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Stortregn pour l'album "Emptiness Fills The Void"

Interview

Stortregn pour l'album "Emptiness Fills The Void" Entretien avec Johan Smith (Guitare Lead et acoustique) et Romain Negro (Chant) (2018)
Salut les gars, tout d’abord félicitations pour cet excellent nouvel album, et merci à vous de m’accorder un peu de votre temps pour répondre à ces quelques questions. Tout d’abord pouvez-vous me rappeler l’histoire et la genèse du groupe, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Johan : STORTREGN joue un mélange de Black et Death-Metal depuis 2006, avec des riffs mélodiques acérés, du blast beat à profusion et un chant torturé.

Comment s’est passé le processus d’écriture de ce nouvel album et sa composition ? Tout était-il déjà en place lors de votre arrivée en studio ?

Johan : La composition s’est faite assez rapidement, nous étions dans une bonne dynamique créative à ce moment-là. C’est aussi la première fois que nous sommes deux compositeurs sur un album, Duran (K. Bathija – Guitare) et moi-même, ce qui aide à aller plus vite et à rendre le tout plus riche et complexe. Manuel (Barrios – Basse) a également apporté sa contribution, puisqu’il a composé le titre « Lawless ». Quelques détails ont tout de même été finalisés directement en studio, comme certains arrangements ou solos notamment.

Après plusieurs changements en interne votre line-up semble enfin stabilisé et montre un visage plus mature et personnel, vous êtes de cet avis ?

Romain : Oui en effet ! Nous avons enfin un line-up stable et composé de musiciens d'un très bon niveau qui excellent dans leurs instruments ! Cela nous permet justement d'avancer dans le projet avec plus d'aisance et de gagner en maturité. Je trouve que le groupe a maintenant une réelle personnalité et qu'il tire son épingle du jeu pour avoir enfin sa place comme groupe à part entière, sans vivre dans l'ombre de ses pères.

Romain, en plus du chant tu as assuré pendant longtemps la guitare rythmique, avant de l’abandonner récemment, et de ne te consacrer désormais plus qu’au micro. Est-ce un choix purement pratique ou est-ce suite à des soucis de santé comme les ont connus Demonaz (IMMORTAL) ou Nornagest (ENTHRONED) ?

Romain : C'est tout simplement un choix pratique, la musique ayant très vite évoluée techniquement, j'ai préféré laisser la deuxième guitare à Duran plutôt que de tenter le chant additionné à un jeu de guitare complexe. Cela nous a amené à intégrer un nouveau membre en la personne de Manuel à la basse. Ce choix m'a également permis de me concentrer uniquement sur mon chant et d'en tirer le meilleur, sans compter que cela donne plus de dynamisme en live.

Ce quatrième épisode de vos péripéties musicales est à mon goût le plus réussi, vous vous aventurez vers quelque chose de plus travaillé, plus long voir même Progressif par moment (notamment via le magnifique « Children Of The Obsidian Light » et ses onze minutes au compteur), où les arrangements guitaristiques se font plus fouillés et fins. Ce choix s’est-il fait naturellement, ou est-ce que l’arrivée de Duran (Guitare Rythmique) y est pour beaucoup ?

Johan : A chaque album, la volonté a toujours été la même : celle de pousser plus loin le travail de composition et d’arrangement. Il s’agit donc d’une évolution logique et naturelle selon moi. L’idée de terminer l’album par un long morceau épique de plus de dix minutes date depuis longtemps, et je suis fier de l’avoir enfin réalisée sur cet album. D’ailleurs, sur certains passages, il y a jusqu’à cinq guitares superposées. En live, il a donc fallu refaire un nouvel arrangement jouable pour deux guitares, ce qui change un peu le rendu, sans en perdre la qualité musicale.

Un des gros points forts de « Emptiness Fills The Void » sont les nombreux et sublimes solos qui parsèment l’ensemble de cette galette, comment ont-ils vu le jour ?

Johan : Merci du compliment ! Pour Duran et moi, les solos sont des éléments presque indispensables dans un morceau. Nous les avons répartis entre nous deux durant le processus de composition. D’ailleurs il y en avait tellement, que certains d’entre-eux n’ont été terminés que quelques heures avant l’entrée en studio.

