chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
205 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Nucleus - Entity

Chronique

Nucleus Entity
Malgré mon enthousiasme pour Nucleus suite à la sortie de son premier album il y a déjà trois ans, j’ai pourtant choisi (sans pouvoir me l’expliquer) de faire l’impasse sur leur split en compagnie de Macabra paru en 2017. Pourtant, celui-ci avait tout pour attiser ma curiosité :
- Trois nouveaux morceaux de Nucleus.
- Un artwork toujours aussi sympathique signé Dan Seagrave
- La possibilité de découvrir Macabra, duo dans lequel on retrouve notamment un certain Mark Riddick derrière chaque instrument.
Du coup, s’il est fort probable que je rattrape mon retard sur le sujet dans les mois à venir, on va aujourd’hui sauter une étape pour s’intéresser à quelque chose de beaucoup plus récent, le deuxième album de Nucleus intitulé Entity paru il y a quelques jours de cela.

Sorti chez Unspeakable Axe Records, ce nouvel album est illustré cette fois-ci par le talentueux Adam Burke (Nightjar Illustrations). Un travail particulièrement réussi qui, à la manière de ce qu’il a pu faire pour Vektor, ne laisse aucun doute quant aux thèmes abordés ici par le groupe de Chicago. Oui, ça va encore parler de Science-Fiction. Côté production, Nucleus a une fois encore fait confiance aux services de Dan Klein (aka D.F.K.) pour un résultat assez proche de ce qui avait été fait pour Sentient, soit un mélange de sonorités synthétiques et mécaniques afin de nourrir au mieux cette atmosphère spatiale.

S’il semble ainsi vouloir marcher dans les pas de son prédécesseur, il n’en reste pas moins que ce Entity se fait à mon sens bien moins immédiat. Pourtant, rien n’a vraiment changé du côté de Nucleus puisque l’on retrouve cette même dynamique d’ensemble avec des titres menés non pas le couteau entre les dents mais à une cadence tout à fait honorable pour un album qui, une fois encore, ne dépasse pas les quarante minutes. De même, il ne fait aucun doute qu’en termes de riffing, les Américains puisent toujours l’essentiel de leur inspiration du côté de groupes comme Immolation, Timeghoul et Demilich. On trouve en effet chez Nucleus ce même intérêt pour les enchevêtrements de riffs tarabiscotés et dissonants qui sont depuis le début des années 90 la marque de fabriques de ces deux formations que l’on ne présente plus.
Pourtant, il m’a fallu je ne sais pas combien d’écoutes pour tomber sous le charme de ce nouvel album. Un constat qui n’a rien à voir avec mes attentes vis-à-vis de Nucleus mais plutôt avec le fait que tout y est moins évident et moins préhensible, en tout cas de prime abord. Car là où Sentient s’appréciait sans grands efforts, il a effectivement fallu s’armer de patience pour que commence à poindre, en tout cas chez moi, les mêmes sensations qu’il y a trois ans. Encore une fois, rien n’a fondamentalement changé dans le camp des Américains, c’est juste que les riffs imaginés par Dan Ozcanli et Dave Muntean me semblent beaucoup plus tourmentés qu’auparavant, tournoyant et progressant sans cesse, avec en prime un groove moins évident, plus pernicieux. Ce constat va d’ailleurs bien au-delà de ces riffs puisque même les structures sur lesquels ils reposent se font désormais bien plus complexes qu’autrefois. Les patterns changent, évoluent, mutent sans que l’on sache à quoi s’attendre. Et même après un nombre incalculable d’écoutes, il m’est toujours aussi difficile de retenir un morceau. Pourtant, aussi hermétique puisse-t-il paraître, ce nouvel album exerce chez moi un terrible pouvoir d’attraction.

Car outre cet artwork qui continue de me fasciner à chaque regard que je lui pose, il y a tout de même dans les compositions de Nucleus quelque chose de terriblement attirant. Entre ce growl menaçant et particulièrement profond, ces voix mélodiques qui ne sont pas sans faire écho au Loudblast de Sublime Dementia ("Mobilization" et "Timechasm"), cette basse absolument délicieuse et tout en rondeurs (qui me rappelle d’ailleurs beaucoup celle du dernier Horrendous), ces riffs et autres structures imprévisibles pour ne pas dire hallucinés, ces accélérations Death/Thrash beaucoup plus classiques mais redoutables d’efficacité, ces ralentissements au groove plus subtil et cette production jouant volontairement la carte de sonorités et synthétiques et mécaniques, le voyage n’est clairement pas de tout repos mais promet en tout cas d’être pour le moins dépaysant. A noter également que Nucleus se paye le luxe d’un morceau instrumental de haute volée, l’excellent "Approach" qui à bien des égards, me fait encore une fois de plus pas mal penser à leurs copains d’Horrendous.

