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Ragnard Rock Festival 2015 - 2ème jour

Live report

Ragnard Rock Festival 2015 - 2ème jour Celtibeerian + Malmort + Mercyless + Negură Bunget + Nydvind + Primordial + Skálmöld + Skox
Le 18 Juillet 2015 à Simandre-sur-Suran, France
Bonjour mes gougnafiers, avez-vous bien dormi ? C'est le cas pour nos deux camarades, Ikea le bourdon (qui devrait vraiment faire quelque chose pour régler ses problèmes de ronflements sonores) et Dysthymie la voleuse (qui pourrait arrêter de piquer la place des autres quand elle dort). Il faut dire qu'après une journée pleine de soucis, entre retard, annulation de groupe, bière chaude et bénévoles en sous-nombre, il y avait de quoi être éreinté ! Mais ne vous en faites pas mes pétochards, car voici déjà nos héros sortant de leur tente, constatant avec surprise que la pluie est tombée dans la nuit, rafraîchissant l'ambiance. Mais ce mauvais temps, bien que salvateur, ne serait-il pas annonciateur de présages non meilleurs ? Comment ? « Non meilleurs » n'est pas français ? Je narrationne comme je veux, ok ? Alors, chut ! D'ailleurs, il est temps de se mettre en retrait et d'écouter, une nouvelle fois, nos deux olibrius.

L'ouverture (Par Dysthymie)

Ah ! Un bon petit orage ! Que demander de plus pour passer une excellente nuit et se réveiller, le samedi matin, tranquillement à la fraîche ? Cependant la joie fut de courte durée avec un soleil de plomb reprenant rapidement ses droits et une personne de l'organisation venant nous informer que ledit orage a occasionné des problèmes techniques sur le site (une partie du festival ayant dû être remonté), qui ouvrit ses portes plus tard que prévu, à savoir 12h (après inspection de la commission de sécurité). Suite au concert de Wardruna la veille, sur la grande scène Odin, nous pensions que tout allait enfin rentrer dans l'ordre et bien non ! Nous prîmes donc notre mal en patience, comme les autres festivaliers, allant nous restaurer auprès de l'utilitaire – un des bons points de ce festival –, récupérer des affaires dans la voiture, retirer des sous ainsi que faire des emplettes dans les villages voisins ou encore prendre une douche froide – qui finalement resta gratuite et ouverte H24. Notre petit groupe a passé ensuite le temps à bavarder à l'ombre pendant que d'autres allèrent se baigner dans la rivière jouxtant le camping. Midi approchant et du son provenant du site, nous nous sommes dirigées avec une collègue vers l'entrée principale pensant que l'accès serait bientôt autorisé. Mais tout comme vendredi, les minutes s’égrenèrent, attendant une nouvelle fois en plein cagnard et cherchant avidement un peu d'ombre. Le spectre de la veille a vite refait surface et je perdis peu à peu patience m'épanchant sur les réseaux sociaux – le mal. Heureusement un peu de recul et des réactions assez violentes de la part de certaines personnes m'ont fait relativiser, tournant en dérision nos déboires ainsi que ceux de l'organisation. La salve de concerts devait débuter à partir de 10h mais ce n'est qu'aux alentours de 12h45 que nous passâmes l'entrée, toujours parmi les premiers. Alors que l'on se hâta de traverser le premier terrain afin de vite rejoindre les scènes et voir la prestation de Nydvind, les premières notes nous sont parvenues. C'est plutôt dégoûtée et pressée que j'ai donc atterri devant Odin, rejoignant deux autres compères.

