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Calyx - Vientos Arcaicos

Chronique

Calyx Vientos Arcaicos
Ah l’Espagne … ses plages remplies à ras-bord par le tourisme de masse, le charme d’Ibiza où les Dj et festivaliers font la fête 24h/24 sur fond d’électronique infâme, le goût local pour le bétonnage intensif des côtes (notamment Benidorm - si vous ne connaissez pas ça vaut le coup d’œil … ou pas) ou encore sa mauvaise foi légendaire en matière de sport. Vu sous ses aspect le pays ne donne pas franchement envie, pourtant en creusant un peu il recèle heureusement de nombreux points positifs comme Pedro Almodovar, le Flamenco, la paëlla, ses décors arides adorés par Sergio Leone, et plein d’autres choses trop longues à énumérer … si cela peut paraître cliché il faut aussi se donner les moyens de démentir ses affirmations afin de rétablir une vérité. Cela est également le cas pour sa scène Metal pas forcément très réputée mais qui recèle cependant de très bonnes formations, malheureusement trop peu connues à l’extérieur de leur royaume. Car contrairement à ses autres voisins de la méditerranée(Grèce et Italie en tête) la péninsule ibérique ne peut pas s’enorgueillir de têtes de gondole incontournables malgré des noms de qualité mais qui ont du mal à émerger à l’international, condamnant ainsi nombre de ses compatriotes à l’underground le plus sombre, d’où il leur sera difficile de ressortir.

Pourtant cela ne démotive pas des jeunes groupes prêts à en découdre, et parmi tous ceux-ci nul doute que CALYX a les armes nécessaires pour faire parler de lui, et surtout en bien. Depuis ses débuts en 2013 dans sa ville de Saragosse le quintet (aujourd’hui réduit d’un membre) a pris le temps de ne pas brûler les étapes, sortant de façon régulière quasiment une Démo chaque année, avant aujourd’hui de voir ses efforts récompensés par ce premier long-format, qui bénéficie en plus d’une signature chez Iron Bonehead, excusez du peu ! Car le label allemand est réputé pour avoir en général le nez creux et une fois encore il ne s’est pas trompé tant le Black Metal aux accents rétro (influencé notamment par BATHORY, TORMENTOR, DESASTER et DISSECTION) et médiévaux proposé ici va se révéler agréable et faire passer un bon moment, sans pour autant être parfait de bout en bout. Avec des morceaux qui dépassent tous (sauf un) les six minutes le quatuor laisse le temps a sa musique de se développer mais parfois trop justement (cela apparaîtra en son milieu), car au début de l’écoute l’ensemble va passer comme une lettre à la poste. Après une introduction acoustique douce et moyenâgeuse place à « La Venganza De Las Brujas » qui montre un condensé de tout ce que savent faire les musiciens, entre parties rapides épiques et mid-tempo tout en cassures, couplés à des passages plus lents et des accélérations entraînantes qui misent sur l’alternance. Avec sa construction simple et prévisible d’une grande sobriété le démarrage de cette galette est particulièrement intéressant, et l’on s’aperçoit que ses créateurs n’hésitent pas y greffer des éléments mélodiques comme thrashisants, preuve en est avec le redoutable « Asedio Infernal » dont la construction peut faire penser au SLAYER période « Show No Mercy », que ce soit dans le riffing comme sur la vitesse. Ne relâchant la pression qu’à de courts et rares moments on y retrouve trouve l’énergie du Thrash et un jeu de batterie réduit à l’essentiel et sans fioritures, afin de privilégier l’accroche et la puissance, pour un rendu final plus dépouillé encore que ce qui avait été dévoilé auparavant, et qui fait tout aussi mouche.

Cependant à vouloir étirer ses compositions avec un jeu relativement primitif le risque est de rapidement tomber dans la redondance et la linéarité, c’est hélas ce dont on s’aperçoit avec l’ennuyeux « La Sima » qui privilégie ici la lenteur à la rapidité. Si l’intention de se diversifier est louable les idées développées ici se révèlent trop justes et basiques pour captiver sur la durée, tant l’ensemble est plombé par une répétition sans fin des plans de guitares et de batterie (et dont l’entrain entrevu au début retombe tel un soufflet). Ce même constat s’impose le linéaire « Bajo El Firmamento Nocturno », qui bien qu’étant la compo la plus courte de l’album confirme du coup une baisse de régime et d’inspiration de ses géniteurs, et dont on sent bien que l’expérience manque encore lors de quelques moments-clés. Heureusement la suite sera d’un tout autre niveau, aidé en cela par une envie de sortir des sentiers battus et de prendre les chemins de traverse, comme avec le très bon morceau-titre à la fois venteux et brumeux qui laisse plus de place à une mélodie insoupçonnée jusqu’à présent. Une excellente idée qui s’intègre parfaitement à l’ambiance voulue qui se fait plus éthérée et propice à l’émotion, mais dont la violence n’est pas pour autant absente. Même constat pour « Bosque Muerto » qui mise ici sur les extrêmes et place ainsi la lourdeur et la lenteur d’obédiences Doom en première ligne, mais qui éclatent à différents endroits pour laisser passer les différentes vitesses possibles et un solo sobre mais hyper efficace. Quant à la conclusion elle intervient sous le nom de « Loarre » et fait le pont avec l’introduction entendue au démarrage, car on y retrouve les mêmes notes douces médiévales sauf que cette fois-ci elles sont jouées de façon électrique. Avec en prime des moments qui donnent envie de se dandiner et d’entrer la danse proposée par le ménestrel on est ici revenu plusieurs siècles en arrière, et même si ça n’est pas aussi poussé qu’un VEHEMENCE ça reste plus que convenable, notamment lors de ses ultimes secondes où les harmonies à la guitare sèche ressortent après un dernier déluge explosif.

Malgré un coup de mou en son centre la musique des aragonais reste intéressante et s’écoute facilement sans avoir besoin d’une attention particulière, et ce même si elle aurait encore gagné en intérêt et accroche en se faisant plus courte il n’y a pas de gros reproches à lui faire. Contenant de bonnes idées qui ne demandent qu’à s’étoffer un peu plus avec de l’expérience supplémentaire, cette galette fait partie des bonnes surprises entendues cette année qui sans pour autant la marquer de son empreinte a suffisamment de bonnes choses pour qu’on y revienne de temps en temps. Autant dire que le combo a un potentiel intéressant qui sera sans nul doute à suivre dans un futur proche, afin de voir s’il est pleinement exploité ou pas et s’il a les armes ou non pour devenir un grand nom de la scène locale, mais ça seul l’avenir le dira.

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Calyx
Black Metal Ibérique
2019 - Iron Bonehead Productions
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Calyx
Calyx
Black Metal Ibérique - 2013 - Espagne
  

tracklist
01.   Intro
02.   La Venganza De Las Brujas
03.   Asedio Infernal
04.   La Sima
05.   Bajo El Firmamento Nocturno
06.   Vientos Arcaicos
07.   Bosque Muerto
08.   Loarre

Durée : 45 minutes

line up
parution
17 Mai 2019

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