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Echoes Of Death Fanzine

Interview

Echoes Of Death Fanzine Entretien avec Dismembered Dave (2021)
En deux numéros, Echoes Of Death s'est rapidement imposé comme l'un des meilleurs fanzines français allant même jusqu'à s'exporter à l'international. Ici à Thrashocore il nous semblait important de donner une place à ces acteurs de l'underground qui font vivre la scène de leur passion. Bonne lecture !



# Bonjour David, comment ça va ? Alors cette année 2020, pressé d’en finir ou y-a-t-il eu quand même quelques bons moments ?

David: Salut Greg ! Ça va plutôt pas mal ! Haha bah 2020 a eu ses bons et ses mauvais côtés pour moi, c’est sûr que l’arrêt des concerts et de la vie nocturne de manière générale fait de cette année une année noire mais au niveau de ma vie personnelle il y a eu énormément de changements et je profite du coup de cette "accalmie" pour m’acclimater à une vie dans un autre pays, à un nouveau job de merde et surtout à ma nouvelle famille.
J’ai bien sur envie que ça se finisse à condition que 2021 soit meilleure, et ça, c’est pas dit...




# Pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter et nous parler brièvement de ton parcours dans le petit monde du Death Metal et des musiques extrêmes ?

David: Mon parcours commence au début des années 2000, encore minot, quand j’ai découvert le rock au sens large, je ne vais pas détailler car quand tu es gamin c’est jamais vraiment sérieux. J’écoutais surtout QUEEN, DEEP PURPLE, IRON MAIDEN et METALLICA. Le vrai déclic a eu lieu à la fin de la décennie, quand je me suis mis à approfondir tout ça et découvrir des trucs plus violent (SLAYER, KREATOR, EXODUS notamment). Cette soif de violence et de vitesse m’a ensuite fait dériver du Thrash au Death au début des années 2010 (si je ne dis pas de connerie mon premier vrai concert de Death Metal c’est NECROPHOBIC - MORBID ANGEL fin 2011 à la Machine du Moulin rouge). Plus de retour en arrière possible après ça !




# Tu es à l’origine du fanzine Echoes Of Death dont le deuxième numéro est sorti il y a tout juste quelques semaines. Pourrais-tu revenir sur sa création ? Qu’est-ce qui t’as poussé à te lancer dans cette aventure (le fanzinat) et pourquoi avoir choisi ce nom (un clin d’oeil à Pestilence j’imagine) ?

David: En tant qu’acteur, j’ai réellement mis le doigt dans l’engrenage en grande partie grâce a un de mes plus proche ami, Rikk Kunt, qui publiait il y a déjà quelques années un fanzine format A5 : FOREVER RIPPING FAST. J’y ai participé d’abord en tant que groupe interviewé (à l’époque DEATHRONED), puis par la suite comme rédacteur occasionnel (j’ai pu donner la parole à OBLITERATION dans le numéro 3, VAMPIRE dans le numéro 4 et HELLBRINGER dans le numéro 5). La parution du zine s’est arrêté avec le numéro 5 en 2018 je crois, mais l’exercice m’avais plu et l’idée de continuer m’était resté en tête depuis. Le projet d’ECHOES OF DEATH m’est venu à la fin de 2019, ayant pas mal de temps libre et en faisant le bilan du nombre de groupes ayant sortis de véritables tueries ces derniers temps, il me paraissait naturel de me replonger dans le fanzinat.

Bien vu, le nom est effectivement un clin d’œil à PESTILENCE ahah ! Le milieu de la presse utilise aussi assez souvent le terme « écho » pour désigner un journal, ECHOES OF DEATH me paraissait du coup parfait !




# Tu as décidé de t’exprimer en anglais. J’imagine que ce choix fût essentiellement motivé par l’idée de toucher un plus grand nombre de lecteurs (et de ne pas avoir à se taper à l’inverse une dizaine de traductions par numéro) ?

David: Le choix d’écrire en anglais a été motivé par plusieurs raisons et le fait de toucher plus de monde et le problème de la traduction en font partie.