Malmort – Nydvind

Ikea : Après un retard conséquent, Malmort investit les planches de la scène Odin. Le groupe, qui contient non moins que trois membres de Evohé, fait tout pour emmener avec lui un public clairsemé avec son black metal froid et rageur. Cependant, trop classique voire téléphonée, la musique des Français ne m'aura qu'à moitié convaincu malgré une prestation impeccable. Difficile d'entrer dans l'ambiance nocturne à corpsepaint de Malmort quand il fait plein jour et plus de 30 degrés ! Quelques accélérations et riffs massifs m'auront tout de même fait rester jusqu'au bout, jusqu'à me faire headbanguer sans déplaisir. Ce qui, pour une formation dont je n'attendais rien, n'est pas tout à fait un échec, bien qu'elle ne m'ait pas enthousiasmé outre-mesure.

La faim me poussant à aller me ravitailler aux food trucks (à la nourriture excellente et à prix abordable, clairement une réussite du festival), c'est de loin que j'entends jouer Nydvind. Dommage, tant son black metal mélodique m'a paru intéressant ce jour-là. Argh.

Dysthymie : Oh ! surprise, ce n'est pas Nydvind mais Malmort qui fut en charge de lancer cette seconde journée, laissant présager que ce samedi serait autant épuisant que la veille. De Malmort je n'avais pas gardé un souvenir impérissable de leur live effectué à La Penne-sur-Huveaune en 2012, devant 10 pelés tondus, dans une salle pas forcément réputée pour ses affiches ni même pour la clarté du son. Et c'est devant un parterre encore très clairsemé – le site venant tout juste d'ouvrir – que la formation déverse son fiel avec un black metal plutôt basique tant froid que rageur. Première constatation : tous les musiciens portent des corpse paint – dégoulinant au fil des minutes – et sont vêtus de perfectos en cuir noir... aux environs des 13h, en plein soleil avec une température dépassant largement les 30°C. Deuxième constatation : le frontman Reicheran a clairement pris du galon avec les années, gagnant en assurance et en puissance. Entouré de musiciens aguerris, dont trois sont membres de Evohé (cf. le report de la première journée), le set est très professionnel. Les titres sont exécutés avec ferveur par le quintet, dont le jeu de scène arrive à nous accrocher, finissant même par fédérer une partie du public – dont les rangs ont quelque peu grossi au fil du temps. Avec des riffs aussi massifs qu’accrocheurs, il est difficile de ne pas se laisser aller à headbanger, jeu auquel je me suis d'ailleurs facilement prêtée. Néanmoins si j'ai passé un agréable moment durant le set de Malmort, il manquait un petit quelque chose pour véritablement me toucher. Les compositions pêchent par un manque d'originalité et la personnalité du groupe est encore bien trop timide afin de pouvoir véritablement sortir du lot, malgré un fort potentiel.

Soudain, une lumière. Nos deux héros furent balayés par une force d'une ampleur divine. Les yeux embués de larmes par la douleur de contempler un être aussi beau, ils ne purent que susurrer une modeste demande, faite dans la crainte d'éveiller le courroux de cette perfection terrible se tenant devant eux. « Qui êtes-vous, Grandeur plus sublime que les mythologies grecque, romaine et nordiques réunies ? » demandèrent-ils. « Chris, Dieu des Thrashoköriens » répondit avec générosité l'ultime entité. « Je viens voir comment ça se passe car le festival a l'air cool » ajouta l'homme au dessus des hommes avec magnanimité. Plus tard, Chris écrira quelques mots laissés à lire pour les générations futures, seuls témoins de cette expérience mystique. Les voici :

Chris : AINSI DONC…hum…Ainsi donc, j’étais arrivé sur le site du RAGNARD ROCK. Le ciel salua mon arrivée par un resplendissant soleil, 3 femmes tombèrent enceintes, et de la bière apparut naturellement dans tous les godets, fraîche évidemment. Une fois les miracles achevés, je pus fendre la foule (ou plutôt, la foule s’ouvrit sur mon passage, tel un Moïse traversant la Mer Rouge ou un SDF sur un quai de métro) en direction de la scène Thor sur laquelle officiait CELTIBEERIAN, une sorte de FINNTROLL du pauvre ayant troqué sa bière pour du gaspacho (sont Espagnols, quoi). L’enthousiasme des musiciens et leur plaisir de jouer sur cet événement semblaient naturels et leur envie communicative. Le public semblait découvrir le combo mais leur accorda malgré tout un accueil enthousiaste. Malgré quelques mélodies faciles déjà entendues ici et là, tout fût exprimé avec suffisamment d’entrain pour faire bouger quelques crânes, et ce fût une bonne mise en bouche pour démarrer cet après-midi.

