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Hellfest 2016 - Jour 1

Live report

Hellfest 2016 - Jour 1 Aura Noir + Converge + Dust Bolt + Earth + Harm's Way + Hatebreed + Inquisition + Jambinai + Killswitch Engage + Korpiklaani + Le Bal Des Enragés + Magma + Mass Hysteria + Melvins + Monolord + Overkil
Le 17 Juin 2016 à Clisson, France
Keyser : Après avoir boudé le Hellfest depuis 2007 suite à une édition douloureuse, j'avais tout de même fini par remettre les pieds à Clisson en 2014 grâce à un line-up immanquable. Un retour plein d'appréhension mais qui s'était soldé par une réussite, le festival étant devenu une grosse machine bien huilée, et ce malgré le nombre parfois oppressant de spectateurs. Pas de Hellfest en 2015 toutefois en raison d'une affiche pas assez attrayante. Cette année par contre, avec surtout la tournée d'adieu de Twisted Sister et King Diamond qui devait jouer Abigail en intégralité mais aussi The Offspring, Megadeth, Slayer, Gojira, Hatebreed, Korn, Joe Satriani, Aura Noir ou encore Vision of Disorder, ma présence en région nantaise s'est vite imposée comme une évidence.

AtomicSchnitzel : Fidèle au Hellfest depuis 2014, c'est peu emballé que je me suis rendu sur le festival cette année, jugeant l'affiche moins enthousiasmante que les deux dernières éditions. Mais entre une programmation alléchante sur la Valley (en particulier le Vendredi), des noms qui à eux seuls valaient le déplacement et la garantie de faire d'agréables découvertes, je n'allais pas bouder un nouveau rendez-vous à Clisson.




Witches (Altar, 10h30-11h00)

Keyser : La queue devant la chapelle qui marque l'entrée du site me fait manquer la quasi totalité du set des Français de Witches. Dommage, j'avais été agréablement surpris par le set de ces vétérans en première partie de Death Angel l'année dernière au Covent Garden d'Éragny. Vétérans que je ne connaissais pas et qui m'avaient mis une belle baffe grâce à un blackened thrash old-school pas piqué des vers et à une guitariste frontwoman impressionnante (Sibylle Colin-Tocquaine, sœur du maître à penser d'Agressor que l'on verra dimanche). Le peu que j'ai vu, avec un son ultra brouillon sous la Altar (guitares inaudibles, basse qui noie tout, batterie surmixée...), m'a toutefois fait dire que j'ai peut-être bien fait de rester sur le souvenir de leur performance de 2015.


Monolord (Valley, 10h30-11h00)

AtomicSchnitzel : Démarrer son festival avec du doom à la Electric Wizard n'est pas l'idée du siècle, ce qui ne me permet pas d'apprécier à sa juste valeur la prestation de Monolord. Parce que du côté de la scène, rien à redire : le trio est carré, envoie des bûches sur les nombreux festivaliers qui ne demandent qu'à tâter du riff bien gras et la setlist est judicieusement équilibrée entre le premier méfait, le second et le petit nouveau qui n'est pas encore sorti. Sauf qu'à 10h30, à peine réveillé, pas évident d'entrer dans l'ambiance plombante des Scandinaves alors qu'on tente soi-même tant bien que mal d'émerger. Appréciable, mais à refaire dans de meilleures conditions.


Dust Bolt (Altar, 11h40, 12h10)

Keyser : Le son ne sera pas non plus exceptionnel pour le groupe qui suit sur la même scène, à savoir Dust Bolt. Pas de quoi entamer la bonne humeur des Allemands qui délivreront un set dynamique et efficace à grands coups de tchouka-tchouka endiablé et de groove headbangant. Rien d'original mais le thrash aux légers atours crossover (débit vocal rapide, touche d'humour) a mis la patate à toute l'assistance. J'avais entendu beaucoup de bien sur ce groupe, ça se confirme sur cette demi-heure fort sympathique qui devrait me pousser à vérifier sur album si le thrash du combo d'outre-Rhin me fait le même effet.