J’ai l’impression que votre précédent opus « Singularity » en 2016 vous a permis de franchir un cap à la fois au niveau de votre réputation comme techniquement, car à partir de là vous vous êtes un peu affranchis de la scène suédoise pour trouver votre propre voie, vous êtes de cet avis ?

Johan : Totalement. Nous en avions assez d’être systématiquement comparé à d’autres groupes. On était arrivé à un point où un article nous avait même qualifié de « clone », à cause de certains aspects de notre musique. Sur le précédent album « Singularity », nous avons donc cherché à nous affirmer davantage comme groupe à part entière, avec notre propre identité musicale. Cette démarche va encore plus loin avec « Emptiness Fills The Void ».

Même si vous avez évolué musicalement on retrouve toujours l’influence de DISSECTION par la mélodie et ses passages acoustiques, cela reste une constante pour vous visiblement …

Johan : Plutôt qu’une influence, c’est surtout une certaine façon de composer qui est une constante pour nous, selon moi. Ce qui donne cet effet à notre musique, c’est notamment l’utilisation d’un certain type d’harmonies « baroques », de structures, d’arrangements, etc… Aujourd’hui, tout cela fait comme partie de notre « ADN » musical.

Ce qui ne change pas également c’est la qualité de vos pochettes qui sont toujours aussi belles, qui s’en est chargé cette fois-ci ?

Romain : Oui ! On met un point d'honneur à avoir de vraies oeuvres d’art pour chacun de nos albums. Cette fois-ci, nous avons fait appel à Dan Seagrave qui fait partie des grands maîtres dans ce domaine. Il a fait un travail remarquable pour ce quatrième album !

C’est le deuxième disque que vous sortez via Non Serviam Records qui n’est pas le plus gros label mais qui visiblement croit beaucoup en vous, il suffit de voir la publicité faite autour votre nouvelle livraison, j’imagine que cela doit vous satisfaire …

Romain : C'est effectivement la deuxième fois que nous sortons un album avec Non Serviam Records. C'est une petite structure tenue par un homme passionné au service de la musique. Et comme tu le dis, il est malgré tout très actif dans la promotion de ses groupes. C'est bon de pouvoir être soutenu de cette façon !

Johan, outre ton rôle de compositeur attitré tu es également un musicien reconnu dans le milieu de la guitare classique (tu as été désigné "Révélation Guitare Classique 2017" par "Guitare Classique Magazine", et tu as également remporté de nombreux prix et distinctions), et pour l’occasion tu as été interviewé (avec Romain et Duran) pour l’émission « Nomade » sur la RTS (Radio Télévision Suisse) à la fois pour le groupe comme pour ta maîtrise de la guitare acoustique. Que retiens-tu de cette expérience radiophonique ? As-tu déjà eu des retours suite à ce passage sur les ondes ?

Johan : L’interview a d’abord été pensée pour être centrée sur mon travail de guitariste classique. C’est seulement après avoir parlé du projet aux producteurs, que l’idée de mélanger classique et métal extrême dans la même interview a été proposée et jugée intéressante. Ces deux mondes musicaux peuvent paraître très opposés, surtout quand on compare les publics auxquels ils sont destinés. Ceci dit, les producteurs se sont montrés très ouverts, et les retours ont été très positifs.

Pour continuer avec toi, tu as fait la 1ère partie de STORTREGN seul en scène (le 8 juin à Genève) et offert un récital classique, pourquoi ce choix osé et original ? Penses-tu que cela va attirer un nouveau public vers le groupe ?

Johan : Ce choix peut paraître osé, mais il est en raccord avec la musique que nous cherchons à développer avec le groupe, en laissant beaucoup de place à la guitare acoustique dans nos morceaux. De plus, je trouve que ces deux mondes musicaux, même s’ils semblent complètement différents au premier abord, se rejoignent et se ressemblent, autant dans le type de travail de composition que dans la préparation et l’exécution en concert. Et puis, si cela peut attirer un nouveau public vers le groupe, pourquoi pas, mais c’est surtout l’expérience qui est intéressante pour nous, au final.

Adapter des morceaux électriques de STORTREGN dans ton répertoire classique est-il un jour envisageable ?

Johan : L’idée est séduisante, mais c’est surtout dans l’autre sens que cela devient intéressant, selon moi…

Quelles sont vos principales influences communes hormis le regretté Jon Nödtveidt ? Au sein du Metal et hors Metal y’a-t-il des artistes qui font l’unanimité parmi vous ?