J’avais en premier lieu pour intention de faire une version anglaise et une version française mais le problème de la traduction s’est vite posé, ouais... Premièrement, je ne voulais pas que certaines réponses perdent de leur sens, de leur spontanéité, etc. à cause de la traduction. Deuxièmement, FOREVER RIPPING FAST était à l’époque quasi intégralement rédigé en français sauf pour quelques interviews, le but de ce fanzine était de promouvoir au sein de la scène française certains groupes, d’en faire émerger et/ou de donner la parole et de la légitimité à d’autres. Avec ECHOES OF DEATH, j’ai opté pour une approche différente, ce que je voulais c’était promouvoir autant que possible une scène qui déborde d’intérêt en ce moment, mais pas seulement au niveau Francophone qui a ses limites.





# J’ai cru comprendre que le fanzine s’était plutôt bien exporté et cela aux quatre coins du globe. Les retours semblent également très encourageants puisque le premier numéro est aujourd’hui sold out. Outre une certaine satisfaction de voir son travail apprécié, est-ce que tu envisages d’augmenter le nombre de tirages pour la suite ? D’ailleurs, à combien d’exemplaires est tiré Echoes Of Death pour le moment ?

David: Oui complètement, des copies sont parti un peu partout dans le monde et dans des pays un peu "exotiques" comme Singapour, le Guatemala ou la Malaisie. Je n’aurais jamais imaginé envoyer des fanzines là-bas ahah ! Le premier numéro faisait forcément plus ou moins office de test car je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en terme de demande, j’en ai fait 150 qui sont à ma grande surprise partis assez vite (1 à 2 mois). J’ai du coup augmenté le tirage a 250 pour le numéro 2 et il m’en reste à l’instant T environ 70. Je pense avoir trouvé la bonne formule avec ce numéro 2 et continuer avec 250 copies par zine.





# Le délai de parution entre les deux numéros m’a semblé plutôt réduit. T’es tu fixé certains objectifs avec Echoes Of Death ? Est-ce que par exemple tu souhaites tenir un certain rythme entre deux publications ou ceci est à mettre sur le compte du confinement qui a favorisé des sorties plutôt rapprochées ?

David:Je ne me suis pas vraiment fixé d’objectifs, le zine est vraiment quelque chose que je fais avec plaisir et sans me mettre de pression sur les épaules, de deadlines ou quoi que ce soit. Même pour les groupes je ne donne généralement pas de deadline précise. Le délai entre les deux premiers numéros est court car, comme beaucoup de gens, je le me suis retrouvé début Mars avec beaucoup de temps libre. Le numéro 1 était déjà quasi bouclé à ce moment-là, j’ai pu le finaliser et l’imprimer début Avril et enchainer directement sur la rédaction du numéro 2 dans le même élan, ce qui nous a amené à la fin de l’été avec le numéro 2 quasi terminé.



# Le numéro 2 est comme je le disais paru il y a quelques semaines avec un menu particulièrement alléchant (Mercyless, Frozen Soul, Hyperdontia, Sépulcre, Sedimentum...). J’imagine qu’à l’heure qu’il est tu bosses déjà sur la suite ? Tu peux nous en dire un peu plus sur le contenu de ce troisième numéro ou c’est pour le moment classé secret défense ?

David: Au moment où je boucle un numéro, j’ai déjà quelques idées pour la suite ce qui me permet d’enchainer assez rapidement sur un nouveau numéro. Du coup, j’ai effectivement commencé à bosser sur un numéro 3 héhé. Je ne vais faire part que de ce qui est confirmé pour ne pas faire de fausses joies ahah, il y aura normalement UNDERGANG et OF FEATHER AND BONE qui viennent tous deux de sortir des albums de très bonne facture !





# À ce sujet, comment choisis-tu les groupes ou acteurs de la scène que tu vas interviewer et les disques que tu vas chroniquer ? Y a-t-il également un rapport quelconque à l’actualité ou pas du tout ? On trouve enfin au menu de chaque numéro - en tout cas pour le moment - au moins un groupe français. J’imagine que ce n’est pas un hasard ?

David: Je choisi le contenu selon plusieurs critères : celui de mes gouts personnels forcement, ce que j’ai commandé récemment et qui m’a vraiment plu pour les chroniques. Pour les interviews, l’actualité du groupe a aussi son importance pour moi car c’est au moment ou un groupe change de line up, enregistre quelque chose, prend une nouvelle direction artistique etc. que des questions se posent.



