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Bilan 2010-2019 : la sélection de la rédaction / Caïn Marchenoir

Bilan

Bilan 2010-2019 : la sélection de la rédaction PAR Caïn Marchenoir

Albums de la décénnie

Primordial
Primordial
Redemption At The Puritan's Hand

Black / Folk / Pagan

Faire ce genre de bilan, c'est un peu repasser toute une période passée et replonger dans des moments personnels difficiles entre doute et sentiment révolte. Et c'est album a été la bande son parfaite à sa sortie, surtout le titre Bloodied Yes Unbowed, qui est devenu une sorte d'hymne personnel, et que j'avais écouté juste avant de passer mon oral d'admission de concours, c'est pour dire à quel point ce disque va au-delà du simple album lambda. Le groupe a une nouvelle fois étoffé ses compositions faisant montre d'une grande qualité d'écriture avec toujours ces motifs irlandais qui prennent aux tripes. C'est même en cela que j'ai privilégié cet album de Primordial à Exile Amongst the Ruins, car il regorge tout autant d'hymnes épiques et rageurs, comme le titre d'ouverture, et il est assez équilibré sur toute la longueur. Allan Nemtheanga Averill confirme une nouvelle fois qu'il est l'un des meilleurs chanteurs actuels dans la scène metal, jouant une prestation époustouflante de bout en bout. Et puis il y a un titre qui me bouleverse toujours autant sur cet album, The Mouth of Judas, qui est juste magnifique. Et je me souviens les avoir vus à Paris et qu'alors que retentissait les arpèges d'introduction de ce titre, ma voisine m'avait dit, ne t'inquiète pas si je pleure sur ce titre, et de lui répondre la même chose. Voilà, c'est ça aussi ce groupe pour moi et cet album reste une de ses meilleures réalisations.

  
Solstice
Solstice
White Horse Hill

Epic Doom Metal

Dire que j'ai attendu cet album n'est qu'un euphémisme, car New Dark Age, son prédécesseur, qui remonte à mille neuf cent quatre vingt dix huit, est pour moi l'un des tous meilleurs disques en matière d'Epic Doom Metal. Et il faut avouer que l'attente en valait vraiment la peine et nous avons été récompensés par les Anglais. Toujours aussi épique, Solstice développe bien évidemment cette personnalité si anglaise, où l'on sent bien tout le poids de l'Histoire de l'ïle des Forts. Paul Kearns a affiché des progrès très conséquents au niveau du chant, un chant qui est bien au service de compositions magnifiques et qui donnent même la chair de poule pour certaine, comme Under Waves Lie Our Dead, le pinacle de cet album pourtant pas avare en titre épiques et géniaux. S'il n'est pas le plus cité des groupes d'Epic Doom Metal, Solstice en est pourtant l'un des meilleurs représentants et White Horse Hill est tout bonnement parfait. Sous d'autres cieux, il m'avait fallu le résumer par ces trois mots: épique, magistral, prodigieux.

  
Tool
Tool
Fear Inoculum

Metal Progressif

Je l'ai guetté, je l'ai attendu, j'avais perdu espoir et pourtant il est enfin sorti ce tant attendu successeur de 10 000 Days, sorti treize années plus tard. À un point que je n'y croyais même plus. Et il faut avouer que si Tool fait bien évidemment du Tool, avec de grosses lampées de King Crimson, il reste toujours ce groupe épatant et génial, avec ce style unique, ce chant divin, ce batteur hors normes et ce bassiste qui te dégoute de jouer de cet instrument. Les moments rageurs sont bien moins légions qu'auparavant, mais pour ce qui est de construire les titres, de faire monter l'intensité et de la redescendre, le quatuor n'a que très peu d'équivalent. Ce qui épate c'est qu'il a encore gagné en technicité tout en restant fluide, avec toujours ces métriques barrées, ces passage en polyrythmie véritable, où les trois instruments se dissocient pour mieux se rejoindre. Ce n'est pas à la portée de tout le monde de parvenir à réaliser cela, et quand en plus il se permet de nous servir une composition telle que 7empest, qui clôt à merveille cet album, un titre qu'ils ont mis vingt trois ans pour en achever la composition, l'on ne peut que s'incliner devant autant de classe. L'album de la décennie? Je suis pas loin de le penser. En tout cas c'est aussi l'album qui porte le mieux en lui cette notion de temps qui passes et cette peur qui s'installe quant aux jours qui défilent et nous rapprochent de notre mort. D'où ce sentiment d'apaisement voire de renoncement sur certains titres, et que d'aucun pourrait trouver cela soporifique, j'y vois juste une acceptation d'une certaine fatalité qui ne fait que rendre ce groupe encore plus humain finalement.

