chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
118 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Botanist - Photosynthesis

Chronique

Botanist Photosynthesis
Il y a les groupes que l’on suit depuis longtemps et dont on vit les hauts et les bas, leurs albums décevants et les coups de cœur qu’ils nous donnent, comme une histoire où l’attachement nous fait rester : on peut être temporairement déçu, on trouve toujours – dans les meilleurs cas – de quoi renouveler notre fidélité envers eux.

Et il y a un groupe comme Botanist qui, dans les années passées à le suivre (soit sept albums en presque dix ans !), donne une impression plus difficile à évaluer : celle d’un projet qui a rapidement trouvé le fond de son discours, changeant par touches ce qui l’habille. Celui-là donne à chaque nouvelle œuvre une réflexion plus complexe, faite de plaisir devant son originalité et de questionnement sur sa pertinence. Après tant de créations explorant les possibilités d’un black metal où le dulcimer remplace la guitare, après tant d’exemples d’atmosphère végétale jouées avec fureur – les débuts I: The Suicide Tree / II: A Rose from the Dead –, ferveur – l’indépassable Collective: The Shape of He to Come –, rêverie – les vaporeux IV: Mandragora et VI: Flora – pour enfin s’attarder sur une beauté naturaliste avec Ecosystem, que peut-on encore trouver à découvrir dans cette formation si atypique et qui, étrangement, fait craindre plus d’une fois de transmettre le sentiment de tourner en rond ?

C’est dire s’il m’a fallu du temps pour me forger un avis au sujet de Photosynthesis. Botanist poursuit sa recherche mélodique mise au premier plan lors de Ecosystem, laissant croire au départ qu’il est un décalque aussi formellement beau que peu intéressant de son prédécesseur. Certes, les trois premiers titres mettent une jolie rouste comme Otrebor ne l’avait plus fait depuis The Shape of He to Come : « Light », « Water » et la lourdeur magnifique de « Chlorophyll » épatent d’entrée, prenant avec elles dans ce nouveau disque. Pour autant, l’hermétisme ressenti auparavant empêche de s’impliquer totalement, les mélodies nous parcourant sans nous heurter, dans une sensation étrange d’être mis dans un état statique malgré les soubresauts (bien présents, cf. « Palisade » et sa hargne étonnamment black metal), un état de contemplation extérieure, « végétatif ».

Et voilà bien la réussite de Photosynthesis. Apaisant et torturé en même temps, l’album résonne comme un labyrinthe de feuilles et de branches s’élevant au fur et à mesure, un disque où les notes forment un environnement. Difficile de le voir au départ, tant Botanist met l’accent sur une mélodicité exacerbée, parfaitement mise en valeur par la production de Dan Swanö et son studio Unisound. Un son ample et clair, le meilleur qui a pu servir le style du projet, faisant au départ que l’esprit s’accroche à des passages sans chercher à se laisser porter par un ensemble. Un ensemble qui finit par s’aborder une fois acceptée l’idée de se décentrer de soi et de cette quête de la jolie ligne, l’homme et sa vision de la beauté n’étant pas tant présents ici qu’une peinture d’une vitalité sereine, faisant sienne les remous de la terre et l’air. Si la pureté formelle qu’aiment travailler Otrebor et sa bande depuis quelque temps est là – toujours plus affûtée, vitrifiée –, l’intensité tranquille qui la guide désormais pousse à approfondir et répéter chaque écoute, cette musique difficile car ne parlant pas de soi, de nous, maîtrisant de bout en bout son envie de peinture organique, se nourrissant des éléments.

Malgré son charme lumineux opérant au fur et à mesure, Photosynthesis possède tout de même quelques défauts qui restent en tête, à commencer par une brièveté et une densité le rendant difficile d’accès, là où des respirations auraient permis de laisser apparaître davantage des velléités progressives un peu coincées sur ces trente-quatre minutes (« Oxygen » et sa base rythmique raffinée laissent à espérer plus). Mais après tant de temps passé à écouter Botanist, je reste étonné d’avoir été autant questionné, déboussolé puis de nouveau conquis par une œuvre qui, en surface, ne contient que peu de choses particulières par rapport à ses aînées. Il m’aura fallu quelques semaines pour voir chez Photosynthesis cet aboutissement d’une logique à figurer le végétal qu’il est en réalité.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

1 COMMENTAIRE(S)

lkea citer
lkea
07/12/2020 09:00
En écoute sur Bandcamp !

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Botanist
Green Metal
2020 - The Flenser
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Botanist
Botanist
Green Metal - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Light  (02:26)
02.   Water  (05:05)
03.   Chlorophyll  (03:52)
04.   Dehydration  (04:05)
05.   Bacteria  (04:34)
06.   Stroma  (05:12)
07.   Palisade  (02:50)
08.   Oxygen  (06:17)

Durée : 34 minutes 21 secondes

line up
parution
30 Octobre 2020

voir aussi
Botanist
Botanist
III: Doom In Bloom / Allies

2012 - Total Rust
  
Botanist
Botanist
IV: Mandragora

2013 - The Flenser
  
Botanist
Botanist
I: The Suicide Tree / II: A Rose From the Dead

2011 - tUMULt Records
  
Botanist
Botanist
Ecosystem

2019 - Aural music
  
Botanist
Botanist
Collective: The Shape of He to Come

2017 - Avantgarde Music
  

Hordous
Mon fant​ô​me
Lire la chronique
Lovgun
Bon shit bon genre
Lire la chronique
Gevurah
Gehinnom
Lire la chronique
Woods Of Desolation
The Falling Tide
Lire la chronique
Power From Hell
Shadows Devouring Light
Lire la chronique
Zëlot
Supplices (EP)
Lire la chronique
Morbific
Squirm Beyond The Mortal Realm
Lire la chronique
Je
Epilogue of Tragedy
Lire la chronique
Seep
Hymns To The Gore
Lire la chronique
Ceaseless Torment
Victory Or Death
Lire la chronique
Vaamatar
Medievalgeist
Lire la chronique
Lunar Tombfields
The Eternal Harvest
Lire la chronique
Sépulcre
Cursed Ways Of Sheol (EP)
Lire la chronique
Last Retch
Sadism And Severed Heads
Lire la chronique
Caïnan Dawn
Lagu
Lire la chronique
Virgil
Acheron
Lire la chronique
Houle
Houle (EP)
Lire la chronique
Baron Fantôme
La Nuit Fantastique
Lire la chronique
Etat Limite
L'affrontement de l'intime
Lire la chronique
Sepulchral Zeal
Open (Démo)
Lire la chronique
Interview de HERESIE pour l'album "Par-Delà Les Vents"
Lire l'interview
Heresie
Par​-​Delà Les Vents
Lire la chronique
Molder
Engrossed In Decay
Lire la chronique
OTDHR
Maraud
Lire la chronique
Vananidr
Beneath the Mold
Lire la chronique
Triumvir Foul
Onslaught To Seraphim
Lire la chronique
Krisiun + Nile
Lire le live report
Doomsday
Depictions Of Chaos (EP)
Lire la chronique
Threshold
Dividing Lines
Lire la chronique
Autopsy
Morbidity Triumphant
Lire la chronique