Johan : Même si j’écoute pas mal de groupes, autant anciens que récents, mes principales influences viennent surtout hors Metal : De Visée, Bach ou aussi Schubert, par exemple. Pour Duran, on peut citer les classiques IRON MAIDEN, JUDAS PRIEST …

Depuis quelques années on assiste en Suisse à l’éclosion de formations locales de haut niveau et originales, telles que NEAR DEATH CONDITION, CALCINED ou encore LVX HAERESIS. Etes-vous en relations les uns avec les autres ? Comment se porte actuellement la scène extrême par chez vous ? Y’a-t-il des jeunes loups qui méritent d’être découverts ?

Johan : Pour notre vernissage, nous avons fait appel à un jeune groupe de Black de la région : MATHILDE, qui mérite d’être découvert. Notre bassiste Manuel joue aussi dans un autre groupe : BROKENHEAD, jouant un mélange de Death/Thrash. A découvrir également…

Le public Metal est-il important dans le pays ? Est-il équivalent selon les régions allemandes, italiennes ou françaises, ou y’a-t-il des zones où il est plus représenté que d’autres ?

Johan : Il est difficile pour moi de faire ces comparaisons. Je pense que les publics se ressemblent dans la mesure où ils sont composés de gens souvent passionnés et investis dans cette musique. En Allemagne ou France, nous avons à chaque fois été très bien accueillis et jamais déçus.

En France le style n’a pas les faveurs des médias nationaux traditionnels (qui n’en parlent à peu près qu’au moment du Hellfest), le reste du temps ce sont les journaux régionaux, radios locales ou internet qui font le boulot et qui servent de relais. Est-ce la même situation chez vous ou sont-ils plus ouverts ? Est-ce que le fait d’avoir un service public audiovisuel et radiophonique très pléthorique vous permet d’y gagner en médiatisation et en reconnaissance auprès d’un nouveau public ?

Johan : Oui, nous avons la chance d’avoir un bon service public en Suisse, ce qui nous a permis d’apparaître quelques fois à la radio. Je pense toutefois que les gens réellement passionnés trouveront toujours le moyen d’accéder eux-mêmes à leurs besoins, à l’écart des grands médias. Ils n’attendent pas sur la radio ou télévision pour faire des découvertes.

Vous avez représenté votre pays au Wacken en 2015 après avoir gagné le tremplin national, quels souvenirs gardez-vous de cette expérience et de jouer dans un lieu si prestigieux ?

Johan : Un bon concert, des bonnes rencontres, de bonnes cuites.

Lors de vos prestations scéniques le visuel est aussi important que le son, car vous finissez souvent recouverts de sang (comme SLAYER avait pu le faire il y’a quelques années). Qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’en faire autant ? Ne craigniez-vous pas que certains détracteurs vous reprochent de chercher juste le buzz avec cela ?

Johan : Le sang a toujours été un élément qui nous permet de nous dépasser physiquement et mentalement sur scène. Il nous aide à être plus en accord avec la musique que nous cherchons à créer. Je n’imagine pas jouer cette musique extrême, tout en portant des habits de « tous les jours ». C’est comme un moyen de conditionnement. Dans une autre mesure, on peut aussi faire le parallèle avec un concert de musique classique, où les musiciens sont habillés en costumes. C’est aussi un métier de scène.

Avec qui rêvez-vous de partager un jour l’affiche ?

Johan : GG Allin

En tant que francophones avez-vous des relations avec des groupes français ? Y’en a-t-il qui vous plaisent musicalement ?

Johan : Musicalement, je reste scotché sur le dernier album d’ORAKLE. Sinon, il y a quelques années, nous avons ouverts pour le concert anniversaire d’ARTEFACT à Nice. Une grande soirée. Depuis, nous avons partagé pas mal de scènes avec des groupes français, souvent de très haut niveau technique et musical.

Quels sont vos projets pour le reste de l’année et dans un futur proche ?

Johan : Quelques concerts et surtout une tournée avant la fin de l’année pour promouvoir l’album. Les infos suivront…

C’est l’heure de se quitter je vous laisse le dernier mot …

Johan : Merci pour tes questions intéressantes. A la prochaine !

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