chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
182 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Severoth - Vsesvit

Chronique

Severoth Vsesvit
La perfection n’est pas de ce monde, et pourtant cet album est parfait. Pour plusieurs raisons. Avant tout parce que le concept de la perfection est objectif. Tu vas trouver que tel album est parfait, mais il l’est uniquement pour toi et éventuellement quelques autres zigotos, mais tu auras obligatoirement et heureusement des détracteurs, qui viendront mesurer ton engouement. Ensuite, je pourrais souligner avec une petite pointe d’humour que si la perfection n’est pas de ce monde, cela tombe bien, puisque SEVEROTH est un groupe qui vient d’une autre planète, et nous transporte vers d’autres lieux que notre terre chérie.

5 albums pourtant que ça dure. Depuis 2015 le groupe ukrainien a trouvé les sons, les ambiances qui touchent mes cordes sensibles, et la lassitude ne pointe pas le bout de son nez. Au contraire, je n’ai jamais eu envie de mettre une note aussi haute pour le one mans band. Est-ce que cela siginifie que Квінтесенція (ou Vsesvit selon les sources, apparemment les deux noms d’albums ont été donnés...) est meilleur que ses 4 prédécesseurs ? Eh bien non. Ça ne veut pas dire ça. Parce qu’en fait l’énorme qualité de cette nouvelle offrande, composée de 5 pistes, c’est de faire oublier tout ce qui a existé. Les 64 minutes de jeu nous happent complètement, et plus rien n’existe. Le temps, l’espace, la durée, les dimensions, les couleurs, les odeurs... tout se mélange quand on écoute cet album, tout devient d’une légèreté magnifique.

La perfection de l’album. C’est à dire que d’un bout à l’autre on est convaincu. Mais la première piste joue un grand rôle dans notre voyage. C’est sur elle que reposait la responsabilité de planter un décor. Et elle est magique. Elle est d’un niveau tellement haut qu’aucun mot ne peut correspondre à sa présentation. Elle a tué tous les superlatifs. Son nom ? « Вище неба » ! La traduction ? « Plus haut que le ciel ». Bien évidemment. C’est exactement ce qu’on ressentait à son écoute, elle qui commence par un décor terrestre pour peu à peu nous emmener haut, très haut. Que dire... Elle est composée d’une introduction instrumentale de presque 5 minutes. Habituellement je déteste les longs passages sans vocaux car je m’en lasse rapidement. Eh bien là... pfffff, je peux réécouter en boucle tellement c’est réussi. J’ai même constaté que c’était 5 minutes en préparant ma chro, j’aurais dit deux fois moins !!! C’est du clavier qui navigue entre le brumeux et le spatial. C’est un cor de chasse qui retentit au début. C’est aussi un passage plus traditionnel qui rappelle KRODA... C’est au final le décollage tranquille pépère mais majestueux de notre monde vers les cieux. Les forêts sont là, d’abord autour de nous, puis juste sous nos pieds, et enfin elles deviennent des petits points sombres et juste un souvenir qui reste gravé dans notre mémoire. Ce n’est pas notre vie qui défile devant nos yeux en 5 minutes, ce n’est pas non plus l’existence humaine. C’est l’existence terrestre. Et alors retentissent les vocaux, qui d’un timbre torturé replacent subitement l’homme dans la scène qui se joue. Mais il n’est pas physique, il n’est que poussière et regards, comme s’ils étaient les échos du passé. Et alors qu’on est déjà totalement embarqué par les ambiances et que l’on aurait su se contenter de cette déjà quasi-perfection, ce sont subitement des vocaux clairs qui apparaissent. Mais pas les vocaux clairs qui te font rouspéter. Ceux qui te font dresser les poils. Ceux qui étaient censés tout gâcher, mais qui au contraire allument d’autres étoiles.

On sait que cela sera dur de maintenir un tel niveau sur la suite de l’album, et pourtant. Sans jamais refaire appel au cor ou aux ambiances de KRODA, les quatre autres morceaux sont eux aussi merveilleux. Le décollage a été fait, et ils sont bien plus ancrés dans les hauteurs, sachant chacun avec un dosage particulier allier les ambiances spatiales à la mélancolie. On dirait presque que c’est du « dépressif des étoiles » quand on écoute « Попереду, нарешті, порожнеча» (Devant, enfin, le vide). On n’a pas envie d’utiliser le mot qui suit mais c’est tellement celui qui vient en tête qu’on n’a pas vraiment le choix... C’est beau. Et parfois une petite replongée vers la Terre permet aussi de reprendre une bouffée d'oxygène, comme l'introduction de «Срібні Зорі Весни » sur laquelle on entend déclamations et cris de corbeau.

J’ai succombé à tout l’album. SEVEROTH est véritablement l’un des groupes actuels qui me touchent le plus. Le genre qui squatte les oreilles longtemps, et qui fait même oublier que vous avez encore beaucoup d’autres groupes à écouter. Le genre à vous faire prendre du retard dans la découverte de la scène black metal. Le genre surtout à vous convaincre qu’il y a encore la possibilité de ressentir ce genre de choses malgré les années. L’album parfait, pour Sakrifiss en tout cas... Et comme toujours dans ces cas-là un 9.5 en attendant de voir si le temps ne change rien à l'affaire et que le 10 serait alors atteignable...

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

6 COMMENTAIRE(S)

Jarl_Djevel citer
Jarl_Djevel
31/12/2020 00:16
Pour avoir découvert Severoth au moment de Forestpaths, je n'arrive toujours pas passer au dessus de ce dernier.
C'est un bon cru mais je trouve certains passages un poil trop lumineux et les voix claires parfois un peu ratées.
Voay citer
Voay
23/12/2020 16:36
note: 8/10
C’est vraiment très beau. Merci pour la découverte!
Vartruk citer
Vartruk
23/12/2020 10:36
note: 9/10
Tout bonnement excellent, quelle ambiance de bout en bout!