A peine avais-je tourné le dos à la scène qu’Ikea et Dysthymie, mes bienveillants disciples, firent leur apparition. « Non, non, ne vous agenouillez pas, c’est plein de boue » leur dis-je, plein de mansuétude. « Oui, mon Dieu » répondirent-ils. « Restons simple. Appelez moi Maître, cela suffira ». « Oui, Maître » dirent-ils à l’unisson. Ensemble, nous nous dirigeâmes ensuite vers l’autre scène où officiait SKOX, que je découvris là aussi ce jour. Changement de registre complet, avec un Thrash / Death bien burné qui me fit le plus grand bien après les mélodies parfois trop guillerettes de CELTIBEERIAN. SKOX, c’est un peu Power, un peu Death et beaucoup de Thrash, pour une originalité certes moyenne, mais une efficacité décuplée. Des zicos qui là aussi prennent leur pied (chapeau aux gratteux qui jouaient avec un grand sourire), un chanteur qui harangue (malheureusement sans trop de succès) le public, et un set expédié en 45 mn mais bien brutal et bruyant comme je l’aime. Coup de cœur, en plus ce sont des Lyonnais.
 
Ma présence Divine semblait avoir contrarié les éléments, qui pour se venger des effets bénéfiques de ma présence tentèrent de noyer le RAGNARD ROCK sous des trombes d’eau pendant le set de MERCYLESS. Fort heureusement, ma présence fit que les gouttes nous évitèrent soigneusement, moi-même et mes 3 disciples (vous ais-je parlé de Sir Boris, mon fidèle acolyte ? Non ? Et bien voilà c’est fait), pour tomber en groupe sur un chroniqueur d’un webzine concurrent, qui mourut noyé avant la fin du second morceau de MERCYLESS. Lequel MERCYLESS, comme me le décrit IKEA, est un « MORBID ANGEL à la Française ». Effectivement, les influences sont bien là, notamment dans des solos apocalyptiques malheureusement desservi par un son très moyen. Une bonne prestation, avec juste ce qu’il faut d’échanges avec le public, mais j’ai été moins réceptif que je ne l’aurais pensé.

Je ferai l’impasse d’un live report sur BEYOND THE STYX, n’ayant aucune affinité avec le style pratiqué (trop typé Djent / Core pour moi) ; mais on leur reconnaîtra une exécution parfaite et une certaine prestance scénique. Et vous n’aurez pas non plus de report de NO RETURN ou d’ARTILLERY, nous étions parti nous restaurer et soutenir cette première édition du fest à notre manière : en achetant et buvant de la BIERE.

Laquelle BIERE me mit en condition (Divine, bien entendu) pour retourner auprès des scènes alors même que SKALMOLD attaquait son set à la nuit tombée. Et comme on dit vulgairement : j’ai kiffé. Oui, j’ai kiffé, car j’ai découvert ce soir là un groupe qui, sous des travers d’énième bande de troubadours aux mélodies folkisantes, a une âme (ce qui manquait certainement un peu à CELTIBEERIAN), et a davantage à proposer que de simples mélodies catchy à souhait (bien que j’aime ça, moi, les mélodies catchy). J’ai encore en tête ce « Kvadnind » (j’ai triché avec Youtube, oui monsieur l’agent), qui est devenu pour moi le meilleur moment du festival, à voir le public danser sur cette mélodie si basique mais entraînante, et ce morceau qui ne fait pas du tout subir sa pourtant relativement importante durée (quasi 10 mn). Une fois acclimaté aux paroles en islandais et au chant tout court, il suffisait de se laisser porter. Avant, pour moi l’Islande en matière de métal se résumait à BENEATH (de l’excellent Brutal Death chroniqué ici même par Keyser, coup de cœur 2014), j’aurai désormais un autre nom à y ajouter.