# Tu sembles également vouloir porter un regard le plus large possible sur la scène en choisissant de mettre également en lumière des labels (Lycanthropic Chants) ou des vidéastes (Stench Reel) ? Personnellement, je trouve que c’est une très bonne chose. Mais pourquoi ce parti pris ? Comptes-tu continuer par la suite à donner de la voix à d’autres acteurs que les groupes comme par exemple des illustrateurs ou organisateurs de concerts/tournées ?

David: L’underground vit bien sûr par les groupes mais pas que. Ce microcosme vit et existe à l’activité de nombreux acteurs autres que les groupes. Sans labels, sans distributions, sans bookers, sans tourneurs, etc. l’underground serait bien moins dynamique et intéressant qu’il ne l’est aujourd’hui. Je fais du coup volontairement ce choix de mettre en lumière ces personnes qui vivent leur passion avec autant de dextérité que les groupes, et font qui font indirectement vivre ce milieu.




# Comment prends-tu contact avec tous ces intervenants ? Par e-mail directement ? Est-ce que tous se prêtent volontiers à l’exercice ou as-tu déjà dû essuyer quelques refus ? Pire, des questions envoyées et restées sans réponse ?

David: Oui, le contact se fait essentiellement par mail et comme tu dois t’en douter certains sont plus réactifs que d’autres ! La plupart du temps, les groupes sont coopératifs et contents du soutien apporté mais il arrive que certains ne souhaitent pas se prêter à l’exercice pour X ou Y raisons que je peux comprendre. Il arrive aussi que les mails restent sans réponses mais je ne citerais personne ahah.




# Pour le moment, la ligne éditoriale est tournée à 100 % sur le Death Metal. Envisages-tu d’aborder d’autres genres plus ou moins proches ? Je pense par exemple au Thrash, au Heavy Metal ou au Grind qui sont des styles que tu apprécies également ?

David:Ce n’est pas impossible que des genres plutôt proches comme le Grind ou des trucs un peu plus Black/Death fassent leur apparition dans le zine ! Après il est important de garder une ligne éditoriale basée sur le Death Metal. Pour moi, aussi en tant que lecteur, j’apprécie le fait que cette ligne éditoriale soit clairement identifiable, ça permet de faire un tri rapide sur ce qui m’intéresse ou non dans le contenu par exemple.





# J’ai le sentiment que la scène underground ne s’est jamais aussi bien portée que ces dernières années avec tout un tas de nouveaux groupes ayant sous le coude des premières démos particulièrement convaincantes. Partages-tu cette impression ?

David: Clairement ! Et c’est aussi grâce à ça qu’ECHOES OF DEATH existe aujourd’hui ! Ce renouveau de groupes est vraiment impressionnant, il y a des tas de bons trucs qui sortent et c’est ça qui est vraiment motivant pour le zine, il y a matière à discuter, à partager, etc. !
Il y a des groupes qui sont vraiment en train d’exploser comme BLOOD INCANTATION, TOMBMOLD, UNDERGANG, qui motivent tous les autres et donnent une énorme impulsion a tout un genre musical.





# Je trouve que ces deux premiers numéros sont particulièrement soignés avec un certain souci du détail (qualité d’impression, qualité du papier, ces illustrations morbides qui servent de cadres à chaque nouvelle page, etc). Comment gères-tu la partie technique (mise en page, relecture, impression...) ? Enfin, pourquoi le choix du format A4 ?

David: Dès le début du projet, j’ai voulu faire les choses en grand et m’en donner les moyens. J’aime aussi beaucoup les fanzines format A5 en papier mat mais lorsque les illustrations le méritent c’est quand même mieux avec un plus grand format à mon avis ! Je gère toute la partie technique pour l’instant de la rédaction à l’impression et l’envoi du zine.




# D’ailleurs, avec les moyens bureautiques dont on dispose aujourd’hui, y-a-t-il toujours de véritables contraintes à la rédaction d’un fanzine ? J’imagine que l’on peut tout faire de chez soi sans avoir même à se déplacer ? Quelles sont finalement les plus grosses difficultés que tu as rencontré jusque-là sur ce projet ?

