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State Faults - Clairvoyant

Chronique

State Faults Clairvoyant
Fatigués des groupes de screamo trop doux, où l’émotion à fleur de peau s’habille d’un tank top passé à l’adoucissant, nous ne nous attendions pas à retrouver en 2019 un groupe nous donnant envie de courir à l’air libre, les yeux vers le ciel, comme State Faults ! Il faut dire que nous n’avions pas particulièrement cherché, attachés à nos formations sensibles classiques, Daïtro, Tristan Tzara, Mihai Edrisch, Touché Amore et compagnie, passant à côté d’un album comme Desolate Peaks pourtant chroniqué en ces pages par le regretté Fleshovsatan. Honte, regret et autres émo-tions appropriées pour le genre : nous sommes aujourd’hui conquis par Clairvoyant ainsi que par le projet, passant d’un premier album aussi empreint de fragilité que contenant des forces bien particulières (ah, ce chant délicieusement éraillé école At the Drive In...) à un nouveau longue-durée en forme d’explosions multiples, à commencer par le talent des Ricains. Dissection d’un feu d’artifices.

Car il est question d'éveil ici. De renaissance tantôt dans dans l'éther tantôt dans le sang. La maturité se fait clairement sentir au fil de l'écoute et vous êtes saisis par les sublimes atmosphères développées par la formation. Elle vous transporte haut, toujours plus haut dans les cieux et ce dès la belle ouverture qu'est « Dreamcatcher, Pt. II ». Les émotions déferlent par vagues que ce soit par les mélodies poignantes, les passages aériens, un Johnny Andrew impérial au chant ou encore les parties rageuses – sans jamais vous lasser malgré la longueur du titre. Tout est parfaitement construit et équilibré. Les morceaux s'enchaînent, alternant entre explosions incontrôlées comme sur « Sacrament » (avec des riffs à la fois tortueux et anxiogènes), notes plus douces fleurant le shoegaze (cf. le début de « Olive Tree ») mais aussi airs extrêmement accrocheurs et addictifs (de « Baptism » à « Funeral Teeth » en passant par « Sleeplessness »).

« I don't knoooow,
I don't knoooow,
Wheeere my spirit goooes. »

Impossible de se sortir ses paroles de la tête. Impossible aussi de pas être gagné par l'émotion et se laisser aller, battant vainement l'air de ses poings. La lumière et l'énergie dégagées par Clairvoyant changent au gré des minutes, prenant des teintes plus sombres et spectrales – tout en gardant l'aspect poétique ainsi que l’efficacité. Vous sentez une sorte de tension monter crescendo, éclatant sur les trois derniers titres magistraux – toujours bien mis en relief par une production organique qui surligne le sentiment d'urgence et l’apparente spontanéité de l'ensemble.

Pas loin de six ans après Resonate/Desperate, State Faults paraît en effet revenir victorieux, auréolé de lumière. Certes, le temps long fait préférer la période où son talent s’habillait d’une tristesse palpable, mais comment résister à ces nouveaux morceaux de joie, s’appropriant avec insolence les meilleures idées actuelles que le genre peut offrir ? Flirtant avec un black metal abrasif comme un sourire (« Planetary »), complexe sans devenir compliqué (la lourdeur du morceau-titre, gardant le dynamisme au cœur), Clairvoyant mérite son nom, avançant constamment la vérité dans les yeux, porteur d’une blancheur qui, malgré un style porté à la mélancolie, choisit la félicité aux larmes. Plus soigné que jamais, il serait pourtant injuste de définir State Faults comme un groupe de screamo pour ceux ne jurant que par Deafheaven et Pianos Become the Teeth. Car les Ricains gardent, dans les interstices, cette rudesse tendre qui est le fil rouge de leur discographie, une certaine âpreté dans le sentimental, décelable dans ces backing vocals crustillants, ces titres ciselés visant le haut sans raconter la montée. Une rage, une faim, qui continuent de rendre State Faults à part, finalement plus proche du screamo et du post hardcore des origines. Un autre bonheur, au sein d’un album qui en apporte définitivement beaucoup !

35 minutes qui défilent à vive allure, vous collant tantôt une mine béate tantôt les frissons. 35 minutes qui ne cessent de tourner sans même en prendre véritablement conscience. La formation arrive à vous happer avec des titres fédérateurs entrecoupés de sonorités plus aériennes et de courtes décharges de violence. L'envie vous gagne de vous débarrasser de votre vieille peau et du poids du passé afin d'avancer victorieux/ses en dépit des obstacles.

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State Faults
Screamo / (Post) Hardcore
2019 - No Sleep Records / Dog Knights Productions
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (1)  8.5/10
Webzines :   -

plus d'infos sur
State Faults
State Faults
Screamo / (Post) Hardcore - 2010 - Etats-Unis
  

formats
tracklist
01.   Dreamcatcher, Pt. II
02.   Planetary
03.   Moon Sign Gemini
04.   Sacrament
05.   Olive Tree
06.   Sleeplessness
07.   Clairvoyant
08.   Baptism
09.   Funeral Teeth
10.   Contaminature
11.   Cemetery Lights

Durée : 35 minutes

line up
parution
21 Juin 2019

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2012 - Tiny Engines
  

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