  
Macabre Omen
Macabre Omen
Gods Of War - At War

Black Metal épique

L'une des plus belles surprises de cette décennie, voilà ce qu'est Gods of War - At War. Macabre Omen n'est pas le groupe le plus prolifique de la terre, mais ce deuxième album est tout bonnement une merveille de black metal grec: à la fois mélodique et très épique. Le style est assez riche avec des riffs dantesques, des moments qui rappellent bien évidemment l'origine géographique du groupe, et donc quelques clins d'oeil aux vieux Rotting Christ et Varathron, avec évidemment cette ambiance comme seuls les groupes de cette scène savent nous proposer. C'est beau de bout en bout. C'est homérique de bout en bout. Il n'y a pas une seule minute plus faible que l'autre et l'on se prend rapidement au jeu de ce très bel hommage au passé et à l'antiquité grecque, avec en guise de conclusion ce fameux diptyque dédié à Alexandre le Grand. Gods of War - At War est un très grand disque et ce serait dommage de passer à côté.

  
Zemial
Zemial
Nykta

Black Thrash Metal Progressif

Zemial n'est pas le plus connu au sein de la scène hellène et pourtant chaque album est un grand moment. Et surtout, Archon Vorskaath a réussi à combiner ses riches et hétéroclites influences pour un album grandiose et tellement racé. Après, si tu veux en savoir plus sur la légitimité de la place de cet album dans ce top, je t'enjoins ô lecteur de lire la chronique consacrée à cet album.

  
Cathedral
Cathedral
The Last Spire

Doom Metal

Un enterrement de grande classe de l'un des groupes les plus importants du doom metal, voilà ce qu'est The Last Spire, qui voit Cathedral renouer avec son passé, mais nourri des ses pérégrinations auditives. Peu de groupes peuvent se targuer d'être partis aussi bien.
Doom or be Doomed!

  
Urfaust
Urfaust
Der freiwillige Bettler

Black Metal halluciné

Avant de faire le grand bond dans l'espace avec sa trilogie psychédélique, Urfaust était encore cette formation assez iconoclaste et à la croisée des chemins entre black metal, parfois proche du depressive suicidal black metal, ambiant et doom metal. Le duo intoxiqué se présentait encore à l'époque comme étant un groupe de True Clochard Black Metal. Et l'on sent bien cette ambiance médiévale de désespérés, bien plus cohérente et honnête que chez certains groupes francophones, d'hommes pauvres, de gens bannis de dieu et de la cité, avec cette haleine pestilentielle, rejetés par une société qui a peur des rebuts qu'elle a elle même sécrétée. Urfaust était la forme primaire de Faust, rendu célèbre par Goethe, et l'on retrouve bien ce côté damné dans cette musique, mais avec pour le coup un échec dans cette vente de l'âme. Si Léon Bloy avait fait de la musique, c'est celle-ci qu'il aurait produit.