David:C’est sûr que comparé aux 80/90’s je suppose que c’est aujourd’hui beaucoup plus simple techniquement qu’à l’époque. Aujourd’hui tu as besoin d’une illustration tu peux chopper ça en 2 mn sur internet plutôt que de devoir la récupérer sur un disque, la photocopier, la recoller, etc. Clairement la partie graphique de nos jours prend moins de temps. La majeure difficulté pour moi, c’est l’autocritique et l’autocorrection... Quand tu passes plusieurs mois sur la rédaction, au moment de corriger et que tu as 50 pages c’est difficile de repérer les erreurs, les fautes de frappes, ou toutes les petites conneries qui peuvent se produire.





# Qui s’est chargé jusque-là de la partie graphique ? Comment se passe votre collaboration ? Est-ce que tu interviens dans le processus de création ou bien laisses-tu carte blanche ? Qu’en est-il de la suite, se fera-t-elle toujours avec la même personne ou envisages-tu de collaborer avec d’autres artistes par la suite ?

David: C’est Mariana, AKA Syrtis art, qui s’est occupée des cadres, de la première de couverture et du logo. Ses artworks et son style sont vraiment incroyables, pour moi c’était une évidence au moment où le projet s’est formé dans ma tête que ce serait à elle de gérer ça !
Généralement je n’interviens même pas dans le processus, les seules instructions sont plutôt basiques style "fais-moi un truc crade et gloomy" ahah.
Je suis hyper satisfait de notre collab, et si l’aspect graphique du zine est aujourd’hui aussi réussi c’est grâce à elle. Je n’ai du coup pas forcément de raisons de demander à quelqu’un d’autre dans un avenir proche.







# Dans les questions que tu poses aux personnes que tu interviewes, il est souvent fait mention du cinéma. Portes-tu un intérêt particulier pour le 7ème art ? Tu as d’ailleurs des trucs à conseiller sortis récemment ? Ou d’autres à éviter ?

David: Ah oui, pour moi le cinéma et la musique ont un lien fort l’un avec l’autre ! La B.O pour un film est super importante et il n’est pas rare que ces deux arts s’inspirent l’un de l’autre. Si on s’arrête sur le Death metal, les exemples sont légions avec des chansons directement inspirées de films d’horreur et même certains en faisant leur identité (MORTICIAN, IMPETIGO, ou si je prends des exemples récent, ACID WITCH, FULCI, CHAINED TO THE DEAD, etc.).

J’avoue que depuis le début de la crise sanitaire, je n’ai pu aller au cinéma qu’une seule fois et c’était pour une reprojection de SCANNER et de CRASH (de D. Cronenberg), du coup sur les trucs récents je n’ai pas grand-chose à conseiller (ou à déconseiller) malheureusement. De manière générale, j’ai même plutôt tendance à regarder des vieux films que je n’ai jamais vu plutôt que d’aller chiner dans les nouveautés.





# On trouve à l’intérieur de chaque numéro quelques publicités (Maggot Stomp, Extremely Rotten Productions, Me Saco Un Ojo, Lycanthropic Chants...). Est-ce que celles-ci participent au financement de tes impressions ou bien s’agit-il simplement d’un échange de bons procédés te permettant de profiter de plusieurs canaux de distribution à l’étranger ?

David: Cette promotion est basée à 100% sur le soutien. Je propose à ces labels de leur faire de la promo tout simplement car j’aime ce qu’ils sortent et qu’ils méritent qu’on leur fasse de la promotion. Elle est du coup gratuite, et souvent ces labels distribuent des copies, ce qui effectivement me permet de bénéficier d’une distribution à l’étranger, comme tu l’as très bien dit.





# Ces dernières années, on a vu fleurir tout un tas de nouveaux médiums : podcasts Metal, chroniques et autres vidéos sur YouTube, playlists Spotify, blogspots... continuant de mettre à mal la presse papier spécialisée (l’arrivée d’Internet dans les foyers et des webzines ayant été l’un des premiers facteurs). Que penses-tu de ces évolutions ? Trouves-tu une pertinence à cette multitude de nouveaux vecteurs d’informations ?

