Shining - IV - The Eerie Cold Chronique
Shining IV - The Eerie Cold
On y est finalement arrivé, L'Ere Noire commencée par le groupe il y a quelques année, se termine sur cet album et de la plus belle des manières. "The Eerie Cold" est l'aboutissement d'un cheminement très réfléchi, d'une recherche musicale mûrement travaillée. Cette quatrième oeuvre du combo suédois nous laisse un artwork somptueux et énigmatique, bien loin des effusions de sang des précédentes productions. Décomposé encore une fois en 6 pièces, cet album est sans conteste le plus varié du groupe, ce dernier nous proposant une nouvelle variation sur le thème de la dépression.
Classer cet album uniquement dans la catégorie "black metal" serait totalement réducteur étant donné sa richesse. Même si les racines sont là et bien présentes, ce qui importe avant tout ici, c'est l'ambiance et le côté dépressif que Kvarforth s'est efforcé de mettre en avant. On se rapprocherait presque d'un Katatonia ancienne période tellement cet album est noir et pesant. Les passages violents sont lancinants, composés de riffs simples et efficaces, surmontés du hurlement caverneux de Kvarforth par lequel il arrive à transmettre beaucoup d'émotions. A priori, rien n'écarte cet album de ce que vous connaissez déjà... Et pourtant, "The Eerie Cold" surprend et ce dès les premiers instants avec une introduction magnifique, Opethienne si je puis dire, douce et planante, mélancolique. Tellement simples et tellement beaux, on retrouve ce genre de passages tout au long de l'album, souvent lorsque l'on s'y attend le moins, vous prenant aux tripes à chaque fois. Evidemment, cet album présente un côté progressif où les titres assez longs (souvent entre 6 et 7 minutes) marient à merveille passages torturés et passages atmosphériques à l'image de "Demodets Arkitektur" et "Eradication Of The Condition". On retrouve également une petite inspiration rock'n roll dans la composition des solos et de certaines mélodies qui donnent un mélange très plaisant.
Il règne sur cet album, une atmosphère étrange où se mêlent la dépression mais aussi une certaine forme de sérénité, éternelle peut-être. Déstabilisant et envoûtant, l'album ne pêche selon moi que par quelques lourdeurs dues à l'utilisation heureusement très rare, d'extraits de films (je pense) que l'on retrouve notamment sur les deux derniers titres. La production est par contre excellente, froide et rugueuse dans le traitement des passages violents avec des guitares très incisives et légèrement confuses, et très atmosphérique sur les passages acoustiques avec des notes très claires qui n'en finissent pas...
Pour les amateurs de black metal riche et progressif, passer cette année à côté de Shining serait vraiment une grave erreur. "The Eerie Cold" brille par sa richesse et son évidence, vous prenant dès les premières secondes et vous plongeant dans une abysse sans fond, la dépression vue par Kvarforth. On en deviendrait presque suicidaire... | | Dead 16 Avril 2005 - 7323 lectures | | | DONNEZ VOTRE AVIS Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer. 9 COMMENTAIRE(S) citer | Troll Traya a écrit : Toutafé. C'est marrant une fois ou deux, mais devoir te taper ça à chaque fois que tu lances l'album... Un moment je me suis demandé si j'avais pas zappé ce passage à l'époque, mais non, c'est un cadeau spécial de l'édition de Peaceville. Merci Peaceville !
Ca casse les noisettes dès la 2ème fois en plus ça dure je crois plus de 2min !
Dommage de faire un choix aussi "stupide" pour un album excellent | citer | Toutafé. C'est marrant une fois ou deux, mais devoir te taper ça à chaque fois que tu lances l'album... Un moment je me suis demandé si j'avais pas zappé ce passage à l'époque, mais non, c'est un cadeau spécial de l'édition de Peaceville. Merci Peaceville ! | citer | Troll Traya a écrit : Putain, la version Peaceville...J'aurais dû me renseigner avant de la régulariser, j'aurais pris une autre édition...
Tu parles du tout début de l'album ? Avec ce discours qui casse un peu le truc | citer | Putain, la version Peaceville...J'aurais dû me renseigner avant de la régulariser, j'aurais pris une autre édition... | citer | J'adore le jeu de Hellhammer sur cet album. Varié et tout en progression. Je rejoins Dead sur le côté "Post" de cet album qui me rappelle le Gin de Cobalt. Et quelle ambiance !! | citer | Cet album est monstrueux, l'ambiance est totalement suicidaire. Pourtant je trouve ça si "beau".
| citer | Mon tout premier album de black, celui qui ma initié au genre, une perle de noiceur dépressive. Le meilleur album du groupe, et un culte du genre. | citer | Dead 18/04/2005 15:33 | note: 9/10 | narog a écrit : Les "lourdeurs" que tu sembles relever sont, à mon sens, l'aboutissement de l'idée de cet enregistrement : la misère, la souffrance, mais surtout le sordide de la condition du sieur Kvarforth.
