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Black Beast - Nocturnal Bloodlust

Chronique

Black Beast Nocturnal Bloodlust
Plus le temps passe et plus on a la certitude que c’est sa scène extrême qui est en train de sauver le Metal finlandais, dont les ténors et piliers historiques s’enlisent progressivement dans des limbes d’ennui et de ridicule. Si le pays des mille lacs était à la pointe musicale et médiatique au début de ce nouveau millénaire ses leaders ne cessent depuis de s’enfoncer dans la médiocrité à l’instar des STRATOVARIUS, CHILDREN OF BODOM, NIGHTWISH ou encore SONATA ARTICA. Heureusement la donne est en train de changer grâce à son underground qui bénéficie d’une glorieuse réputation qualitative et quantitative, tant ces dernières années de jeunes formations obscures ont tout balayé sur leur passage que ce soit dans le Death comme le Black. Pour ce style précisément on a pu voir récemment émerger du néant FATHERLAND et NORRHEM, et nul doute que BLACK BEAST va facilement trouver sa place aux côtés de ces noms bien énervés, même s’il n’est pas un nouveau venu. En effet celui-ci a vu le jour en 2002 et après un EP éponyme et un Split en compagnie de BLOODHAMMER le duo a ensuite disparu pendant treize ans de la circulation, avant de revenir cette année pour le meilleur et confirmer ainsi que les espoirs entrevus à l’époque ne se sont pas envolés.

Car sans changer sa formule d’un poil le désormais trio offre un Metal noir particulièrement crade et primitif où l’ombre de VENOM n’est jamais très loin, et qui pendant un peu plus d’une demi-heure va totalement happer l’auditeur dans un univers d’une noirceur totale mené à un train d’enfer. Les nordiques effectivement ne se sont pas compliqués la vie au niveau de l’écriture, c’est à la fois direct et enlevé, le tout porté par une technique rudimentaire qui privilégie l’accroche et le headbanging, et où le rythme se montre majoritairement très élevé la plupart du temps. Du coup la courte durée de cette galette va se révéler fondamentale tant elle va éviter les habituelles redondances et répétitions, inhérentes à une musique aussi dépouillée et brute de décoffrage. Cela va être flagrant dès l’instrumental « Prelude » qui sert … d’introduction (au moins le nom n’est pas trompeur) où l’on va ressentir un côté remuant affirmé et un riffing primaire proche du Punk où un solo joué à l’arrache vient se greffer afin de donner le ton, avant d’enchaîner sur l’excellent et varié « Black Seremony ». S’il propose trois parties distinctes le tabassage reste ici prioritaire et ça va du coup blaster quasiment du début à la fin, ceci étant seulement interrompu en son centre par des moments moins radicaux mais qui maintiennent cependant une grosse pression, histoire d’aérer tout ça et de donner l’envie de headbanguer sans se poser de questions. D’ailleurs la bande va continuer régulièrement dans cette voie que ce soit avec « Words Of Leviathan » où quelques cassures en roulement viennent ralentir l’allure, et « Nocturnal Bloodlust » plus primitif encore (où un ralentissement central apparait ainsi qu’un lead joué à l’arrache qui renforce ainsi ce sentiment d’urgence). Car ici pas de quartier pour les survivants le combo veut les annihiler jusqu’au dernier pour ne laisser que silence et désolation derrière lui, notamment via un batteur précis telle une machine qui pousse le rythme à son paroxysme sans jamais baisser la cadence. En prime il nous gratifie de nombreux roulements de toms à l’ancienne fort appréciables, et de riffs primitifs et efficaces où le chant écorché ne laisse planer aucun doute sur les intentions annoncées. D’ailleurs avec « Fist Of The Devil » la musique va se faire encore plus énergique et simplissime, vu qu’on n’y trouve nulle trace de variations ou de ralentissement, c’est sale et exécuté le plus vite possible du début à la fin sans tambour ni trompettes, et malgré certaines craintes ça ne se montre jamais linéaire.