David: Tant que le contenu est bon, je ne suis absolument pas "contre" ces évolutions. Je regarde de temps en temps des reviews ou découvre des groupes sur YT. Tant que ces vecteurs servent à la bonne cause, je soutiens.





# D’ailleurs est-ce que la presse papier dite traditionnelle (hors fanzine) t’intéresse encore aujourd’hui et pourquoi ? Te semble t’elle toujours pertinente face à cette concurrence et ces contenus disponibles tout de suite, tout le temps ?

David: La seule presse traditionnelle que je lis encore régulièrement n’a rien à voir avec la musique, c’est Mad Movies pour le cinéma. Pour moi c’est tout simplement une question de contenu, ce qui m’intéresse n’est tout simplement pas/plus couvert par la presse mainstream, du moins en France. Au Royaume Uni ou aux US on voit quand même des bons trucs avec Iron Fist ou Decibel magazine.





# Penses-tu à ce sujet qu’il existe, comme le pense certains, une sorte de fossé générationnel entre les personnes attachées aux fanzines, magazines papier et, dans une moindre mesure aux webzines, et ces communautés qui ne jurent plus que par YouTube pour découvrir de nouveaux groupes ? Est-ce que tu prêtes d’ailleurs une attention particulière à ce type de "nouveaux" contenus ?

David: Je ne pense pas qu’il existe réellement de fossé générationnel, de la même façon que les gens qui achètent des disques ou des cassettes ne sont pas forcément tous des vieux de la vieille. Au contraire, j’ai même l’impression que les groupes formés plus récemment suscitent plus l’intérêt des gens de la même génération 25-35 ans plutôt que ceux qui étaient là en 90 et restent un peu bloqué dans ce qu’ils ont connus. Evidemment, tout le monde n’est pas comme ça, c’est plus un ressenti perso.





# Quel est selon toi l’état du fanzinat aujourd’hui en France ? J’ai l’impression que malgré une scène hexagonale en très bonne santé ces dernières années, il y a finalement assez peu de fanzines encore en activité aujourd’hui. Sais-tu s’il en est de même dans les autres pays d’Europe ?

David: En France on a plein de bons groupes mais je pense qu’on manque de tous ces acteurs « de l’ombre », essentiels pour faire vivre une scène. C’est mon analyse et elle n’engage que moi mais je pense qu’on manque de petits labels, on manque de tourneurs, et c’est pareil pour les zines. Si on regarde les groupes UG français, ils signent tous à l’étranger (Invictus, Hell’s Headbangers, Iron Bonehead, Dying Victims, etc.), au niveau des bookers c’est compliqué car les salles de concerts ferment les unes après les autres. Tout c’est un peu un serpent qui se mord la queue car le manque de dynamisme d’une scène entraine une perte d’intérêt du public, ce qui fait qu’il y a moins de monde aux concerts, ce qui fait que les groupes locaux n’arrivent pas à sortir du cocon, les gens ne se motivent pas à bouger, etc.
Heureusement il faut souligner le travail de quelques irréductibles comme le Court of Chaos, ou le Pyrenean Open Air qui soutiennent les groupes français et font vraiment du bien à cette scène.

Pour ce qui est des fanzines Français, c’est vrai qu’il est difficile d’en citer beaucoup... Comme ça je nommerais Desecration qui propose un contenu assez varié (un 4e numéro sur le Rock Prog), Acid Vicious en format A5. Je crois qu’In Extremis est toujours là aussi.
Il y avait avant Cryptic Propaganda qui proposait quelque chose de vraiment qualitatif mais qui n’a sorti que 2 numéros.

Si je prends l’exemple de l’Allemagne, j’ai le sentiment qu’il y a quand même plus de choses, j’ai pu faire quelques échanges avec Feed the Beast qui propose un magazine hyper soigné graphiquement et un super contenus, Necromaniac qui a sorti le mois dernier son 10e numéro avec une 100aine de page, ou encore By the Axe Rule avec un contenu hyper riche (interviews, reviews, chroniques diverse, etc.).




# J’imagine que tu dois lire également quelques fanzines de ton côté ? Quels sont ceux qui ont retenu ton attention ces derniers temps ? Est-ce que tu t’intéresses sinon à ces vieux fanzines d’époque réédités sous forme de collection (je pense à Slayer Magazine ou Deathvomit par exemple) ?