D’origine divine ou pas, malgré tout la fatigue commençait à se faire sentir alors que NEGURA BUNGET débutait son set vers 22h30-23h. J’avoue ma méconnaissance du combo, n’ayant qu’ « Om » dans ma discothèque, que je considère comme culte, dans le sens « tellement culte que je ne l’ai jamais écouté en entier, mais je le garde religieusement des fois qu’un jour j’ai le déclic qui viendra forcément puisque, hey, c’est un album culte »), donc oui, ce genre de culte là. Alors, je ne sais pas si c’est la mauvaise digestion des frites ou un léger dégoût de la bière SKOLL que j’avais eu le malheur d'essayer, mais je me suis ennuyé comme un rat mort pendant l’heure du set de NEGURA BUNGET. Je laisse donc mes condisciples (ceci n’est pas une insulte) vous narrer peut être mieux que moi ce moment qui aurait pu être d’anthologie (puisque NEGURA BUNGET c’est « culte »).

Place aux maîtres de la soirée, ceux pour qui j’avais pris mon billet à la base : PRIMORDIAL. Initialement devant jouer à 0h, ils attaqueront finalement leur set, avec le retard accumulé, vers 1h30 de mémoire. Peu importe, nous sommes au 1er rang, la nuit est là, pas de déluge, la messe peut démarrer. A.A. Nemtheanga est coiffé de son habituelle capuche, et le Personnage (la Majuscule est méritée) est à la hauteur de sa réputation : juste « too much », comme la musique de PRIMORDIAL en quelque sorte. Théâtral, plein d’emphase, fermant les yeux sur les paroles comme s’il les déclamait pour la première fois, il est le point d’attraction sur lequel tous les regards se rivent, bien que ses acolytes ne déméritent pas question prestance. Quand on joue une musique aussi sombre, il peut être tentant de jouer le groupe non communicatif, renfermé sur lui-même : c’est l’optique inverse qu’a adopté PRIMORDIAL, A.A. Nemtheanga ne cessant de haranguer le public, parfois un brin endormi sur les côtés. Cela paie systématiquement, et c’est en levant son poing en rythme que la foule accompagne la fin d’« Empire Falls », dernier titre d’une set list très généreuse, dont ce poignant « The Coffin Ships » (même si je n’ai pas été pris aux tripes comme sur la version studio, étrangement). Les quelques tentatives de communication avec le public tomberont malheureusement à plat (« Is there anyone here with Irish Blood ? » introduisant « The Coffin Ships » *silence de mort* « that’s OK, we have enough on stage » *soupir*), mais qu’importe nous sommes là pour l’ambiance, la musique. Et c’est ce que nous aurons, de la plus belle des manières, avec un set s’achevant en beauté vers 3h, sans rappel mais n’aurait-ce pas été de trop ? « Quel CHARISME », dis-je en fin de concert à IKEA, qui séchait alors ses larmes (ce garçon est très émotif). « Oui Maître, il faut le reconnaître, ce chanteur sait occuper une scène » « Non, je parlais de Moi. » « Ah oui pardon Maître ». C’est sur cette Divine Parole que je disparus doucement de son champ de vision, me téléportant (en Clio 4) vers un plan d’existence que vous autres mortels ne pouvez imaginer. Bravo le RAGNARD ROCK, tu m’as contenté, divulgue moi rapidement ton affiche 2016 et en fonction tu m’y reverras certainement.

