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Impiety - Versus All Gods

Chronique

Impiety Versus All Gods
Ah, Impiety … Le grand, le terrible Impiety, la Bête de l’Est ravageant cultes, fidèles et poseurs depuis 1990 ! L’escadron ardent qui aura délivré des assauts aussi impitoyables et sauvages que Terroreign ou Skullfucking Armageddon sur plus de trente ans de raids sur l’underground métallique ! Une légende hautement respectée et révérée dans le hall des musiques brutales, qui aura tout de même été parfois aperçue en flagrant délit de faiblesse sur quelques campagnes moins glorieuses. On ne reviendra pas sur les assez faiblards Ravage & Conquer et l’étrangement fichu Worshippers of the Seventh Tyranny, mais il faut bien admettre, tout amoureux du Mighty Impiety que je suis, que l’entité aura eu une histoire alternant les levées d’étendards particulièrement grandioses et les épisodes de perdition décevant. Une carrière inégale, dirons-nous plus simplement, mais avec de telles tueries au tableau de chasse que le statut de groupe mythique reste bien établi et indiscutablement mérité.

Ce Versus All Gods aura eu une drôle d’histoire. Annoncé pour le courant de l’année 2018 (en février si je me souviens bien), l’album aura finalement connu un très long délai inexpliqué par le groupe, avant de se voir lâché sur les hordes de l’underground très brusquement, sans vraie communication ou autre. On remarque que le groupe signe chez Shivadarshana, label hollandais, mais que les supports physique ne sont endossés que par Evil Dead Records, qui aura également pris en charge les sorties matérielles de beaucoup de leurs précédents albums … Une étrange configuration, donc, qui témoigne assez probablement de problèmes imprévus et de complications.

Après Intro : Kommand IX, le groupe commence le massacre sur « Reigning Armageddon », qui donne exactement dans ce qu’Impiety sait faire de mieux. Gros riff nerveux et entrainant sur fond de blast d’entrée de jeu, toujours avec cette touche un peu swingante si caractéristique, puis enchaînement de riffs brutaux à tout vitesse entrecoupés de séquences de palm-mute ultra tendus et hostiles. Une minute de piste, et on s’est déjà mangé pas loin de quatre ou cinq riffs différents, dans ce savant mélange death/black/thrash typique, le tout survolé de soli mélodico-foutraques qui ajoutent une couche de dynamisme au tout. Ce dernier élément est d’ailleurs ce qui aura toujours donné la spécificité d’impiety ; un vrai dynamisme, une anti-inertie et une anti-linéarité dans la composition qui oblige à rester scotché à ce que l’on écoute. Pour bestial et brutal que soit la Bête de l’Est, Shyaithan n’a jamais versé dans le metal extrême bas du front, à base de trois riffs bêtes et méchants qui se répètent en boucle sur blast infini (ce contre quoi je n’ai absolument rien, au demeurant). Impiety, ça a toujours eu de la gueule. Une construction soignée, des riffs relativement techniques mine de rien, des tempi variés … C’est un peu la version deluxe du metal extrême le plus violent qui soit. Ce n’est pas pour rien que les mecs sont souvent comparés à Angelcorpse, d’ailleurs.

« Djinn of all Djinns » prend la suite, avec un riff death/thrash énervé et impatient, furieux à souhait, suivi de séquences presque épiques blastées. On est dedans à 1000%, c’est la bagarre dans tous les coins, on se sent comme à la maison ! Shyaithan a gardé sa voix imposante et éraillée de commandeur infernal, avec un coffre impressionnant pour ses 47 ans. Le chef de guerre ne faiblit pas une seconde, lance imprécation sur imprécation tout le long de l’album. Grosse, grosse aura pour ce monsieur. L’entendre gueuler son refrain sur « barbarian Black Horde » fait incroyablement plaisir, et le gros riff thrashy qui débarque juste derrière complète parfaitement cette stance démoniaque. Ya pas à dire, le gars sait y faire pour dispenser le top du top du metal extrême barbare et satanique.

