une certaine douceur et un supplément d’âme général. Avec ce titre d’ouverture euphorique (comme avec le tout aussi réussi « Daily Zombies » qui va arriver un peu plus tard, et qui reprend grosso-modo le même schéma) ses géniteurs montrent tout leur talent et vont continuer à se surpasser, tout en osant sortir un peu des sentiers battus. Car dès la plage suivante (le rampant « Old Assholes ») la surprise va être de rigueur avec un tempo bridé à souhait et particulièrement massif (où les pointes de vitesses sont pratiquement absentes), laissant ainsi la place à un tapis de double qui créé du coup une ambiance plus noire et suffocante sans pour autant se répéter, via de légères variations bienvenues. Avec en prime là-encore un solo très fin qui laisse ainsi émerger la lumière au milieu de cet abîme obscur, le rendu est étonnant de prime abord mais se fond parfaitement dans la masse et dans le thème global. Si pour l’instant les gars ont joué le grand-écart cela va encore s’accentuer avec l’excellent et différent « Next » aux facettes plus radicales et énervées, mais qui n’oublie pas de lever le pied pour une densité renforcée et montrer ainsi qu’ils sont certes brutaux mais qu’ils ne font pas que ça. Du coup en seulement trois titres ils ont créé trois univers à la trame certes semblables mais bien différents les uns des autres, ce qui confirme la qualité d’écriture proposée ici où c’est le collectif qui est le plus important et non le talent individuel.

Car si chacun des membres possède un bagage musical et technique assez impressionnant ceux-ci misent sur l’équilibre des forces, du coup rien ne dépasse et chacun reste bien calé à sa place permettant ainsi aux compositions déjà particulièrement intéressantes de gagner en intensité et en accroche. D’ailleurs avec « Until Death » ils vont pousser plus loin le décalage, car après une introduction tout en douceur où les guitares se font presque plaintives place au tabassage réglementaire qui va durer un bon moment, seulement interrompu par quelques courts ralentissements histoire de proposer encore et toujours de la variété. Si le rendu est toujours aussi implacable et va cartonner sur scène, le relativement semblable « Papierkram » va connaître le même destin avec en revanche des parties mid-tempo plus représentées que précédemment. Celles-ci trouvent leur moment de gloire sur le redoutable « Spartan » oppressant et rampant où elles ne vont pratiquement pas cesser de se faire entendre, afin d’obtenir quelquechose d’entraînant et d’une précision chirurgicale. Et histoire de terminer en beauté des surprises vont (encore) apparaître lors de la doublette de clôture, en premier lieu sur « Lobotomized » aux accents futuristes et où des passages parlés en français retentissent dans le lointain, tout en proposant une musique plus basique et rentre-dedans, tout comme sur « Bullshit Theories » à la mélancolie plus prononcée. Si durant une bonne partie de cette composition l’alternance entre vitesse et lourdeur est de mise, la conclusion va être à l’image de tout ce qui a été proposé jusque-là, c’est-à-dire superbe ! Terminant là-encore par des harmonies guitaristiques de haute-tenue, elles permettent d’apaiser l’auditeur après cette avalanche de bon son qui passe comme une lettre à la poste et qui se déguste avec plaisir.

Avec en prime une production à l’équilibre impeccable à la fois musclée, chaleureuse et sans les travers synthétiques, ce long-format surpasse allègrement son pourtant très bon prédécesseur, confirmant de ce fait tout le talent de l’actuel line-up qui est sans conteste le meilleur jamais possédé autour de son dernier membre d’origine. Outre la paire de cordistes il faut également saluer le boulot impressionnant d’Axel derrière sa batterie qui ne faiblit à aucun moment et qui possède un vrai groove, même lors des frappes les plus violentes. Classique dans son écriture mais légèrement moderne dans son exécution le quintet renvoie en tout cas nombre de formations à ses chères études, qui feraient bien d’en prendre de la graine afin de comprendre que le Death peut être très brutal mais qu’il n’y a pas besoin de blaster en continu pour être méchant et agressif. Ne souffrant d’aucune longueur ni répétition, et ne donnant pas cette désagréable impression d’être monolithique en continu, cette galette est donc parfaite de la première à la dernière seconde, et devrait sans aucun doute possible faire grimper ses créateurs plus haut dans la hiérarchie. Cela ne serait que justice tant on les sent depuis longtemps proche d’atteindre ce but où ils sont enfin parvenus après un acharnement sans failles, dont on ne peut qu’être admiratif et qui mérite des applaudissements ici ou sur scène, où leur musique prendra une ampleur encore plus importante et s’y dévoilera corps et âmes.

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DarkRise
Death Brutal Moderne
2019 - Punishing Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines : (4)  8.38/10

plus d'infos sur
DarkRise
DarkRise
Death Brutal Moderne - 1998 - Suisse
  

tracklist
01.   Liar Liar
02.   Old Assholes
03.   Next
04.   Until Death
05.   Spartan
06.   Daily Zombies
07.   Papierkram
08.   Lobotomized
09.   Bullshit Theories

Durée : 43 minutes

line up
parution
5 Avril 2019

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