1. Where Greater Men Have Fallen
2. Gods to the Godless
3. Sons of the Morrigan
4. Bloodied Yet Unbowed
5. The Coffin Ships
6. As Rome Burns
7. No Grave Deep Enough
8. Babel's Tower
9. Wield Lightning to Split the Sun
10. Empire Falls

Voici la vérité universelle qu'écrivit Chris. Un texte à compulser pour les âges à venir, qui créera dissensions, écoles et guerres saintes, à n'en point douter ! Pour les quelques hérétiques qui souhaiteraient tout de même connaître l'avis de nos deux héros désormais convertis, voilà ce qu'ont à dire Dysthymie la sainte et Ikea le croisé sur cette journée :

Mercyless

Ikea : Pour être franc, je n'attendais qu'une poignée de groupes jouant au Ragnard Rock Festival. Mercyless en faisait clairement partie, le souvenir de son excellent passage en 2012 à Strasbourg (report de Keyser à lire ici) m'ayant grandement poussé à me rendre à Simandre-sur-Suran. Et si ce concert n'égalera pas celui donné au Molodoï (la faute à un son ne faisant pas honneur aux leads de la formation), c'est de nouveau avec plaisir que j'ai vu jouer Max Otero et sa bande, toujours dotés d'un charisme à toute épreuve. C'est que les Mulhousiens savent donner ses lettres de noblesse au death metal old school par une interprétation sans fioritures et une musique qui, sans cacher son amour pour Morbid Angel, contient tout ce que le mort metal a de furieux, psychédélique et gluant. Le public ne s'y est d'ailleurs pas trompé, venant en nombre de façon satisfaisante étant donné la place d'intrus qu'avaient les Alsaciens sur une affiche majoritairement Pagan. Au final, un véritable retour en arrière, comme le dira un ami convaincu par la participation de Mercyless ce jour-là, dont le point d'orgue a sans doute été le titre « Abject Offerings » tiré de l'album du même nom, paru en 1992 et réédité cette année par Great Dane Records. À une prochaine fois !

Dysthymie : Après avoir écouté le set de Nydving de loin avec regret – mais soulagée par le fait que les deux scènes soient opérationnelles – dû à un passage de relais des plus courts avec Malmort et une faim me tenaillant le ventre, je ne reviens devant la scène Odin que quelques heures plus tard pour regarder la prestation de Mercyless. Ayant pris une bonne claque il y a deux ans à la Secret Place – près de Montpellier – lors du Adieu Dead Church, je me faisais une joie de les retrouver au Ragnard Rock. Ce sera de même l'occasion de voir le nouveau guitariste Gautier Merklen, frère du bassiste, à l’œuvre suite au départ de Stéphane Viard, membre emblématique de la formation, pour problème d'acouphènes. Et c'est parti pour le set qui va être mené tambour battant porté par un Max Otero au charisme toujours aussi imposant. Les riffs fusent tant puissants qu'incisifs à briser toutes les nuques de l'assistance malgré un son de basse trop écrasant ne permettant pas de discerner toutes les subtilités des lignes de guitares. Néanmoins cela ne trouble en rien l'efficacité du death old school de Mercyless qui arrive aisément à m'ensorceler par ses ambiances sombres et rampantes à la Morbid Angel, notamment lors des passages moins véloces. Le quatuor alterne brillamment titres récents, tirés de Unholy Black Splendor, qui une nouvelle fois ne dépareillent pas aux côté des plus anciens tel que le rouleau compresseur « Abject Offerings ». Un très bon live réalisé avec sobriété devant un parterre plutôt fourni et réceptif mais qui aura été relativement court. De plus, ce dernier m'aura nettement moins marquée qu'en 2013, préférant largement les voir en salle avec un public plus investi.

Puis vint la coupure salvatrice, allant prendre une bonne douche froide avant de me caler sur le premier terrain sous les tonnelles, face au bar, afin de boire une bière bien fraîche – de la Kro mais bon à côté de la Skoll... J'en profite aussi pour regarder les différentes échoppes vikings proposant cornes, objets en cuir (sacs, gourdes, masques, armures,...), poterie, alcools ou encore pièces de monnaie réalisées sur place. D'ailleurs moult festivaliers portèrent des tenues ou accessoires médiévaux durant le Ragnard Rock donnant un peu plus l'impression d'être coupée du monde réel.