J'en conviens tout à fait et je comprends le but recherché par Kvarforth en intégrant ces passages à ses compositions. Toutefois, d'un point de vue purement musical, j'ai trouvé que ça cassait la profondeur dégagée par les titres, même si le sens des paroles est important.
Et pour en revenir au terme de "post", il n'est surtout pas à associer à un effet de mode. Ce que j'ai voulu dire ici, c'est que l'on s'écarte légèrement du black metal, où finalement seule l'ambiance et le côté dépressif rassemblent toutes les influences stylistiques que contient l'album. Et pour le côté progressif, il n'y a qu'à l'écouter pour se rendre compte que chaque morceau est une progression. | citer | Désolé de faire encore mon lourd mais je me devais de relever.
Je pense que le terme "post-" est plus qu'inapproprié (une vague idée de ce que signifie "post-rock" aurait évité cet écueil, je pense) ; enfin c'est en vogue en ce moment, je comprend. De même pour celui de "progressif"... j'avouerai avoir du mal à discerner l'héritage d'un Yes, par exemple, dans cet album.
A mon humble avis, c'est juste du black metal bien fait, pas prisonnier de conventions artisanales ridicules (cf. le passionnant ouvrage de Nocturno Culto, sorti récemment Comment composer une heure de black metal sans inventer un seul truc en écoutant un seul titre de Darkthrone), ayant su incorporer avec bonheur des éléments extérieurs pour renforcer son propos.
Les "lourdeurs" que tu sembles relever sont, à mon sens, l'aboutissement de l'idée de cet enregistrement : la misère, la souffrance, mais surtout le sordide de la condition du sieur Kvarforth.
"(...) this confession has meant nothing" [to you]. | AJOUTER UN COMMENTAIRE | Post-black metal dépressif 2005 - Avantgarde Music notes| Chroniqueur : | 9/10 | | Lecteurs : | (23) 8.72/10 | | Webzines : | (6) 7.97/10 |
plus d'infos sur | Shining Black Metal - 1996 - Suède | | |
tracklist| 01. | I Och Med Insikt Skall Du Förgå | | 02. | Vemodets Arkitektur | | 03. | Någonting Är Jävligt Fel | | 04. | Eradication Of The Condition | | 05. | The Eerie Cold (Samvetskvalens Ridå Öppnades) | | 06. | The Claws Of Perdition |
| | Durée totale : 40:48 |
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9 COMMENTAIRE(S)
06/07/2020 16:17
Ca casse les noisettes dès la 2ème fois en plus ça dure je crois plus de 2min !
Dommage de faire un choix aussi "stupide" pour un album excellent
06/07/2020 16:05
06/07/2020 15:03
Tu parles du tout début de l'album ? Avec ce discours qui casse un peu le truc
06/07/2020 12:07
01/11/2016 22:36
03/01/2008 20:43
08/02/2006 21:05
18/04/2005 15:33
J'en conviens tout à fait et je comprends le but recherché par Kvarforth en intégrant ces passages à ses compositions. Toutefois, d'un point de vue purement musical, j'ai trouvé que ça cassait la profondeur dégagée par les titres, même si le sens des paroles est important.
Et pour en revenir au terme de "post", il n'est surtout pas à associer à un effet de mode. Ce que j'ai voulu dire ici, c'est que l'on s'écarte légèrement du black metal, où finalement seule l'ambiance et le côté dépressif rassemblent toutes les influences stylistiques que contient l'album. Et pour le côté progressif, il n'y a qu'à l'écouter pour se rendre compte que chaque morceau est une progression.
18/04/2005 14:27
Je pense que le terme "post-" est plus qu'inapproprié (une vague idée de ce que signifie "post-rock" aurait évité cet écueil, je pense) ; enfin c'est en vogue en ce moment, je comprend. De même pour celui de "progressif"... j'avouerai avoir du mal à discerner l'héritage d'un Yes, par exemple, dans cet album.
A mon humble avis, c'est juste du black metal bien fait, pas prisonnier de conventions artisanales ridicules (cf. le passionnant ouvrage de Nocturno Culto, sorti récemment Comment composer une heure de black metal sans inventer un seul truc en écoutant un seul titre de Darkthrone), ayant su incorporer avec bonheur des éléments extérieurs pour renforcer son propos.
Les "lourdeurs" que tu sembles relever sont, à mon sens, l'aboutissement de l'idée de cet enregistrement : la misère, la souffrance, mais surtout le sordide de la condition du sieur Kvarforth.
"(...) this confession has meant nothing" [to you].