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Infernal Conjuration - Infernale Metallum Mortis

Chronique

Infernal Conjuration Infernale Metallum Mortis
Le nom d'Infernal Conjuration ne m'était pas inconnu mais je n'y avais jamais prêté une attention particulière. Il faut dire que les Mexicains, bien que formés en 2006, n'avaient pas fait preuve d'une productivité incroyable. Une démo en 2007, un EP en 2010 puis un autre en 2014, c'est à peu près tout. Jusqu'à ce premier album Infernale Metallum Mortis sorti en juin dernier chez Iron Bonehead et qui reprend d'ailleurs quatre vieux morceaux. Une pochette magnifique, l'insistance de certains contacts, c'est ce qu'il m'a fallu pour que je me penche enfin sur le cas du quatuor de Tijuana.

Un cas sur lequel il eût été impardonnable de ne pas s'attarder, en effet. Coupons court à tout suspense d'entrée de jeu, Infernale Metallum Mortis va tout droit en haut du top 2019 rayon death metal old-school. Plutôt facile d'ailleurs de trouver le style des Mexicains en voyant le nom, le logo, le titre de l'album ou des morceaux. Encore du OSDM, oui, mais Infernal Conjuration ne tape pas forcément dans le plus commun. Pas d'Incantation worship, pas de Swedeath. La formation lorgne plutôt du côté de Morbid Angel. Bien sûr, des combos influencés par la bande de Trey Azagthoth, on en trouve aussi une tripotée. En même temps, c'est un peu, enfin c'était, le meilleur groupe de death metal de l'Univers, on ne va pas les blâmer. Sauf que Infernal Conjuration fait du early-Morbid Angel à la sauce mexicaine/sud-américaine avec ce côté authentique et evil exacerbé. Du "ancient metal of death" d'excellente facture qui sent bon le tournant fin 80s début 90s et qui renvoie aussi à Possessed, Mortem, Atomic Aggressor, Sadistic Intent, Mortuary, Shub Niggurath ...

Ça fait envie, hein ? Pas que sur le papier ! Les neufs morceaux que comporte Infernale Metallum Mortis feront passer quarante minutes de bonheur intense à tous les amateurs de ce genre de son. La qualité reste élevée tout au long de l'opus. Pas de temps faible, l'homogénéité est de mise, juste quelques passages encore plus jouissifs que le reste comme ce riff thrashy sur "Profound Immorality" balancé en rafales courtes à 3'10 après le solo et sur lequel j'ai éjaculé des oreilles. Le riffing porte d'ailleurs clairement la marque des grands, les mecs possèdent le feu impie. Pas de secret, ce sont toujours les riffs qui font la différence. Peu importe l'ambiance, la technique, la vitesse, la production, si t'as pas de riffs chez moi tu dégages ! Infernal Conjuration ne propose bien sûr rien de bien nouveau, on a déjà dit que le groupe devait tout à Morbid Angel et Possessed. Mais franchement rien à branler quand c'est fait avec autant de talent, de passion, d'authenticité, de pureté ai-je presque envie de dire. On est dans du riffing death metal qui n'a pas encore renié ses racines thrash, bien mis en valeur par un grain de guitare qui me fait frémir (toute la production est nickel ici de toute façon). Du thrashy donc mais aussi beaucoup de tremolos, notamment en lead pour assombrir l'atmosphère, que ça joue vite (la plupart du temps) ou plus mesuré. Avec aussi les tortures de vibrato qui vont bien sur les solos chaotiques (certains se faisant toutefois un peu plus mélodiques) ou les harmoniques sifflées qui viennent régulièrement nous saigner les oreilles, sans que l'on s'en plaigne. Ça c'est pour l'ambiance bien evil, comme ce chant râpeux jubilatoire rendu encore plus démoniaque par une réverb' typique de ce coin de paradis.

