chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
200 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Precaria - Nigraluminiscencia

Chronique

Precaria Nigraluminiscencia (Compil.)
C’est beau, hein ? Rien de plus normal, ça sort chez I, Voidhanger Records. J’ai déjà eu l’occasion de le dire dans ces pages, mais l’écurie transalpine continue, petit à petit, de se hisser au sommet, rejoignant les labels à suivre de très près. L’usine à flatter la rétine (et les tympans) de Luciano Gaglio continue de nous régaler, toujours à la recherche de nouvelles pépites à mettre en lumière. Esoctrilihum, Thecodontion, Cosmic Putrefaction, Neptunian Maximalism, Herxheim, Ysengrin, Mystras, Onirik, Cosmovorous… Déjà pas mal de belles sorties pour cette année, non ? Alors non, tout n’est pas parfait, certains disques frôlent même carrément le mauvais (les bizarreries de Xythlia, -S- ou l’ambient marque distributeur signé At The Altar Of The Horned God), mais on ne peut que reconnaître la fidélité avec laquelle le label se tient à sa ligne de conduite. Et parmi sa dernière fournée, c’est cette compilation de Precaria qui remporte mon suffrage.

Oui, "Nigraluminiscencia" est une compilation, un format que j'ai tendance à bouder en temps normal, mais qui tombe à point nommé : elle regroupe les deux dernières manifestations du one-man band Mexicain, à savoir "Metamorphosphoros", split de 2018, partagé avec Dominus Ira et Deathspiral of Inherited Suffering (à vos souhaits); ainsi que "Theosulphuros", avec Ôros Kaù cette fois-ci, qui sortira le mois prochain. Pas envie de payer deux galettes ? Comme je te comprends. D'autant que sur chacune d'entre elles, c'est bel et bien Precaria qui sort nettement du lot. Un groupe à découvrir, un pressage LP digne de ce nom, une peinture de l'excellent Elijah Tamu à admirer et tout un label à soutenir, pourquoi se priver ?

Pour être honnête, je prends ce "Nigraluminiscencia" comme un full-length à part entière. Si l'on peut noter un petit effort sur le son et une belle évolution des compositions sur la seconde partie de l'objet, l'ensemble reste très homogène, et l'écoute se déroule sans accroc notable... Pour peu que l'on parvienne à retrouver son souffle. Car l'introduction est trompeuse, ces toms tribaux et ces riffs rampants laissaient entrevoir une énième sortie de Black Metal vaguement atmosphérique, sans réel intérêt. Perdu ! Le créneau de Precaria, c'est plutôt la vitesse, le pied au plancher, la brûlure au troisième degré. La faute à son cru sans être inaudible, certes, mais surtout au rythme effréné des deux batteurs qui se partagent l'affiche : Discordia sur les quatre premiers titres, et surtout l'inénarrable Bestia (Absentia Lunae, Prison of Mirrors, Defacement)... Qui prennent un malin plaisir à se faire passer pour des boîtes à rythme. Cette caisse claire en forme d'attentat sonore, cette grosse caisse qui n'a pas peur de prendre ses aises, et surtout, cette précision dans la rapidité d'exécution, accentuent un peu plus le rendu brut de forge de la production, et des compositions qu'elle habille.

"Nigraluminiscencia" a beau afficher une belle petite durée, et ne jamais hésiter à prendre son temps (les titres oscillent entre 4 et 12 minutes), pas moyen de déceler le moindre ventre mou qui pourrait sortir l'auditeur de l'impressionnant brasier dans lequel Precaria le plonge. C'est qu'il sait varier les plaisirs ! Si les 4 premiers morceaux de la galette sont menés au pas de course, on y trouve tout un tas de petites trouvailles qui font immanquablement pousser des "Poh-poh-poh..." face aux enceintes : les guitares sentencieuses, presque sinistres, qui entament "Traficando los Órganos de la Iglesia", cette rythmique toute en cassures de "La Obra Negra Deicida", ce chant si particulier, déclamatoire, qui pourrait finir par taper sur le système mais colle à merveille au ressenti global... On cherche à reprendre pied et à remonter, et pourtant, la seconde moitié du disque (la deuxième face du LP) va venir enfoncer un peu plus le clou. Car sur la seconde moitié de l'obus, Precaria prend l'auditeur à revers en dévoilant un visage moins véloce, presque plus plaisant à écouter. On sort de la fournaise pour entrer dans la transe. Bestia, un peu moins nerveux que son compère (même s'il nous réserve de belles et fracassantes envolées), varie un peu plus son jeu, de rebonds sur cymbales en breaks casse-nuques, complimentant des apports mélodiques qui font immanquablement mouche, aux cordes comme aux claviers (suffisamment discrets pour être appréciables). Sortir la tête du guidon pour pouvoir apprécier ce qui se joue dans le décor, finalement, c'est pas désagréable...

"Nigraluminiscencia" est à l'image des titres qu'il compile : ambitieux. Et il n'a pas peur de se donner les moyens de réussir. Mené d'une main de maître par un chef-d'orchestre rusé, qui sait ce qu'il fait et utiliser les moyens du bord (les guitares, la basse et la voix des quatre premiers morceaux ont été enregistrés au téléphone) à son avantage. En résultent des compositions longues, certes, mais qui ne souffrent ni de la durée, ni du son très brut de l'ensemble. Au contraire, ce dernier vient renforcer cette impression de grandeur, de majesté, traduite par cette superbe pochette. Du Black Metal classieux, que-dis-je, de haut-vol, pondu par un projet qui aurait largement pu se permettre d'être prétentieux - mais a préféré laisser son talent parler pour lui. A découvrir dès le mois prochain !

