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Iron Flesh - Forged Faith Bleeding

Chronique

Iron Flesh Forged Faith Bleeding
Dans le petit monde de plus en plus concurrentiel du Death-Metal hexagonal IRON FLESH n’est certes pas le nom le plus connu, mais celui qui possède en revanche un des line-up scénique les plus expérimenté. En effet en son sein on y retrouve des anciens permanents de THE GREAT OLD ONES, WITHDRAWN, OTARGOS, MALEVOLENTIA et ALLEGIANCE, et intérimaires pour GOROD, AD PATRES, AGRESSOR, MITHRAS, autant dire que du renommé et réputé. Depuis ses débuts en 2017 le projet solo de Julien Helwin (aidé en studio comme en concert par ses acolytes) n’a pas chômé et a commencé à faire parler de lui via deux EP autoproduits de très bonne qualité, qui ont servi de brouillon à ce premier opus attendu et qui ne déçoit pas sur le fond comme la forme. Car sa musique toujours aussi directe et brute a gagné en densité et en puissance, mais ose également plus densifier son propos, afin d’offrir un album particulièrement intense, homogène et équilibré durant les trente-sept minutes qui défilent sans coup férir.

Dès l’ouverture on se rend compte de la qualité proposée avec le déchaîné « Invade, Conquer & Dominate » qui enchaîne les uppercuts à bout portant, vu que ça ne fait que tabasser et jouer vite quasiment en continu, cette violence étant seulement ralentie par un court passage lent nécessaire pour reprendre ses esprits avant qu’un nouveau déluge de coups n’arrive frontalement histoire de mettre k.o d’entrée. Sans concessions ni volonté de lever le pied ce titre de départ donne le ton global de cette galette, où la rapidité et l’explosivité seront présentes la majeure partie du temps, mais pas que ! En effet histoire d’éviter une redondance qui aurait été regrettable le bordelais a accentué également la lourdeur et la lenteur sur certains morceaux, dont le premier exemple est le sombre et putride « Malignant Kingdom ». Place ici à des ambiances presque Doom tant le tempo y est bridé durant quasiment toute sa durée, le tout renforcé par une noirceur encore plus exacerbée et suffocante et dont seules quelques explosions à la toute fin viennent rappeler que son créateur mise majoritairement sur le tabassage intensif. Néanmoins il maîtrise parfaitement ses deux extrémités car il arrive à prendre l’auditeur en étau aussi bien dans l’une que l’autre, d’ailleurs pour cette compo si la violence n’est pas forcément très présente l’homogénéité reste présente de bout en bout, à l’instar de « Harbringer Of Desolation » qui reprend ce même schéma, tout en y ajoutant quelques différences. Démarrant en effet par une longue série de riffs doux et obscurs on se retrouve en plein cauchemar où l’on ne sait pas ce qui va arriver, d’autant plus qu’il n’y a ici nulle trace d’accélération vu que tout reste à un faible nombre de bpm (mais où aucune redondance ne pointe le bout de son nez). Car outre une batterie qui arrive à insuffler un vrai dynamisme sans pour autant lâcher les chevaux, il faut aussi saluer le boulot effectué sur les guitares qui n’en font pas des tonnes et créent une vraie harmonie portée par une basse ronflante et présente. D’ailleurs cet aspect est renforcé par la production naturelle et équilibrée qui sied parfaitement au propos voulu ici, preuve en est encore une fois avec l’ambitieux et religieux « Stench Of Morbid Perversion » aux nombreux breaks apaisants où les arpèges mélodieux amènent un silence glaçant et riche en questionnements divers. Si le tout reste là-encore au ralenti cela n’est pas un défaut loin de là, car ça continue à s’alourdir et à écraser l’auditeur qui a envie de bouger la tête quand il ne se recueille pas durant cette messe noire progressive où les harmonies de chaque instrument trouvent leur paroxysme.

D’ailleurs sur ce travail commun on remarque que la qualité générale de l’écriture brille plus intensément quand elle privilégie la diversité aux moments plus débridés (pourtant déjà puissamment intéressants). Ceux-ci bien que plus classiques dans leur construction conservent par la suite tout leur intérêt, que ce soit le varié et redoutable « Ripping The Sacral » aux blasts furibards et où le batteur confirmé se lâche littéralement pour montrer sa précision et son groove, ou bien avec le jouissif « Celestial Disciple’s Incarnation ». Porté par une alternance de mid-tempo remuant parfait pour headbanguer et de passages encore plus énervés, sa construction simple fera un carton en live à n’en pas douter tant il est accrocheur et ne faiblit aucunement, à l’instar de « Red Sky Aeon » littéralement bas du front et qui ne débande pratiquement pas (et d’où des influences Thrash semblent vouloir émerger). Cependant histoire de terminer correctement et en beauté la tête pensante va conclure avec deux plages moins radicales et plus ambitieuses, en premier lieu le mélancolique « To The Land Of Darkness & Deep Shadow » à la longue introduction glaciale, et dont la suite est contrebalancée et équilibré par les arrangements des deux guitares où tristesse, espoir et luminosité se mêlent à la violence comme pour signifier que malgré les déferlantes l’obscurité n’est pas éternelle et infinie. Avec un rendu totalement à part sur le disque mais qui ne fait pas tâche avec le reste on est en totale cohérence, comme avec le remuant « Where Universe Collide » qui clôt les débats et réserve quelques surprises avec ces bribes d’ésotérisme, mêlées à une alternance rythmique qui ne cesse de se faire entendre, et toujours porté par cette simplicité relative dans les arrangements et l’écriture.

Tout en essayant de se diversifier le multi-instrumentiste n’en oublie pas ses fondamentaux, et plutôt que de miser sur la répétition et la linéarité il a le mérite d’oser de nouvelles choses et de sortir légèrement de son terrain de chasse favori, avec brio et application. On sent que les expériences vécues par lui dans son passé musical lui ont été utiles ici, tant la fluidité est présente en permanence (mêlée à un groove général qui sait rester discret quand il le faut). Autant dire que sous ses aspects bruts de décoffrage cette réalisation est beaucoup plus subtile et appliquée qu’il n’y paraît, et avec ce « Forged Faith Bleeding » son compositeur frappe un très grand coup en réussissant haut la main son examen de passage au format supérieur. Il serait donc dommage de passer à côté même si ça ne réinvente rien, car le contenu auditif autant que visuel (mention spéciale à la pochette magnifique) sont à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre d’un mec aussi expérimenté, qui confirme que c’est bel et bien dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes.

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Iron Flesh
Death Metal
2019 - Epictural Production
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines : (1)  7.5/10

plus d'infos sur
Iron Flesh
Iron Flesh
Death Metal - 2017 - France
  

tracklist
01.   Invade, Conquer & Dominate
02.   Malignant Kingdom
03.   Ripping The Sacral
04.   Harbringer Of Desolation
05.   Celestial Disciple’s Incarnation
06.   Stench Of Morbid Perversion
07.   Red Sky Aeon
08.   To The Land Of Darkness & Deep Shadow
09.   Where Universe Collide

Durée : 37 minutes

line up
parution
1 Mai 2019

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