chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
158 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Bezwering - Aan De Wormen Overgeleverd

Chronique

Bezwering Aan De Wormen Overgeleverd
Patrick Zöller, plus connu sous le patronyme de Karmazid, en a signé des artworks de qualité. De Andavald à Chevalier en passant par Har, Tarot, The Spirit Cabinet, Venefixion, Visigoth, ou Wederganger, on ne compte plus aujourd’hui le nombre de sorties sur lesquelles il a aidé à braquer les projecteurs grâce à ses œuvres habitées et riches de détails. Celle des Néerlandais de Bezwering ne déroge pas à cette règle et s’inscrit d’ailleurs comme l’une des plus réussies à ce jour. En effet, difficile de ne pas se laisser happer par cette atmosphère rurale et hivernale (ces maisons aux toits de chaumes, ces arbres recouverts de neige, ce ciel étoilé…) mais aussi terriblement macabre (ce gigantesque cadavre en décomposition qui gît ici sous terre) émanant de cette œuvre unique et saisissante. Une œuvre forte qui d’ailleurs ne devrait pas manquer d’en pousser certain à la découverte.

Formé en 2018 sur les cendres de Wederganger dont on retrouve ici Alfschijn (chant) et MJWW (guitare), Bezwering a sorti l’année dernière une première démo autoproduite (Voortekenen dont on retrouve d’ailleurs les deux titres ici) avant de signer un contrat avec Ván Records (qui d’autre ?) pour la sortie en avril dernier de ce premier album intitulé Aan De Wormen Overgeleverd. Sans grande surprise étant donné le pédigrée de trois des cinq musiciens qui composent aujourd’hui Bezwering, le groupe néerlandais joue la carte d’un Black Metal de terroir avec, pour l’essentiel, ces particularités qui faisaient de Wederganger un groupe à la personnalité bien trempée.

On va ainsi retrouver ce chant mélodique incantatoire qui va donner au Black Metal de la formation des allures de messes religieuses. Des lignes de chants, solennelles, théâtrales et grandiloquentes qui confèrent à ces séquences une atmosphère lumineuse un brin aristocratique. Car il y a en effet quelque chose d’élégant et de charismatique dans cette voix qui s’élève au-dessus de la plèbe comme pour mieux dominer l’auditeur de son imposante stature. On pourrait également évoquer ces quelques rares moments où ces lignes de chant se transforment en spoken-word guttural ("Nagezeten" à 2:40 ou "Het Tweede Gezicht" à 3:36), prenant ainsi une tournure très proche de ce que l’on peut trouver chez Árstíðir lífsins et Helrunar. Mais là où Bezwering se distingue néanmoins de Wederganger c’est qu’ici Alfschijn assure seul l’intégralité des différentes parties vocales, même les plus agressives (qui étaient auparavant à la charge de Botmuyl). Dans un registre bien plus abrasif (une impression renforcée là encore par ce choix de chanter en néerlandais) et malveillant, ces passages vont naturellement contraster avec cette ferveur quasi-religieuse transmise par ce schizophrène d’Alfschijn. Dans tous les cas, ces vocalises se complètent ici à merveille, jouant sur des registres bien différents les uns des autres afin de proposer un large panel d’atmosphères et d’émotions.

Au-delà du chant, on va également retrouver chez Bezwering le même genre de riffing à la fois incisif (notamment lors de ces séquences les plus soutenues construites sur la base de trémolo simples mais d’une efficacité sans faille (les conclusions musclées de "Vredeloos", "Nagezeten" ou "Rouwstoet", "Uitgeteerd", le bien nommé "Terror Terroris", "Geen Bloemen Op Mijn Graf"...)) et mélodique. Peut-être un poil moins inspiré dans l’ensemble (certains passages paraissent effectivement plus faibles ou en tout cas moins mémorables (je pense notamment à un titre comme "Aan Gene Zijde")), il n’en reste pas moins varié avec, on l’a vu, ces accélérations menées bon train mais également ces passages tout simplement plus mélodiques bien souvent servi dans un esprit Gothic Rock rappelant ce que l’on pourrait trouver chez Secrets Of The Moon actuellement (le break de "Geen Bloemen Op Mijn Graf" à 1:42, "Het Tweede Gezicht" de 5:10 à 6:01) ou plus processionnaire comme ce très urfaustien "Rouwstoet". La seule chose qui va manquer ce sont ces riffs en vibrato que l’on va retrouver ici uniquement sur le titre "Nagezeten" à 2:23 et qui amènent pourtant avec eux une atmosphère étrange et mystérieuse qui sied pourtant très bien à la musique de Bezwering.