Setlist:

Violent Abolition
Awake The Riot - The Final War
Turned To Grey
Taking Your Last Breath
SickxBrain
Toxic Attack
Agent Thrash


Stoned Jesus (Valley, 11h40-12h10)

AtomicSchnitzel : En à peine quelques années, Stoned Jesus s'est déjà taillé une solide réputation et la foule présente sous la Valley pour accueillir les Ukrainiens témoigne de l'engouement autour de ce groupe. Les musiciens, et en particulier Igor, trépignaient littéralement d'impatience à l'idée d'investir la scène et leur joie est palpable durant l'intégralité de la prestation. Une bonne humeur qui n'échappera pas à un public totalement réceptif et acquis à la cause du trio. Faut dire que l’interaction est l'un des gros points forts de la formation qui ne se prive pas de remercier les festivaliers. L'envie de tout donner m'a bien plus marqué que les compositions qui ne m'ont pas franchement emballé. Les titres plus doom sont bons mais m'ennuient, le plus rock et catchy « Here Come the Robots » dynamise le set mais sans m'emporter et seule « I'm the Mountain » parvient enfin à me faire décoller. Bref, loin d'être le meilleur set que j'ai vu des Ukrainiens. Une prochaine fois peut-être.


Harm's Way (Warzone, 12h15-12h45)

KPM : Et on commence ce Hellfest 2016 par une séance dos-épaules avec ce groupe de Chicago dont la musculature saillante du chanteur fait beaucoup parler. Harm’s Way jouait du gros hardcore sous stéroïdes HM2 en allant allégrement piocher dans le catalogue de riffs du Swedish death ou Bolt Thrower, mais ça c’était avant. Le dernier album Rust ayant fait la part belle aux riffs saccadés et d’inspiration neo metal, j’étais curieux de voir ce que ça allait donner sur scène car je n’avais pas vu le groupe depuis 2013. Sans être mémorables, les Américains ont fait un bon show avec une intro indus-tribale enchaînant sur le premier morceau de Rust pour casser des nuques. Par la suite, s’est orientée majoritairement sur le dernier album hormis un « Mind Control » au refrain toujours aussi percutant, ainsi que du bon « Scrambled » de l’album Isolation que je vous recommande si Harm’s Way vous intéresse. On notera que le line-up pour cette tournée européenne a été totalement changé, avec un nouveau bassiste et second guitariste, et la grosse bonne surprise : le batteur des tueurs de Homewrecker en remplacement (excellent groupe dans la veine de Nails, penchez-vous dessus absolument). Ce dernier a d’ailleurs fait de l’ombre au chanteur scéniquement, tant la hargne se lisait sur sa mâchoire serrée et au travers de ses yeux révulsés !


Skeletal Remains (Altar, 12h50, 13h30)

KPM : Je ne connaissais ce groupe de latinos californiens que de nom,  mais en faisant quelques recherches post-concert je me suis rendu compte que le chanteur/guitariste n’est autre que le guitariste lead du groupe de thrash Fueled By Fire pour la petite histoire. A ma bonne surprise je me suis pris leur death old school en pleine tronche. Ce concert suintait le Leprosy ou le Severed Survival par tous les pores, même la voix était remarquablement proche de celle de Dieu Schuldiner. Les mecs ont joué quasi sans s’arrêter pour profiter un maximum de leur court temps de jeu et on sentait qu’ils prenaient un pied immense à être sur scène. Entre skank beats énervés et passages de double pédale forçant le headbang automatique, tout était là pour nous ramener à l’époque dorée du death metal fin 80/début 90. Nous avons même eu le droit à un rappel, à croire qu’ils ont joué tous leurs morceaux plus vite ! A mon grand damn, Skeletal Remains n’a pas terminé par une reprise de Death en ultime morceau, cela aurait été facile d’accord, mais ô combien apprécié par le public j’en suis sûr. Un groupe à voir près de chez vous !