Skálmöld – Negură Bunget

Ikea : Après avoir péniblement subi Skálmöld (désolé à ceux appréciant le viking metal festif des Islandais – visiblement nombreux au Ragnard Rock, vu la foule s'étant amassée pour les voir – mais j'ai eu pour ma part l'impression d'entendre Kvelertak sans ses bons côtés), je prends le temps d'acheter une bière puis de me placer pour assister au concert de Negură Bunget. Inconnu au bataillon malgré un Om ayant fait grand bruit à sa sortie, c'est avec curiosité que je découvre le black / folk des Transylvaniens. Et si je me laisse aisément porter par les passages les plus ambiancés des titres joués ce soir-là, brumeux et inquiétants comme les origines de la formation des Carpates le laissent à penser, la longueur de l'ensemble m'aura laissé un peu fatigué. La musique de Negură Bunget m'a donné la sensation de mal se prêter au live, ses morceaux s’enchaînant difficilement (impossible d'être convaincu par les quelques montées de ton, rendues inoffensives par un son manquant de puissance dans ces moments-là) et le groupe ne semblant pas particulièrement pris dans l'instant. C'est malgré tout avec une envie d'aller plus loin dans ma connaissance de la discographie des Roumains que je suis sorti de l'heure passée en leur compagnie, les quelques éclairs de beauté entendus ici ou là m'ayant convaincu de leur donner une chance sur disque.

Dysthymie : De retour côté scènes en début de soirée, j'écoute de loin le set de Skálmöld jetant de temps à autre quelques coups d’œil par curiosité. Et une nouvelle fois, j'ai du mal avec le viking/folk metal – et consorts – festif et léger, aux compositions plutôt basiques qui fait néanmoins ici le bonheur d'un grand nombre de festivaliers. Mais assez parlé des Islandais, place maintenant aux Roumains de Negură Bunget pour lesquels je me déplace donc en mode « Nature et Découvertes ». Effectivement je n'ai jamais trop suivi ce groupe ou creuser plus que ça en dépit d'un Om classieux, me demandant si leur musique allait me surprendre en live. Le quatuor débarque sur les planches de Odin avec un Tibor Kati parfait dans son rôle de meneur de cérémonie habité, alternant entre guitare et percussions – allant jusqu'à faire tomber un de ses marteaux. Cependant malgré un set délivré avec envie je n'arrive pas à m'immerger dans l'univers à la fois feutré et païen du groupe, comme moult personnes quittant la fosse au gré des titres. Est-ce le manque de richesse des compositions dû à un son moins lisible, un manque de samples et d'instruments traditionnels ? Un jeu scénique plutôt pauvre ? La fatigue engendrée par la chaleur étouffante ? Toujours est-il que j'ai souvent décroché, m'asseyant même sur la pelouse du site. Seuls les deux derniers morceaux joués, très atmosphériques et captivants, ainsi que le passage le plus folk arriveront à me sortir de ma torpeur mais cela reste bien trop peu pour réellement marquer les esprits.

