chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
146 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Yellow Eyes - Silence Threads the Evening’s Cloth

Chronique

Yellow Eyes Silence Threads the Evening’s Cloth
Il est tentant de dire ici que Yellow Eyes était au départ à voir comme l’union heureuse de Krallice et Liturgy. C’est d’ailleurs la raison qui m’avait à l’époque poussé à acheter l’édition cassette de cette sortie par Sol y Nieve, étant alors un fan avide des deux formations. Avec ses guitares tourbillonnantes, ses mélodies aiguës perçant les tympans pour toucher directement au cœur, sa batterie vive ou encore sa voix ne cherchant pas tant à rendre intelligibles ses paroles qu’à exprimer une emphase permanente, difficile de ne pas faire le lien avec les autres projets ricains prenant pour base le black metal pour l’emmener vers d’autres sphères.

Seulement, le temps à montrer que Yellow Eyes avait autre chose à proposer qu’un simple mélange, cf. les récentes sorties Immersion Trench Reverie et Rare Field Ceiling chroniquées en ces pages. Passé de projet obscur, confidentiel (bon courage pour trouver Silence Threads the Evening’s Cloth au format physique), à formation suivie de près, tant son parcours à montrer une évolution aussi intéressante que prenante au fur et à mesure de ses réalisations, le groupe mené par les frères Skarstad oblige à revenir sur ses débuts avec un autre regard, cherchant les différences plutôt que les ressemblances.

Des différences qui, aujourd’hui, sautent au visage, nous mordent de leur présence. Silence Threads the Evening’s Cloth commence certes par des tremolos élevés – à peine le temps de plonger dans « Guilt Lingers at Sunrise » que « My Candle Is Gone but I Do Not Move » nous saute à la gorge – paraissant issus de Renihilation, il prend pourtant une saveur particulière, que les amateurs d’émoviolence et punk pourront étrangement apprécier. Car Yellow Eyes tire ici ses atouts d’une férocité hypersensible qu’il perdra lors de ses albums suivants : l’émoi y est transmis comme une belle torture, les instruments semblant hurler leurs notes, la voix exulter à crier sa douleur. « Cru » est le maître-mot, les Ricains s’époumonant dans une urgence de chaque instant rappelant les débuts d’un certain Deafheaven dans leur poésie naïve dédiée aux grands espaces.

A ceci près que les interstices que sont les pastorales « Dry Stone at Field's Edge », « Warm Lake Under a Lifeless Sky » ainsi que « Meadow Withdrawn » donnent à voir chez Silence Threads the Evening’s Cloth une version nocturne de tout ceci, la solitude plaisante qu’il y a à parcourir la nuit une nature dépourvue d’humanité, inquiet parmi l’inquiétant, la furie de ses tourments trouvant dans le silence d’une forêt obscure un vide à remplir. Yellow Eyes est en effet ici à son plus exalté et désespéré, les enluminures qu’il utilisera par la suite n’étant encore qu’à l’état d’esquisses salies par la terre. La production n’est d’ailleurs pas pour rien dans ce fort parfum boisé : brouillonne, tapageuse, elle est encore plus délicieuse quand l’écoute se fait en cassette, les craquements et gondolements renforçant cette sensation d’archive sonore d’une bande éructant sa peine à mille lieux de toute civilisation. Jusqu’à trouver une forme de paix dans la débâcle, dans un « Cathedral » dessinant une mystique de l’isolement qu’on aimerait voir durer plus longtemps.

Car c’est le principal défaut – mais aussi une part du charme – de Silence Threads the Evening’s Cloth, qui se termine en points de suspension par une durée bien trop courte. Conquis, on demande à passer plus de temps en sa compagnie, le fait que Yellow Eyes se montrera certes plus personnel, mais moins fiévreux, par la suite accentuant cette frustration. Une œuvre qui, dans son parti-pris raw, sa simplicité rachitique, son attention portée sur la sauvagerie des émotions, effectue finalement un beau salto arrière, prenant les expérimentations frôlant shoegaze et bruitisme de ses pairs pour les faire revenir aux origines d’un style éperdu de nature et de véhémence. Indéniablement black metal.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Yellow Eyes
Black Metal
2012 - Sol y Nieve
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Yellow Eyes
Yellow Eyes
Black Metal - 2010 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Guilt Lingers at Sunrise
02.   My Candle Is Gone but I Do Not Move
03.   Dry Stone at Field's Edge
04.   No More Than a Soaked Plank
05.   Warm Lake Under a Lifeless Sky
06.   Silence Threads the Evening's Cloth
07.   Meadow Withdrawn
08.   Rotted Wheat
09.   Cathedral

Durée : 34 minutes 31 secondes

line up
  • W.S. / Vocaux et Guitare
  • S.S. / Guitare
  • JC / Batterie

parution
27 Janvier 2012

voir aussi
Yellow Eyes
Yellow Eyes
Rare Field Ceiling

2019 - Gilead Media
  
Yellow Eyes
Yellow Eyes
Immersion Trench Reverie

2017 - Gilead Media
  
Yellow Eyes
Yellow Eyes
Sick With Bloom

2015 - Gilead Media
  

Essayez aussi
Sheidim
Sheidim
Infamata (EP)

2017 - I, Voidhanger Records
  
Sordide
Sordide
La France a Peur

2014 - Avantgarde Music
  
False
False
False

2015 - Gilead Media
  
Sühnopfer
Sühnopfer
Nos sombres chapelles

2010 - Those Opposed Records
  
Sordide
Sordide
Hier Déjà Mort

2019 - Throatruiner Records / WV Sorcerer Productions / La Harelle
  

Live Suffer Die
A Voice from Beyond Death
Lire la chronique
Vader
Solitude In Madness
Lire la chronique
200 Stab Wounds
Piles Of Festering Decompos...
Lire la chronique
Sepultura
Quadra
Lire la chronique
Downset
downset.
Lire la chronique
Reek
Death Is Something There Be...
Lire la chronique
Engrossed
Initial Decay (Compil.)
Lire la chronique
Pilori
À Nos Morts
Lire la chronique
French Black Metal : Les plus gros conn*rds
Lire le dossier
Misanthrope
Bâtisseur de Cathédrales : ...
Lire la chronique
Spell
Opulent Decay
Lire la chronique
Cemetarian
Tomb Of Morbid Stench (Démo)
Lire la chronique
16
Dream Squasher
Lire la chronique
Wayward Dawn
Haven Of Lies
Lire la chronique
October Falls
A Fall of an Epoch
Lire la chronique
Pearl Jam
Yield
Lire la chronique
Gris
Il était une forêt...
Lire la chronique
Odraza
Rzeczom
Lire la chronique
Ectoplasma
White-Eyed Trance
Lire la chronique
Violence Gratuite
EPonyme (EP)
Lire la chronique
Laetitia in Holocaust
Fauci Tra Fauci
Lire la chronique
Winter Deluge
Degradation Renewal (EP)
Lire la chronique
Nekrovault
Totenzug : Festering Peregr...
Lire la chronique
Infestment
Human Altar (Démo)
Lire la chronique
Naglfar
Cerecloth
Lire la chronique
Asofy
Amusia
Lire la chronique
Helfró
Helfró
Lire la chronique
Infestment
Maggots In Your Brain (Démo)
Lire la chronique
Serment
Chante, O Flamme de la Libe...
Lire la chronique
Unearthly Trance
V
Lire la chronique