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

3 COMMENTAIRE(S)

Jor citer
Jor
16/10/2020 18:58
Sagamore a écrit : J'ai écouté Creature quand on a reçu le promo... Et malheureusement, je ne suis vraiment pas arrivé à rentrer dedans, pourtant, sur le papier, c'est très alléchant.

Ah dommage, ça vaut peut-être le coup de réessayer. Il m'a fallu 3-4 écoutes complètes pour vraiment saisir le génie de la chose, parce qu'il est vrai que c'est très foisonnant, et peut-être dur à digérer la première fois. Mais il est depuis dans mon top 3 de l'année.

Après, il faut avoir un goût le non-conventionnel et le complexe, mais il y a énormément de grosses récompenses.
Des morceaux comme Neo Habilis, Involutions-Expectations ou l'Odyssée Hyperpropulsée sont peut-être des bonnes portes d'entrée...
Sagamore citer
Sagamore
16/10/2020 09:22
J'ai écouté Creature quand on a reçu le promo... Et malheureusement, je ne suis vraiment pas arrivé à rentrer dedans, pourtant, sur le papier, c'est très alléchant.
Jor citer
Jor
15/10/2020 13:40
Hum, ça donne bien envie, hâte d'écouter ça!

Et oui, I, Voidhanger a eu une année particulièrement faste, tant en quantité qu'en qualité... Mais tu as oublié de citer ce qui est à mes yeux leur plus belle sortie cette année, et c'est Français en plus!

Non, ce n'est pas Esoctrilihum (qui est excellent), mais Creature, avec l'album Ex Cathedra, qui a pondu un des meilleurs albums de l'année, voire de la décennie, avec un son complètement unique: du black avant-gardiste mâtiné de cuivres. Le propos est assez fou et audacieux, il forge son propre son pour un résultat ma foi très enthousiasmant, à mi-chemin entre Véhémence, Arcturus, une fanfare médiévalo-cosmique et du prog assez indescriptible.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Precaria
notes
Chroniqueur : 4/5
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Precaria
Precaria
Black Metal - 2010 - Mexique
  

tracklist
01.   Ritus Primordiales  (01:13)
02.   Ex Abyssia  (09:09)
03.   Traficando los Órganos de la Iglesia  (08:29)
04.   La Obra Negra Deicida  (06:07)
05.   Ritus Absconditus  (01:18)
06.   Ex Nigredo  (12:06)
07.   Darkness Is My Light  (04:44)
08.   Heautontimorumenos  (08:24)

Durée : 51:30

parution
27 Novembre 2020

Essayez aussi
Furia
Furia
Marzannie, królowej Polski

2012 - Pagan Records
  
Death Like Mass
Death Like Mass
Kręte Drogi (EP)

2015 - Under The Sign Of Garazel Productions
  
Behemoth
Behemoth
Pandemonic Incantations

1998 - Solistitium Records
  
Hegemon
Hegemon
By This, I Conquer

2003 - Adipocere Records
  
Goatslave
Goatslave
Procession Of Doom

2016 - Atavism Records
  

Bleedskin
Blood Reign
Lire la chronique
Candiria
300 Percent Density
Lire la chronique
Vulgarite
Fear Not the Dark nor the S...
Lire la chronique
Touché Amoré
Lament
Lire la chronique
Dream Theater
Metropolis, Pt. 2 – Scenes ...
Lire la chronique
White Magician
Dealers of Divinity
Lire la chronique
5ème cérémonie des BM Awards
Lire le podcast
The Bishop of Hexen
The Death Masquerade
Lire la chronique
Koffin
Nailed Into The Coffin (Démo)
Lire la chronique
Kataklysm
Unconquered
Lire la chronique
Power Trip
Hornet's Nest (Single)
Lire la chronique
Warside
The Enemy Inside (EP)
Lire la chronique
Phthisis
Embodiment Of Decay (Démo)
Lire la chronique
Pain of Salvation
In The Passing Light of Day
Lire la chronique
Selbst
Relatos de angustia
Lire la chronique
Vacuous
Katabasis (EP)
Lire la chronique
Wayward Dawn
House Of Mirrors (EP)
Lire la chronique
Echoes Of Death Fanzine
Lire l'interview
Vile Creature
Glory, Glory! Apathy Took H...
Lire la chronique
The Body
Christs, Redeemers
Lire la chronique
Dream Theater
Falling into Infinity
Lire la chronique
Un suppôt et au lit : MARDUK
Lire le podcast
Godflesh
Streetcleaner
Lire la chronique
Wombbath
Tales Of Madness
Lire la chronique
Biohazard
Urban Discipline
Lire la chronique
Gorephilia
In the Eye of Nothing
Lire la chronique
Apraxic
Edge Of Human
Lire la chronique
Abigor
Totschläger (A Saintslayer'...
Lire la chronique
End of Mankind
Antérieur à la lumière
Lire la chronique
Frozen Soul
Crypt Of Ice
Lire la chronique