L’album est relativement court, moins de quarante minutes, et ne comporte pas vraiment de vrai coup de mou. Le format parfait, en somme. On reste toujours dans du haut de gamme en matière d’écriture. La production fait bien plaisir également, avec ce son de gratte clair et bien ample, la basse relativement audible et la batterie un peu réverbérée qui manquera un tout petit chouilla d’attaque à mon goût, sans vraie gravité néanmoins. Non, vraiment, tout est réunis pour que ce nouvel Impiety soit un vrai coup de cœur. Mais étrangement, Versus All Gods manque de peu, de très peu cette marche. J’aurais du mal à dire pourquoi en fait, mais je sais que je n’y reviendrai peut-être pas aussi souvent qu’aux prédécesseurs (à confirmer cependant, chaque réécoute me plaisant plus que la précédente). Au fur et à mesure des réécoutes, je tends à penser que cela pourrait éventuellement venir d’un manque de crasse. Les gros tubes sont là (« Azazel », boudiou !), mais le tout manque d’un rien de souffre, de fumée toxique et de crosse d’arme lourde chauffée à blanc. On sent la sauvagerie, mais on ne se la prend pas en pleine gueule. Impiety est un rien trop propre, trop accessible. On ira pas jusqu’à dire « conciliant », ce serait exagéré, mais il y a bel et bien un côté plus « carré » dans le son qui rend la chose moins frappante. La horde s’est mise en ordre de bataille, et ne tombe plus sur l’ennemi en une marée barbare ! Le soucis ne vient définitivement pas de la composition, mais vraiment de la manière globale dont l’album sonne. Et c’est dommage, bon sang ! D’énormes tueries comme « Terror Occult Dominion », avec ses riffs de tarés complétement caractéristiques, auraient gagné un étage de puissance en plus en versant un bon gros baquet de sang corrompu sur la console de mixage !

Je râlote un peu, mais franchement, c’est un énorme pied que d’entendre Impiety sortir un tel album en 2019, à l’époque où règne le post-machin doigt sur la couture et le technical-truc tendance « je branle ma basse sur du free jazz ». J’oserais même dire que je n’attendais à titre personnel plus du tout une telle sortie de la part d’Impiety, avec des moments de bravoures aussi monstrueux (la partie à 2 minutes 50 sur « Dajjal United », bordel !). Enorme respect à Shyaithan et ses compagnons de raid, c’est le pied de vous voir revenir casser des gueules avec autant de conviction !

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4 COMMENTAIRE(S)

Deathrash citer
Deathrash
22/01/2020 14:14
Comme dit plus bas, je trouve aussi que le chant a perdu en puissance, mais je met plus ça sur le compte des cordes vocales defoncées par des décennies de hurlements de Shyaithan, que par manque d'agressivité.
Pour le reste, du très bon Impiety ultra violent comme on est en droit d'attendre.
Keyser citer
Keyser
20/01/2020 13:33
note: 8/10
Très cool oui, de la haine et pas mal de groove dark pour le meilleur Impiety depuis un moment. Le chant manque un peu de souffle et d'agressivité mais ça passe tranquille après plusieurs écoutes.
Jean-Clint citer
Jean-Clint
20/01/2020 13:12
Moins crade et bas du front que par le passé, mais ça butte comme il faut, et c'est tout ce qu'on demande au groupe. Pas leur meilleur disque mais ça reste néanmoins d'une excellente qualité et ça passe tout seul ! Sourire
Sagamore citer
Sagamore
20/01/2020 12:38
note: 8.5/10
Un Impiety comme j'espérais le retrouver, même si le chant hyper hargneux de "Terroreign" me manque, quel plaisir de se faire rebotter le cul en bonne et due forme...

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Impiety
Death/Black/Thrash old school
2019 - Shivadarshana Records
2020 - Evil Dead Productions
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (2)  8.25/10
Webzines : (3)  7.89/10

plus d'infos sur
Impiety
Impiety
Death/Black/Thrash old school - 1990 - Singapour
  

formats
  • CD / 20/01/2020 - Evil Dead Productions

tracklist
01.   Intro: Kommand IX  (02:08)
02.   Reigning Armageddon  (03:55)
03.   Djinn of All Djinns  (03:43)
04.   Barbarian Black Horde  (04:38)
05.   Azazel  (04:30)
06.   Inviktus Satanikus  (01:11)
07.   Terror Occult Dominion  (04:19)
08.   Dajjal United  (04:30)
09.   Interstellar Deathfuck  (04:58)
10.   Magickal Wrath  (05:01)

Durée : 38 minutes

line up
parution
1 Novembre 2019

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