Keyser : On continue cette première journée sous la Altar avec là non plus pas le groupe le plus personnel qui soit mais qui a le mérite de balancer la sauce et de se montrer ultra efficace, suffisant en live (surtout en festival) pour passer un bon moment. Ce que ne manqueront pas de nous offrir les Américains qui ont, à l'instar de Gruesome, beaucoup écouté Death période poilue. Gros son death metal 90s bien gras donc à base de tchouka-tchouka et de mid-tempos casse-nuque. Pas besoin de grands discours au public assez nombreux sous la grande tente, les Californiens enchaînent sans temps mort les morceaux fortement inspirés par la troupe de feu Schuldiner (jusqu'au growl arraché typique) pour le plus grand plaisir de l'assistance qui s'en donne à cœur joie niveau pogos et secouage de moumoute. Je les avais vu au Klub début 2015, les mecs semblent avoir pris du galon. Ça tombe bien, Skeletal Remains reviendra fin juillet dans la même salle pour se frotter aux Français, cette fois en combat rapproché. Le rendez-vous est pris!

Setlist:

Viral Hemorrhagic Pyrexia
Beyond Cremation
Homicidal Pulchritude
Sub-Zero Termination
Extirpated Vitality
Euphoric Bloodfeast
Traumatic Existence
Obscured Velitation


Wo Fat (Valley, 12h50-13h30)

AtomicSchnitzel : Un peu refroidi par les prestations en demi-teinte ayant eu lieu sur la Valley, c'est avec un enthousiasme assez modéré que je suis retourné sous la tente afin d'assister au concert de Wo Fat. Pourtant, les Américains peuvent se targuer d'une excellente réputation scénique, et les festivaliers répondront à l'appel du riff gras une nouvelle fois. Et cette fois-ci, la prestation possédait quelque chose de particulièrement captivant que je n'ai su trouver chez les deux formations précédentes. Allez savoir, peut-être est-ce ce climat particulièrement aride provenant d'une section rythmique aussi lourde que le soleil de plomb du désert? Ou ces rares interventions vocales pourtant parfaitement réussies, qui accentuent le côté hypnotique souhaité par Wo Fat? Toujours est-il que le trio a une formule bien rodée, dont ils ne dévieront jamais réellement mais qui est exécutée à la perfection par des musiciens talentueux. L'aspect redondant des riffs n'est jamais une gêne, et si bien des groupes échouent à capter l'attention par ce biais, Wo Fat y parvient sans la moindre peine. Même la faible communication du groupe envers le public n'est pas dérangeante. Les quarante minutes défileront bien vite, et le concert se termine sur l'excellente « Enter the Riffman », l'un des tubes du trio, qui prouve l'aisance de celui-ci dans un registre stoner plus emballé et dynamique. De quoi reprendre espoir pour le reste de la journée!


Solefald (Temple, 13h35-14h15)

AtomicSchnitzel : Forcément, après un tel moment revigorant, on ne pouvait rester sur du positif. Solefald, une rareté en concert, que j'étais impatient de voir, et qui me décevra à la hauteur de cette impatience. Et cette sensation négative ne proviendra pas du groupe en lui-même, loin de là. Les Norvégiens excellent dans leur registre barré, tant par les tenues arborées (mention spéciale à Cornelius) qu'au travers des morceaux. De plus, la présence d'un peintre sur le côté de la scène apporte un plus visuel non-négligeable. Le chant est maîtrisé, chacun est en place, le show promettait d'être de très bonne facture avec un « CK II Chanel N°6 » en guise d'ouverture… mais un détail ruinera l'intégralité des efforts des Scandinaves : le son. Particulièrement mauvais, celui-ci réduira la prestation norvégienne en une bouillie complète, laissant difficilement entrevoir les nombreux éléments présents dans la musique riche et complexe de Solefald. Ces ennuis sonores seront plus ou moins une constante sous les tentes jumelles Altar et Temple (j'aurais l'occasion d'en reparler), mais ce concert là est probablement l'un de ceux ayant le plus pâti de ce paramètre. Il y a pourtant des passages que j'ai apprécié, des mélodies reconnues qui m'ont fait plaisir à entendre, et ce beat techno sur « World Music With Black Edges » qui m'aura fait rire rien qu'en imaginant la tête d'une partie des spectateurs. Mais en dépit de mes efforts, je n'ai pu adhérer au set. Et c'est donc avant la fin que je quitte la Temple, avec d'énormes regrets.


