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Lure - Morbid Funeral

Chronique

Lure Morbid Funeral (Démo)
Pierre Perichaud est un homme très occupé qui gère ses différents projets avec une certaine discrétion. Si on a déjà évoqué son travail en tant que musicien (il fût effectivement le batteur des Strasbourgeois de Paramnesia), ce dernier est surtout connu pour ses artworks et tatouages qu’il réalise sous le pseudonyme de Business For Satan. Un travail à temps plein qu’il dévoile de temps à autre sur Instagram pour le plaisir des yeux de ses nombreux abonnées. Parmi toutes ces publications d’illustrations ou d’encrages cutanés, il arrive que l’on trouve parfois quelques pochettes de disques...
C’est par ce biais que le Français a dévoilé fin octobre l’existence de ce nouveau projet sur lequel il travaillait en secret depuis plusieurs mois. Loin de ce qu’était Paramnesia, une entité à quatre têtes naturellement soumise à certaines injonctions (le droit à la parole, le droit de ne pas être d’accord, l’obligation tacite de faire quelques concessions, tout ça quoi...), Lure est un one-man band par lequel Pierre Perichaud peut ainsi exprimer pleinement et sans retenue ni réelles contraintes sa propre vision du Black Metal. Pour l’accompagner dans cette nouvelle aventure, le Français s’est associé au label allemand Amor Fati Productions qui a sorti le 31 octobre dernier cette première démo trois titres intitulée Morbid Funeral.

Si je ne vous ferai pas l’affront de vous préciser le nom de la personne qui s’est chargée de l’artwork et du logo, sachez tout de même que cette première démo est présentée sous la forme d’un double LP 12" proposant un titre par face avec pour la dernière, vierge de toute musique, une gravure des plus sympathiques. Malheureusement, j’ai également le regret de vous annoncer que cette démo pressée à seulement 250 exemplaires est d’ores et déjà sold-out et qu’a priori aucun repress ne semble envisagé... Si vous êtes arrivés à la bourre il faudra vous contenter de Bandcamp ou d’autres moyens détournés.

Affichée à plus de quarante cinq minutes, Morbid Funeral nous embarque bon gré, mal gré, dans un long et tumultueux voyage. Oscillant entre douze et dix-sept minutes, les trois titres proposés ici par Lure ne semblent étrangement faire qu’un, unis dans leurs transitions par ces passages acoustiques particulièrement réussis permettant de poser les bases d’une atmosphère grise, mélancolique et écorchée. Si certaines de ces séquences sont liées les unes aux autres par les motifs joués et répétés par Pierre Perichaud (les derniers instants de "Est-ce que la vie est belle..." repris quelques secondes plus tard lors de la très longue introduction de "L'espérance, ou le clinquant de sa ferraille dans mes ténèbres") ainsi que beaucoup plus brièvement au moment de la conclusion, ce n’est pas le cas de "La danse du pendu", troisième et dernier titre de cette démo. Pourtant, la couleur et l’intention de cette introduction permettent là encore une transition toute naturelle avec le titre précédent et par extension avec "Est-ce que la vie est belle...". Et c’est exactement ce sens du détail particulièrement léché qui fait de Morbid Funeral une démo aussi réussie.
Car généralement pour réussir à convaincre sur des morceaux aussi longs, il ne suffit pas d’aligner les séquences de blasts quasi-ininterrompues et d’hurler à la Mort en répétant inlassablement les mêmes riffs et autres patterns. Certes, on appréciera naturellement ce parti pris qui consiste à mener le plus clair de ces quarante-cinq minutes le couteau entre les dents, offrant ainsi cette intensité et cette urgence dans lesquelles baigne Morbid Funeral mais ce n’est clairement pas sur la base de ces seuls éléments que Lure réussit à se distinguer et surtout à séduire comme il le fait. Non, pour ça il faudra plutôt aller regarder du côté de ce riffing mélodique particulièrement inspiré et qui selon les moments apportera une certaine mélancolie ("Est-ce que la vie est belle..." à 0:24 et 5:27, "La danse du pendu" à 3:40) ou bien un sentiment puissant et épique (renforcé d’ailleurs par cette batterie volontaire) particulièrement saisissant ("Est-ce que la vie est belle..." à 2:06 et 9:15, "L'espérance, ou le clinquant de sa ferraille dans mes ténèbres" à 2:49). À ce riffing soigné qui n’est pas sans faire écho à notre vieille garde nationale des Légions Noires (ainsi qu’aux grands noms de l’école norvégienne du début des années 90), mentionnons également ces passages moins soutenus lors desquels Pierre va lever le pied afin de rompre avec l’intensité du moment et ainsi amorcer de nouveaux développements (par exemple les deux premières minutes de "Est-ce que la vie est belle…", "L'espérance, ou le clinquant de sa ferraille dans mes ténèbres" à 9:29 ou bien encore "La danse du pendu" avec ce long moment pesant et déglingué entamé à 6:56). Et si ces quelques moments mettent en exergue la voix de Pierre, il n’en reste pas moins que son son chant habité et particulièrement écorché prend l’auditeur aux tripes pour ne plus jamais le lâcher et cela peut importe le moment choisi. Une voix qui pue l’usure et le désespoir transmis à travers des élans de rage fatiguée et lasse…

Quarante cinq minutes plus tard, Morbid Funeral s’impose en toute décontraction comme l’une des meilleures démos de l’année. Pierre Perichaud n’a pas fait les choses à moitié ici, insufflant toute sa passion, sa dévotion et son talent à ce nouveau projet à qui, on l’espère sincèrement, une suite sera donnée à l’avenir. De l’artwork suggérant l’idée d’une descente vers la lumière à cette production pleine de caractère (je n’en ai pas parlé mais qu’il est chouette d’entendre la basse sur un album de Black Metal) sans pour autant jouer à qui sera la plus cradingue en passant par ces compositions riches de tout (riffs, rythmes, idées, atmosphères...), le Français, discret mais talentueux, laisse ici une nouvelle marque tout aussi indélébile qui ne devrait pas manquer d’interpeller et séduire.

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2 COMMENTAIRE(S)

Drug-Sniffing Dog citer
Drug-Sniffing Dog
03/12/2020 11:48
AxGxB a écrit :
Malheureusement, j’ai également le regret de vous annoncer que cette démo pressée à seulement 250 exemplaires est d’ores et déjà sold-out et qu’a priori aucun repress ne semble envisagé...


J'ai pas d'actions chez Babylon Doom Cult, mais il en reste -à priori- au moins un exemplaire là-bas au moment où j'écris ces lignes (25e fdp out)... si ça peut servir à quelqu'un. Clin d'oeil

Sinon belle découverte.
La musique est excellente, mais je pense que ce qui a fini de me séduire, c'est le chant, qui flirte avec la rupture, et sens bon la désolation totale.
grintold citer
grintold
01/12/2020 12:25
Je l'avais écouté y a quelques semaines, très surpris car généralement les morceaux de plus de 10minutes m'emmerde, et la pas du tout, a réecouter cependant

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Lure
notes
Chroniqueur : 4/5
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Lure
Lure
Black Metal - 2020 - France
  

tracklist
01.   Est-Ce Que La Vie Est Belle...  (12:13)
02.   L'Espérance, Ou Le Clinquant De La Ferraille Dans Mes Ténèbres  (17:56)
01.   La Danse Du Pendu  (15:42)

Durée : 45:51

line up
  • B.F.S / Chant, Guitare, Basse, Batterie

parution
31 Octobre 2020

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