Ce point est d’ailleurs une vraie prouesse en soi quand on voit le nombre de notes et patterns utilisés qui sont réduits au minimum, mais plutôt que de faire cela en permanence les trois acolytes ont eu la bonne idée de proposer quand même autre chose et de densifier un peu leur propos sans y perdre leur identité. On retrouve cela sur le tentaculaire « Riding On Wings Of Death » où l’alternance des rythmes est de rigueur tout en conservant une structure puissante et entraînante aux relents presque épiques, à l’instar du long et tentaculaire « Symbol For My Devotion » qui clôt les hostilités de la meilleure des façons. Glacial et remuant il nous entraîne ici en virée nocturne dans les immenses forêts enneigées de Laponie, porté par des notes coupantes où le tempo reste encore et toujours explosif, dont le groove imparable donne envie de taper du pied. Car quand il alourdit son propos le groupe possède un vrai feeling contagieux parfait pour headbanguer de suite, cela est flagrant d’ailleurs sur le monstrueux « Your Cold Grave » particulièrement massif et écrasant, dont l’ensemble ne cesse de varier dans tous les sens afin d’obtenir probablement la compo la plus redoutable d’un disque implacable.

Et même si le plus lent « Unholy One » fait office de maillon faible à cause d’une inspiration un peu moindre cela n’est absolument pas préjudiciable au final, tant ce voyage dans le passé se révèle être jouissif de bout en bout. Avec sa pochette magnifique (qui rappelle instantanément « Diabolical Fullmoon Mysticism » d’IMMORTAL) qui retranscrit en visuel l’ambiance générale de ce long-format primaire au possible, qui file une pêche d’enfer à cheval entre les flammes diaboliques et la froideur du zéro absolu. Autant dire qu’avec cette sortie inattendue la bête noire réussit son entrée (ou plutôt son retour) et se place de nouveau comme un outsider sérieux et crédible (bien au-delà de sa ville de Vantaa) qui risque de faire très mal sur scène dans les années à venir. On peut simplement espérer que les gars ne mettent pas autant de temps pour donner un successeur à ce « Nocturnal Bloodlust », mais si c’est pour un résultat aussi exquis et ravageur l’attente en vaudra largement la peine.

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6 COMMENTAIRE(S)

Rootsrundeep citer
Rootsrundeep
24/11/2019 18:20
note: 8.5/10
Rentre dedans tout en conservant des variations mélodiques intéressantes. Non mais la Finlande quoi... Encore une pépite de plus venant de chez eux !
Dantefever citer
Dantefever
23/11/2019 23:48
Mais comment ça bute bordel
Solarian citer
Solarian
23/11/2019 17:42
Écouté en coup de vent mais il me fait déjà de l'oeil.
Un BM tradi qui tabasse comme il faut avec des riffs inspirés et une ambiance irrévérencieuse qui me fait de suite décoller.
Par contre je suis freiné par cette voix old school un peu faiblarde avec par moments ces tonalités keupon, alors que tout ce magma diabolique mériterait un chant bien plus profond et possédé.
Pour le reste c'est du tout bon avec en plus une touche suédoise bien sentie. Je pense notamment au missile Apokalypsens ängel de Sorhin.
Keyser citer
Keyser
22/11/2019 13:02
Excellent album. Bourrin et evil mais suffisamment varié et travaillé dans les riffs, les mélodies et les atmosphères. J'écoute peu de black mais des trucs comme ça, c'est ok tous les jours !
Fabulon citer
Fabulon
22/11/2019 11:56
note: 8.5/10
Tout pareil!

Beaucoup apprécié le coté relativement "varié", on sent que ça pioche un peu de tous les côtés en terme d'influences, du black classique à quelque chose de plus punk, limite IMPALED NAZARENE.
Les quelques claviers présents sont bien cools aussi!

Très bon album.
AxGxB citer
AxGxB
22/11/2019 09:27
note: 8.5/10
Ils m'ont eu dès l'artwork. Très chouette album que je n'attendais pas. Rien de neuf mais une belle surprise au demeurant.

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Black Beast
Raw Black Metal
2019 - Primitive Reaction
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (3)  8.5/10
Webzines : (1)  8/10

plus d'infos sur
Black Beast
Black Beast
Raw Black Metal - 2002 - Finlande
  

tracklist
01.   Prelude
02.   Black Seremony
03.   Riding On Wings Of Death
04.   Your Cold Grave
05.   Words Of Leviathan
06.   Unholy One
07.   Nocturnal Bloodlust
08.   Fist Of The Devil
09.   Symbol For My Devotion

Durée : 33 minutes

parution
8 Novembre 2019

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