Le Bal Des Enragés (Mainstage 02, 14h20-15h00)

Keyser : Déjà croisé au Durbuy Rock en avril dernier, Le Bal Des Enragés regroupe la fine fleur du punk/rock/metal alternatif français. On y retrouve entre autres des membres de Tagada Jones, Black Bomb A, La Phaze, Loudblast, Lofofora, Parabellum et Punish Yourself. Du beau monde qui s'éclate sur scène en reprenant des grands classiques punk metal. Et comme au festival belge, j'ai trouvé que c'était quand même un gros bazar souvent difficile à suivre sur scène. D'autant que le son ici s'avérait assez mauvais, difficile parfois de discerner les riffs et les paroles et ainsi de reconnaître les morceaux, même ultra connus. Un sacré bordel donc mais un joyeux bordel malgré tout, on sent que les mecs prennent leur pied et nous avec à l'écoute de ces tubes intemporels forcément liés à plein de souvenirs (mentions spéciales à "Smells Like Teen Spirit", "Refuse/Resist" et "Antisocial" en ce qui me concerne). Dommage pour la qualité du son médiocre et le set beaucoup trop court pour ce genre de regroupement festif bon enfant où les artistes ne manqueront pas de rendre hommage à Lemmy et leur ancien camarade Schultz tombé au combat avec une reprise du fédérateur et rebelle "Cayenne".

Setlist:

Ace Of Spades (Motörhead)
Rock And Roll (Led Zeppelin)
Smells Like Teen Spirit (Nirvana)
Sabotage (Beastie Boys)
Killing In The Name (Rage Against The Machine)
Cayenne (Parabellum)
Refuse/Resist (Sepultura)
Antisocial (Trust)
Vive Le feu (Bérurier Noir)


Ramesses (Valley, 14h20-15h00)

KPM : Décidément, je n’arriverai jamais à voir la paire Greening/Bagshaw ensemble sur scène… Après l’éviction de Mark G. de With The Dead avant le Roadburn, je pensais bien enfin assister à un concert des deux magiciens du Brit doom, mais apparemment Tim est dorénavant remplacé par Alex Hamilton, le guitariste de Bossk. Setlist très axée sur le deuxième album Take the Curse et malheureusement aucun titre du dernier, Possessed by the Rise of Magik. Le trio nous a tout simplement monté en l’air avec leurs riffs doom/death à traîner la gueule dans la boue sur des kilomètres. Le malaise transpire à travers le chant de Adam Richardson, entre vomissements maladifs et passages clairs poussifs et désespérés sur « Iron Crow » par exemple. Les morceaux puent l’ambiance horrifique et occulte de films sales que l’on prend un plaisir pervers à mater, comme de bons gros voyeurs que nous sommes. Ramesses sait faire fonctionner sa magie, guidé par les frappes généreuses de son loup-garou furieux de batteur, au jeu aussi primitif que spontané et surtout bien calé dans le fond du temps – là où le diable se cache et aime à jouer avec l’âme de ceux qui s’y risquent, avec grand succès pour Ramesses. Retour gagnant pour les Rams, j’espère qu’ils auront la bonne idée de continuer à tourner et sortir du neuf même si l’absence de Bagshaw pourrait se faire sentir.