Vous l’aurez compris, Entity n’est clairement pas un album aussi facile d’accès que l’était à l’époque son prédécesseur. Plus abouti et réfléchi, il est le disque d’un groupe qui ne cherche pas spécialement à séduire mais plutôt à parfaire son art quitte à laisser quelques auditeurs sur le bas-côté faute de quoi s’y accrocher immédiatement. Car pondre à notre époque un disque exigeant nécessitant plusieurs écoutes pour être apprivoisé c’est prendre en quelque sorte de gros risques dont notamment celui de passer à la trappe au profit d’albums plus immédiats. En tout cas une chose est sure, l’amateur de Death Metal technique et old school devrait pouvoir trouver chez Nucleus de quoi satisfaire son goût pour les riffs et autres structures tarabiscotés tout ça sur des paroles largement inspirées ici des écrits d’Isaac Asimov, Arthur Clarke et Frank Herbert. Bref, du pain béni pour tous les petits geek du Death Metal.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

5 COMMENTAIRE(S)

Mera citer
Mera
27/06/2019 16:53
De même, beaucoup de mal à accrocher à la bête… Je ne connais que très peu les différentes références citées mais dans ce que j’ai déjà écouté, ça me fait beaucoup penser à Chthe’ilist et il faut bien avouer que le groupe de Mr Tougas m’emballe un peu plus. Peut-être simplement les magnifiques solo qui ajoute la touche de luminosité et de mélodie nécessaire ?
Très jolie pochette en tout cas !
von_yaourt citer
von_yaourt
25/06/2019 14:30
Un Immolation des débuts en plus aventureux, exactement ce dont j'avais besoin en ces temps de canicule.
MoM citer
MoM
25/06/2019 12:38
J'ai pas aimé non plus, il manquait des points d'accroche, et j'ai trouvé ça assez redondant...
Mais c'est loin d'être dégueu.
AxGxB citer
AxGxB
25/06/2019 10:51
note: 8/10
Oui, ça ne m'étonne pas que ça ne soit pas trop ta came. Le riffing, assez complexe et en tout cas peu intuitif, ne rend pas l'écoute aisé.
Keyser citer
Keyser
25/06/2019 10:44
J'aurais adoré aimer avec cette belle pochette mais j'ai trouvé ça assez chiant malgré les quelques relents de Demilich.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Nucleus
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (3)  7.33/10
Webzines : (4)  7.91/10

plus d'infos sur
Nucleus
Nucleus
Death Metal - 2012 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Arrival  (06:32)
02.   Entity  (04:30)
03.   Uplift  (05:09)
04.   Mobilization  (04:49)
05.   Approach  (03:30)
06.   Outpost  (03:51)
07.   Dominion  (05:40)
08.   Timechasm  (04:25)

Durée : 38:26

line up
parution
14 Juin 2019

voir aussi
Nucleus
Nucleus
Sentient

2016 - Unspeakable Axe Records
  

Essayez aussi
Altar
Altar
Youth Against Christ

1994 - Displeased Records
  
Firespawn
Firespawn
Abominate

2019 - Century Media Records
  
Miseration
Miseration
The Mirroring Shadow

2009 - Lifeforce Records
  
Interment / Brutally Deceased
Interment / Brutally Deceased
Glory Days, Festering Years (Split-CD)

2013 - Doomentia Records
  
Cannibal Corpse
Cannibal Corpse
Violence Unimagined

2021 - Metal Blade Records
  

La photo mystère du 16 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
Nécropole
Nadir At The Crown
Lire la chronique
Angellore
Nocturnes
Lire la chronique
Sledgehammer
Destroy/Rebuild
Lire la chronique
Messalina
Golden Wounds (EP)
Lire la chronique
Gadget
Coerced (EP)
Lire la chronique
Coffret de bijoux
Lose Myself in You
Lire la chronique
Barren Canyon
A Virulent Steam
Lire la chronique
Ablation
Lethal Abuse (EP)
Lire la chronique
Xorsist
Aberrations
Lire la chronique
DGS
Delusional Grasp Of Sanity
Lire la chronique
Brånd
Tåg & Nåcht
Lire la chronique
Neurosis
An Undying Love For A Burni...
Lire la chronique
Converge
Hum Of Hurt
Lire la chronique
Anasarca
Achlys
Lire la chronique
Pisscorpse
Precipice of Death
Lire la chronique
Iron Maiden
Senjutsu
Lire la chronique
Dimmu Borgir
Grand Serpent Rising
Lire la chronique
Red Hot Chili Peppers
The Uplift Mofo Party Plan
Lire la chronique
Ural
Anthropic Genetic Involution
Lire la chronique
Pendrak
S/T
Lire la chronique
Eximperitus
Meritoriousness Of Equanimity
Lire la chronique
Purulent Remains
Abhorrent Putrefaction (EP)
Lire la chronique
Six Feet Under
Next To Die
Lire la chronique
Dauþuz
Todeswerk: Uranium II
Lire la chronique
Nidelgret
Trauerlärm
Lire la chronique
Prisonnier Du Temps
Prendre Le Pouvoir Par La F...
Lire la chronique
Evil Warriors
Evil Warriors
Lire la chronique
Portrayal Of Guilt
…Beginning Of The End
Lire la chronique
À Terre
Embrasser la nuit
Lire la chronique