  
Atlantean Kodex
Atlantean Kodex
The Course of Empire

Heavy Metal Épique

Le meilleur album de l'année deux mille dix neuf c'est ce troisième album des Allemands, même si j'aurais pu tout aussi bien mettre The White Goddess dans ce top. Atlantean Kodex c'est sans doute la meilleure chose qui a pu arriver au metal épique durant cette décennie car le quintet propose une musique vraiment prenante et très épique, - désolé, je n'ai pas trouvé de synonyme qui rend aussi bien justice que cet adjectif. Ce n'est pas le groupe le plus clinquant et le plus facile d'accès, mais il a une profondeur et un supplément d'âme que peu de formations actuelles et bien plus en vues ont, - l'on notera d'ailleurs que son leader, Manuel Traumer, est professeur d'Histoires comparées en université et que ses paroles sont très intéressantes, et que l'on rencontre volontiers ce type de thématique dans des groupes de dark/néo folk plutôt que dans le metal. Mais outre cela, cet album, qui pourrait n'être qu'un gros titre d'une heure, regorge d'hymnes magnifiques avec des refrains accrocheurs comme sur Chariots ou A Secret Byzantium. Tout se suit de manière très cohérente sur cet album qui n'a pas son pareil pour vous happer du début à la fin et vous emmener dans ces histoires d'un autre temps. The Course of Empire est sans doute l'un des disques que j'ai le plus écouté ces derniers mois sans m'en lasser depuis sa sortie. C'est encore une fois du grand Art pour un groupe intelligent qui se fait bien trop rare.

  
Paradise Lost
Paradise Lost
Medusa

Death / Doom

Paradise Lost ne cessera de ma fasciner au fil des ans, et quand Nick Holmes a décidé de refaire des growls sur The Plague Within, je ne pouvais que me réjouir de ce retour aux sources de la part des Anglais. Mais ce groupe étant toujours surprenant, je ne m'attendais pas à une telle claque avec Medusa qui continuait sur cette lancée passéiste avec une présence encore plus importante de ces growls. Mais ce n'est pas le seul fait notable de cet album, c'est aussi une perle de noirceur avec un Gregor Mackintosh en très grande forme et qui se permet de nous pondre des titres assez alambiqués comme à la grande époque de Shades of God. C'est toujours aussi joyeux qu'un long dimanche sous la pluie, et cela conserve avec tout autant de grâce ce spleen tellement anglais. C'est tout cela que l'on retrouve sur Medusa, avec un format assez old-school dans la durée et surtout le retour d'une pesanteur accrue. Pour un quinzième album, l'on peut dire que le groupe avait fait très fort. Le pire c'est qu'il ne s'est pas arrêté là.

  
Neurosis
Neurosis
Fires Within Fires

Post-Metal

Au fond, que nous reste-t-il de ce fameux boom des années deux mille du post metal, ou post hardcore? Pas grand chose tant cette scène a fini par devenir une sorte de caricature d'elle-même. Sauf que le pas grand chose n'est autre que son leader incontesté, toujours prompt à nous montrer la voie, même après trente ans de bons et loyaux services. Après un Honor Fond In Decay plus mélancolique et ciel de nuit pluvieux, l'on revoit surgir sur ce Fires Within Fires ces hommes apeurés par l'apocalypse qui vient. Sauf que plutôt que de rester des prophètes annonçant la chute de pierres depuis le ciel, de rupture de bans et de ponts, et où les eaux ne seraient pas suffisantes pour tout submerger, l'on retrouve ici une rage et une envie d'en découdre que l'on n'avait pas vu depuis des lustres. C'est donc ainsi que les barbus de l'Apocalypse ont remis leurs armures et sont près à en découdre de nouveau, mais cette fois-ci sans laisser vraiment la colère monter lentement avant d'exploser. L'on n'a plus le temps pour prendre les formes et ce genre de peccadilles, et c'est désormais bien plus directs, ce qui se ressent dans la concision du disque, à peine quarante minutes, mais elles restent intenses et tellement intelligentes. Et puis quand on termine son disque par un brulot comme Reach, l'on n'a plus grand chose à apprendre des autres, même quand on commence par cajoler son auditeur. Et donc pas besoin de jouer aux nostalgiques des films de John Carpenter, ni de jouer aux souffres douleurs, aux pseudo intellectuels ou que sais-je encore. Non, autant rester authentiques et toujours tournés vers le ciel, â genoux dans la boue à faire monter ce feu sacré et à se lancer dans une dernière cavalcade, pourvu que celle-ci soit la dernière et la seule voix de rédemption avant que tout ne s'effondre.

  


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