David: Exact ! La réédition intégrale des Slayer Mag est la Bible du fanzinat haha ! Mais oui, bien sûr je m’intéresse à ce qui ce fait aujourd’hui (dont mes préférés sont Frozen Screams, Feed the Beast, Tough Riffs, Morbid Writes, et le PutriZine d’Extremely Rotten bien sûr !) autant qu’à ce qui s’est fait dans un passé plus ou moins proche ! C’est cool que certains zines soient réédités, et pour les trucs moins connus on trouve aussi des scans sur le net, ca m’arrive même de me les réimprimer et de me faire mes propres rééditions pour moi ahah.





# Enfin, quel est ton avis sur les webzines aujourd’hui ? J’ai souvent l’impression, quand je lis certains commentaires sur Facebook par exemple, que les gens nous prennent pour des journalistes auto-proclamés crachant leur bile par simple frustration et manque de talent alors qu’au final j’estime que pour la plupart nous essayons simplement d’apporter notre pierre à l’édifice, aussi mince soit-elle.

David: Les personnes derrière les fanzines ne sont pas plus journalistes que les chroniqueurs derrières les webzines, la démarche de fond est grosso modo la même je pense, seul le support change. Je vois de quoi tu parles haha et c’est peut-être plutôt l’attitude de certaines personnes qui dérange, plus que le fait qu’ils chroniquent des trucs en ligne ou quoi... Comme je l’ai dit tout à l’heure, pour ma part, je n’aime pas trop entamer des lectures trop longues sur écran. Quand le fond du sujet me plait, j’aime que les formes soient avec, que ce soit pour la musique, la lecture, le cinéma etc.





# En dehors du fanzinat, tu joues également dans le groupe Savagery qui a sorti en septembre dernier son premier EP intitulé ...Off The Ruins. Tu peux nous en dire un peu plus à ce sujet ?

David: Yes ! SAVAGERY est un groupe de Thrash metal influencé par la vieille garde des années 80 évidemment, mais aussi par la scène Hardcore de ces mêmes années. Notre premier EP contient 3 compos et une reprise de TOXIC HOLOCAUST et il est sorti en cassette via le label allemand Dying Victims, que tout amateur de Heavy ou de Thrash se doit de connaitre (Si ce n’est pas le cas, allez y jeter un œil, vous ne le regretterez pas !).





# Savagery est né des cendres de Deathroned avec un line-up au trois quart identique. Qu’est-ce qui vous a poussé à en rester là avec votre groupe précédent et à poursuivre l’aventure sous un autre nom dans un registre similaire ?

David: Flo ne pouvant plus se donner à 100% avec le groupe pour pleins de raisons, on a voulu continuer a 3. C’était du coup l’occasion de faire table rase du passé et de repartir sur une base neuve avec un nouveau nom, une nouvelle identité, et une ouverture à d’autres sources d’inspiration.





# Comme vous ne pouvez malheureusement pas jouer ces morceaux sur scène actuellement, est-ce que vous avez déjà commencé à travailler sur de nouvelles compositions ? C’est quoi la suite pour vous ?

David: On attend avec impatience de pouvoir remonter sur scène et jouer les nouveaux morceaux et on bosse sur de nouvelles compos pour un deuxième EP qui sera la suite directe de Off the Ruins.... Le process de composition est plutôt bien entamé, mais la crise sanitaire nous empêche de répéter, se voir, etc. ce qui ne rend pas les choses faciles...





# Comment s’est fait la rencontre avec les Allemands de Dying Victims Productions ? C’est plutôt cool d’avoir pu sortir un disque sur ce label sérieux à la réputation solide. Du coup quels sont les échos suite à la sortie de ...Off The Ruins ?