Et puis c'est que ça bourre pas mal ce machin ! Ce n'est pas Ravager bien sûr mais ça ne se traîne pas non plus pour autant, souvent en mode thrashy accéléré, avec quand même une poignée de blast-beats sur les séquences les plus énervées ("Profound Immorality" à 1'15, "Necrolatria (A los muertos blasfemos)" à 4'00, "Demonic Possession" vers 2'30, "Ultimatum" à 1'13, 2'25 et 3'01, etc). L'efficacité mexicaine ! Infernale Metallum Mortis reste cela dit assez varié, le gang d'Amérique Centrale jouant bien avec ses rythmiques jamais ultra rapides jamais ultra lentes. Un peu de mid-tempo donc également (le plus pesant "Cleansed in Asphyxia" en ligne de mire) et des passages plus pesants et ambiancés le plus souvent placés au début comme l'excellente intro bien dark de "In the Presence of Another World" qui donne des frissons, celle de "Dreadful Knowledge" qui ouvre l'opus, "Cleansed in Asphyxia" ou encore "Ultimatum", du moins les huit premières secondes avant le déchaînement sur le dernier morceau qui conclut l'œuvre de manière on ne peut plus agressive. "Dreadful Knwoledge" est également marqué par un break mélodique assez surprenant un peu avant la quatrième minute, tout comme "Necrolatria (A los muertos blasfemos)" à 3'07 dans un style plus dissonant.

Il y avait Outre-Tombe en 2018, ce sera Infernal Conjuration pour moi en 2019. Malgré pas mal de sorties death metal old-school savoureuses néanmoins surtout en formats courts démos ou EPs (Sepolcro, Undeath, Gutless, Torso, Thanamagus ...), ce sont les Mexicains qui raflent la mise. L'album OSDM de 2019, c'est bien ce Infernale Metallum Mortis ! Un riffing haut de gamme inspiré, un feeling mélodique certain, une grosse atmosphère sombre et evil, des influences thrashies savoureuses, une vitesse de jeu très satisfaisante, suffisamment de variété pour éviter la monotonie, une bonne dose de brutalité, une ambiance fin 80s début 90s délectable, un chant démoniaque qui sent le bouc, l'esprit des Grands Anciens invoqué, une belle pochette, tout ça fait de ce premier longue-durée une réussite totale pour la bande de Tijuana qui rentre directement dans la cour des grands. Aucun défaut majeur à souligner, juste quelques broutilles ici ou là comme cette transition trop abrupte de "Demonic Possession" à 1'18 sur un mid-tempo qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe après une séance de ping-pong de solos au vibrato. Autant dire que dalle ! Vous adorez Morbid Angel ? Vous vouez un culte à Possessed ? Des noms tels que Mortem, Atomic Aggressor, Mortuary ou Sadistic Intent vous font baver ? Infernal Conjuration est fait pour vous. Déjà un classique !

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4 COMMENTAIRE(S)

Solarian citer
Solarian
29/05/2020 13:30
Pas grand chose à ajouter à ce qui est dit plus bas.
Une belle souillure aux effluves clairement ancrés dans les 80's, ça fait toujours plaisir !
LeMoustre citer
LeMoustre
28/05/2020 07:56
Superbe album qui sent complètement le early-Morbid Angel, mais avec quand même une personnalité bien affirmée. Les morceaux ayant eu le temps de mûrir (pour 3 titres tirés de la première démo âgée de douze ans), l'album est à coup sûr dans le genre une vraie sortie majeure. Merci pour cette chronique. Par contre, aucun rapport avec le premier Incubus.
Krokodil citer
Krokodil
09/01/2020 09:56
note: 8.5/10
Très clairement parmi les meilleures sorties 2019 !
the gloth citer
the gloth
09/01/2020 00:23
ça me rappelle le premier album d'Incubus.

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Infernal Conjuration
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (3)  8.33/10
Webzines :   -

plus d'infos sur
Infernal Conjuration
Infernal Conjuration
Death Metal - 2006 - Mexique
  

tracklist
01.   Dreadful Knowledge  (04:35)
02.   Profound Immorality  (03:44)
03.   Infernal Conjuration  (04:08)
04.   Cleansed in Asphyxia  (04:28)
05.   Necrolatria (A los muertos blasfemos)  (06:11)
06.   In the Presence of Another World  (06:19)
07.   Demonic Possession  (03:19)
08.   Tremendous Plague  (03:45)
09.   Ultimatum  (04:04)

Durée : 40:33

line up
parution
8 Juin 2019

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