Servi par une production impeccable pour le genre (avec notamment une basse que l’on entend très bien), ce premier album de Bezwering marche sans grand surprise dans les pas d’un Wederganger qui au moment de conclure gardera tout de même notre préférence. Car si le savoir-faire est toujours là et que le groupe fait montre d’une personnalité bien marquée, il manque tout de même un petit quelque chose aux Néerlandais pour faire véritablement la différence. Aan De Wormen Overgeleverd n’est cependant pas un mauvais album, bien au contraire. D’ailleurs on ne boudera pas notre plaisir à son écoute. Le souci, qu’on le veuille ou non, est qu’on ne pourra s’empêcher de le comparer à l’excellent [Halfvergaan Ontwaakt et qu’à ce petit jeu là, Aan De Wormen Overgeleverd se situe tout de même un poil en dessous...

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Bezwering
Black Metal
2020 - Ván Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (1)  6.5/10
Webzines : (3)  7.67/10

plus d'infos sur
Bezwering
Bezwering
Black Metal - 2018 - Pays-Bas
  

vidéos
Uitgeteerd
Uitgeteerd
Bezwering

Extrait de "Aan De Wormen Overgeleverd"
  

tracklist
01.   Vredeloos  (04:52)
02.   Nagezeten  (04:59)
03.   Rouwstoet  (05:13)
04.   Uitgeteerd  (04:10)
05.   Aan Gene Zijde  (03:44)
06.   Terror Terroris  (03:57)
07.   Geen Bloemen Op Mijn Graf  (03:50)
08.   Het Tweede Gezicht  (07:26)
09.   Waanzinskolk  (05:26)

Durée : 43:37

line up
parution
24 Avril 2020

Essayez aussi
Lifestream
Lifestream
Post Ecstatic Experience

2015 - Les Acteurs de l'Ombre
  
Hell Militia
Hell Militia
Last Station On The Road To Death

2010 - Debemur Morti Productions
  
Drastus
Drastus
La Croix de Sang

2019 - Norma Evangelium Diaboli
  
Grieve
Grieve
Funeral

2022 - Werewolf Records
  
Ciemra
Ciemra
The Tread Of Darkness

2023 - Avantgarde Music
  

Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Innumerable Forms
Pain Effulgence
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
Suicidal Madness
Nous sommes déjà morts
Lire la chronique
SoulReapers
Melody of Chaos
Lire la chronique
KEN Mode
Void
Lire la chronique
Sardonic Allegiance
Coast II (EP)
Lire la chronique
Nyctophilia
Stargazer
Lire la chronique
KEN Mode
Null
Lire la chronique
Perfidious
Savouring His Flesh
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Castle Rat
The Bestiary
Lire la chronique
Ectospire
Spiritual Dismemberment (EP)
Lire la chronique
Defamatory
Path Of No Return
Lire la chronique
Buried Souls
Here Comes the Void (EP)
Lire la chronique
Ruinous Power
Extreme Danger: Prototype W...
Lire la chronique
Kirottu
Barren
Lire la chronique
Chaos Inception
Vengeance Evangel
Lire la chronique
Enthroned
Ashspawn
Lire la chronique
Filthcrawl / Peine Kapital
Split (Split-tape)
Lire la chronique
KEN Mode
Entrench
Lire la chronique
Dead Twilight
Endless Prophecy (Compil.)
Lire la chronique
Karévana
夜明けの空へ – To the Dawn Sky...
Lire la chronique
Collier d'Ombre
Autumnal Fortress
Lire la chronique
Caronte
Spiritus
Lire la chronique
The Body
All The Waters Of The Earth...
Lire la chronique
Various Artists
Judgment Night (Music From ...
Lire la chronique
Gloombound
Dreaming Delusion
Lire la chronique
Death Reich
Stockholm Syndrome (EP)
Lire la chronique
Downthesun
Downthesun
Lire la chronique