Primordial

Ikea : Une des raisons avec Nokturnal Mortum, Mercyless et Enslaved pour lesquelles j'avais fait le déplacement, Primordial était attendu avec impatience de mon côté. Grand amateur d'albums comme The Gathering Wilderness et To The Nameless Dead, je ne voulais pas passer à côté de l’opportunité de voir la troupe de Nemtheanga sur scène, surtout après avoir entendu de nombreuses personnes charmées par le charisme du chanteur. Et qu'est-ce qu'elles ont raison ! Grimé de blanc, excessif, fédérateur et en même temps capable de donner une version live impeccable de son chant tour à tour étranglé et vindicatif, Alan Averill est si impressionnant qu'il captive le regard, laissant à ses camarades un rôle de soutien. Si la part belle a été faite aux titres les plus récents des Irlandais (issus de Where Greater Men Have Fallen), la présence de quelques anciennes compositions m'a ravi, à commencer évidemment par « The Coffin Ships », morceau-phare de The Gathering Wilderness conservant sa puissance émotionnelle en live (traduction : j'étais à deux doigts de chialer comme une fillette), mais aussi les prenantes « Empire Falls » et « As Rome Burns » tirées de To The Nameless Dead. Il y a eu également « Bloodied Yet Unbowed » ainsi qu'un morceau de Storm Before Calm (dont le nom m'échappe, désolé) ce soir-là, montrant que Primordial a fait le choix de prendre dans l'ensemble de sa discographie, au grand bonheur du public présent en masse (des acclamations ayant souvent introduit ces retours vers le passé). Si le son n'a pas toujours été à la hauteur (passant parfois sans raisons apparentes à une voix trop en retrait ou une basse trop mise en avant), la performance généreuse de Primordial (et surtout de son leader) semble avoir convaincu les festivaliers, tous applaudissant à la fin du concert. Une journée clairsemée qui a donc fait place à une soirée placée sous le signe de la fête, ce qui paraissait être en ce deuxième jour une constante du Ragnard Rock.

Dysthymie : Comme pour Mercyless, passé quelques heures avant sur Odin, je me faisais une joie de revoir Primordial pour cette première édition du Ragnard Rock Festival. Certes leur prestation au Summer Breeze 2013 était parfaite en tout point et j'ai du mal avec leur dernier album mais je n'aurais raté la performance des Irlandais pour rien au monde ! Qui plus est j'étais assez curieuse d'entendre les nouveaux titres en live, souhaitant qu'ils prennent une toute autre dimension. Et ce fut le cas pour « Babel's Tower », ballade tant poignante que mélancolique, qui a véritablement explosé ici par une puissance accrue, rejoignant aisément le rang des morceaux les plus épiques du groupe. Néanmoins les autres ne me feront pas le même effet, cassant même le rythme du set réalisé. Heureusement la formation pioche également, de-ci de-là, dans Storm Before Calm, The Gathering Wilderness, To the Nameless Dead et Redemption at the Puritan's Hand. Et si je n'aurais pas eu droit à la fabuleuse « The Gathering Wilderness », je suis au septième ciel à l'écoute de la non moins excellente « The Coffin Ships », transcendante à souhait. Ajoutez à cela le show très expressif et théâtral – juste ce qu'il faut – délivré par A.A. Nemtheanga, collant parfaitement avec la musique du combo et le décor est posé. Le guitariste et le bassiste passeront même au second plan tant le frontman attire tous les regards – se versant régulièrement de l'eau sur le crâne durant le concert – que ce soit par sa présence scénique ou son chant clair toujours sur le fil à vous faire frissonner de plaisir. Une prestation vocale hors norme qui sera entachée à plusieurs reprises par des problèmes de son avec un ton baissant brutalement d'un cran avant un rapide retour à la normale. De plus toutes les lignes mélodiques chères à Primordial ne sont clairement pas mises en lumière ici, gâchées par un son de basse bien trop massif – problème récurent de la scène Odin. Mais en dépit de ces points négatifs avec aussi une setlist moins attrayante et un public ne s'étant pas déplacé en masse – à ma grande surprise – j'ai passé un très bon moment en compagnie des Irlandais.

Hé bien mes lecteurs, mes amis, mes frères ! Sans doute en fais-je trop, mais devant ce qui n'est rien de moins qu'un parcours du combattant (surtout pour l'organisation du festival affrontant des désastres dont il ne paraît que manquer une tornade ou un tremblement de terre), je demande pardon ! Que d'excitations, d'émois, de palpitations devant le parcours de nos deux jeunes batailleurs ! Quelle hardiesse ! Quel stoïcisme ! Point d'exclamation ! Mais ne vous en faites pas mes amateurs de rebondissements en tous genres : cela est loin d'être fini...

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