C'est marrant les références (ou pas) mais ça m'a également fait penser à Kataxu et cet album Hunger of element que je vénère, même impression de survoler toute sorte d'étendues sauvages, pour finir transporté loin, très loin dans les cieux, loin de toute trace de l'humanité. Severoth tire un peu plus sur le corde mélancolique, c'est plus volupté plus gracieux, il ose plus de chose aussi et tout s'intègre parfaitement...

Merci pour cette belle découverte. Il va falloir que je me penche sur la reste de la discographique du coup...
Solarian citer
Solarian
22/12/2020 19:02
note: 9/10
Excellente découverte merci ! écouté 2 fois et totalement conquis...
Une musique dominatrice et impériale qui touche direct. Maîtrise et inspiration transforment chaque pièce en véritable petite odyssée épique aux couleurs célestes. Le côté ultra claviérisé, l'ambiance spatiale et l'aspect emphatique au sens noble me remémorent les sensations ressenties à l'écoute du grand Hunger of Element de Kataxu, la patte mélancolique en plus.
Un putain de souffle cosmique qui transporte très loin. Loin du médiocre, loin du factice, loin de la beauferie, bref, loin de ce monde de merde... Royal !
Jor citer
Jor
21/12/2020 16:29
Parfait, oui.
Je ne connaissais pas, je les ai découverts par hasard il y a quelques semaines, et grosse claque!

Au passage Sakrifiss, tu as pensé quoi du Lord Ketil qui vient de sortir? Je n'ai pas encore eu le temps de l'écouter, mais je sais que tu avais beaucoup aimé le précédent, que j'avais découvert grâce à toi.
Petrovic citer
Petrovic
21/12/2020 11:19
j'ai tout de suite pensé à ce one man band parfait qu'est EVILFEAST en écoutant le premier titre ; franchement pour le moment je suis happé par ce que j'entends mais il faudra plusieurs écoutes pour assimiler toutes les subtilités ; magnifique merci.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Severoth
Black Metal Atmosphérique
2020 - Avantgarde Music
notes
Chroniqueur : 9.5/10
Lecteurs : (4)  8.63/10
Webzines : (3)  7.5/10

plus d'infos sur
Severoth
Severoth
Black Metal Atmosphérique - 2012 - Ukraine
  

vidéos
Вище Неба Сивих Хмар
Вище Неба Сивих Хмар
Severoth

Extrait de "Vsesvit"
  

tracklist
01.   Вище Неба Сивих Хмар
02.   Ненаписані Листи
03.   Попереду, нарешті, порожнеча
04.   Срібні Зорі Весни
05.   Холодна Ніч Чужих Облич

Durée : 64:19

parution
20 Novembre 2020

voir aussi
Severoth
Severoth
By the Way of Light
(Шляхом світла)

2024 - Avantgarde Music
  
Severoth
Severoth
Forestpaths

2017 - Werewolf Promotion
  

Essayez aussi
Bloodbark
Bloodbark
Sacred Sound of Solitude

2025 - Northern Silence Productions
  
Manetheren
Manetheren
Time

2012 - Debemur Morti Productions
  
Lunar Tombfields
Lunar Tombfields
The Eternal Harvest

2022 - Les Acteurs de l'Ombre
  
Summoning
Summoning
Old Mornings Dawn

2013 - Napalm Records
  
Sickle of Dust
Sickle of Dust
Across the Vultures Trail

2026 - Flowing Downward
  

Converge
Hum Of Hurt
Lire la chronique
Anasarca
Achlys
Lire la chronique
Pisscorpse
Precipice of Death
Lire la chronique
Iron Maiden
Senjutsu
Lire la chronique
Dimmu Borgir
Grand Serpent Rising
Lire la chronique
Red Hot Chili Peppers
The Uplift Mofo Party Plan
Lire la chronique
Ural
Anthropic Genetic Involution
Lire la chronique
Pendrak
S/T
Lire la chronique
Eximperitus
Meritoriousness Of Equanimity
Lire la chronique
Purulent Remains
Abhorrent Putrefaction (EP)
Lire la chronique
Six Feet Under
Next To Die
Lire la chronique
Dauþuz
Todeswerk: Uranium II
Lire la chronique
Nidelgret
Trauerlärm
Lire la chronique
Prisonnier Du Temps
Prendre Le Pouvoir Par La F...
Lire la chronique
Evil Warriors
Evil Warriors
Lire la chronique
Portrayal Of Guilt
…Beginning Of The End
Lire la chronique
À Terre
Embrasser la nuit
Lire la chronique
Fake Dust
Decrepitizing Din Of The Ce...
Lire la chronique
Malhkebre
B.A.M.N.
Lire la chronique
Temple Of The Fuzz Witch / Seum
Conjuring (Split 12")
Lire la chronique
To the Lions Tour 2026
Himinbjorg + Putrefaction o...
Lire le live report
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
Paterna Spirituum
Pieśni pogardy
Lire la chronique
NecroBeast
Iron Baphomet
Lire la chronique
Savage Mania
Demonic Assault
Lire la chronique
Moongates Guardian
Come Shadow of My End
Lire la chronique
Despondency
Matriphagy
Lire la chronique
Funebrarum
Beckoning The Void Of Etern...
Lire la chronique
Apolaustic
No Plenitude Without Suffering
Lire la chronique
Vargrav
Dimension: Daemonium
Lire la chronique