David: Je suis en contact avec le label depuis le split de DEATHRONED avec MORTAL SCEPTER. Pour la petite histoire, ce split devait sortir à l’origine en 2017-2018 chez Witches Brew, mais le deal est tombé à l’eau suite au triste décès du mari de Cheryl. J’ai, suite à cet évènement, démarché plusieurs labels dont Dying Victims qui a vraiment réagi positivement à notre musique. Lorsqu’on a enregistré Off the Ruins, il m’a semblé normal de lui proposer la sortie. C’est effectivement quelqu’un de sérieux, qui sort énormément de bon trucs et je suis très satisfait de notre collaboration ! Jusqu’ici les retours sont excellents, le seul point noir est de ne pas pouvoir promouvoir l’EP en live.





# L’artwork et le logo de ce premier EP sont signés Dark Dungeons Atelier. J’aime beaucoup ses illustrations ainsi que ses ré-interprétations du passé. Qu’est-ce qui vous a poussé à faire appel à lui ? J’imagine que vous êtes on ne peut plus satisfaits du résultat ?

David: Un pote avait fait appel à lui pour un de ses projets et nous en a parlé, on a regardé un peu ce qu’il faisait et on a vraiment aimé son style ! C’est exactement ce qu’il nous fallait pour SAVAGERY.





# Avant de terminer et puisque c’est l’heure des bilans de fin d’année, pourrais-tu nous dire quels sont tes coups de cœur, découvertes et déceptions pour 2020 ? As-tu déjà des attentes particulières pour l’année prochaine (si ce n’est retourné assister à quelques concerts) ?

David: Hum, on va commencer par les coups de cœurs, un SODOM qui retrouve de l’inspiration, une scène Death Metal explosive cette année (FACELESS BURIAL, BLACK CURSE, UNDEATH, UNDERGANG, etc.), une scène française qui garde des couleurs (SKELETHAL, SEPULCRE, LIQUID FLESH, PUTREFIANCE, etc.). Pour les déceptions, l’annulation des concerts, festivals, la difficulté dans laquelle se trouvent tous les travailleurs du spectacle, et le report de l’Euro 2021 haha.

En dehors de la reprise des concerts et du retour du fun dans la vie, j’aimerais beaucoup que 2021 voit le jour d’un nouvel EP de CREMATE et du nouvel EP de SAVAGERY. Pour ce qui est du zine, il y aura un numéro 3 et on verra ensuite héhé.





# Voilà, je ne vais pas te tenir la jambe plus longtemps. Je te laisse ainsi le soin de conclure cette interview en précisant par exemple à nos lecteurs intéressés où se procurer un exemplaire de Echoes Of Death et ainsi supporter l’underground ? À bientôt David !

David: Merci Greg de m’avoir donné de l’espace pour m’exprimer, pour ceux qui seront assez courageux pour aller jusqu’au bout de l’interview et qui souhaiteraient se procurer un fanzine, vous pouvez me contacter directement par mail à echoesofdeathfanzine@gmail.com ou l’acheter en direct via ce lien : https://echoesofdeathfanzine.bigcartel.com/

Long live the loud.

6 COMMENTAIRE(S)

Charon Del Hadès citer
Charon Del Hadès
12/01/2021 22:35
Je me suis souvenu de Deathroned à la lecture de l'interview. J'avais pu les voir en première partie de Thrashback à l'époque, à Lorient. De bons souvenirs ma foi.
Dysthymie citer
Dysthymie
11/01/2021 18:56
Bonne interview très complète et qui donne encore plus que jamais envie de soutenir Sourire
Le numéro 3 annonce du bon !
AxGxB citer
AxGxB
11/01/2021 17:40
LeMoustre a écrit : Commandé du coup. Merci

Cool ! Bonne lecture.
Et merci pour vos retours positifs Sourire
LeMoustre citer
LeMoustre
11/01/2021 17:29
Commandé du coup. Merci
Jean-Clint citer
Jean-Clint
11/01/2021 16:14
Interview passionnante qui montre que l'underground ne s'est jamais aussi bien porté et que le format papier (quoi qu'on en dise) reste encore bel et bien vivant ! Bon vent à eux pour la suite de leurs aventures ! Sourire
ERZEWYN citer
ERZEWYN
11/01/2021 13:05
Félicitations à Dave et Mariana et longue vie à leur projet ! Deux passionnés (et deux belles personnes au passage !) à qui je souhaite le meilleur !
L'évocation de Rikk Kunt me plonge dans de délicieux souvenirs !

Merci Greg pour cette interview et le relais !

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