Mass Hysteria (Mainstage 02, 15h50-16h40)

Keyser : On continue dans les vieux briscards de la scène française puisque c'est au tour de Mass Hysteria d'investir la Mainstage 02. Et c'est qu'il commence à y avoir du monde sur le gazon clissonnais! Un peu la flemme de m'approcher de la scène, je reste en retrait pour mater le concert de la bande de Mouss sur les écrans géants. Pas ce que je préfère mais les ayant vus eux aussi au Durbuy il y a deux mois lors d'une performance remarquable et plus intimiste qui m'a vraiment fait apprécier ce combo que j'ignorais jusque-là (le genre musical n'étant a priori pas pour moi), il n'y avait pas d'impératif à se coller à la barrière. Si j'ai préféré le gig belge pour différentes raisons (dépucelage, proximité avec le public), celui du Hellfest n'a pas démérité grâce à l'énergie incroyable dégagée par la formation qui a souvent remercié le public d'être sorti de chez lui au lieu de regarder la télé ("on emmerde l'Euro" dira même Mouss le chanteur, ce qui me fera bien marrer même en tant que grand amateur de foot). Clou du spectacle, le concours du plus gros wall of death du Hellfest lancé par le groupe pour battre le record de Dagoba. Impressionnant mais les Marseillais garderont malheureusement leur couronne. Quoiqu'il en soit, le metal alternatif hardcore/electro des plus efficaces de Mass Hysteria, bien aidé par un son très correct, a su mettre l'ambiance pendant 50 minutes vite passées.

Setlist:

Chiens De La Casse
Vae Soli
Vector equilibrium
World On Fire
P4
Une Somme De détails
L'Enfer Des Dieux
Notre complot
Plus Que Du Metal
Furia


Jambinai (Valley, 15h50-16h40)

AtomicSchnitzel : La Valley est un terrain propice aux agréables découvertes, qui peuvent cependant se transformer en véritables claques si les conditions sont optimales. Et cette année, le Hellfest fait fort en invitant Jambinai, formation de post-rock venant de Corée du Sud, et vraisemblablement inconnue d'une grande partie des festivaliers avec lesquels j'ai eu l'occasion d'échanger à leur sujet. Et si l'introduction met en avant les instruments traditionnels utilisés par la formation, celle-ci n'est qu'un moment de répit avant la tornade qui va s'abattre sous la tente. Quand le combo hausse le ton, celui-ci parvient à se faire plus violent et épais que moult confrères du même registre, voir de genres affiliés au metal et s'étant produit sur cette scène le même jour. Si on reproche parfois au post-rock ses longueurs, Jambinai est clairement là pour faire taire les détracteurs du genre. Un détail attire immédiatement le regard vers la scène : les musiciennes Sim Eunyong et Kim Bo-Mi, respectivement au geomungo et à l'haegum, instruments coréens. Ces deux instruments sont parfaitement intégrés aux titres de la formation. Loin de n'être là que pour un faible rôle de soutien, ils s'affirment comme des pièces clefs de l'univers de Jambinai et l'osmose entre ceux-ci et la section rythmique est impeccable. Ayant sorti un nouvel album seulement quelques jours avant le festival, les Sud-Coréens ne se priveront pas pour en jouer de nombreuses pistes, encore plus véloces et intenses que celles extraites de l'opus précédent. Soulignons d'ailleurs que le trio est passé en concert à l'état de quintette, grâce à l'ajout d'une basse et d'une batterie qui accentuent encore cette intensité présente dans les titres joués. Je pourrais continuer encore longtemps, mais vous avez certainement déjà compris que Jambinai est venu, et a tout balayé sur son passage. Si l'occasion se présente, n'hésitez pas un instant à vous laisser emporter par la tornade coréenne. Assurément l'un des meilleurs concerts de ce Hellfest 2016, qui se terminera sur des ovations au moments où les cinq musiciens quittent la scène.


Vision of Disorder (Warzone, 16h45-17h35)

Keyser : Premier concert à la Warzone, devenu le plus bel endroit du site grâce aux aménagements opérés par l'orga, entre l'impressionnante statue de Lemmy de 15 mètres et les piques et barbelés en mode camp de guerre pour une scène qui n'a jamais aussi bien porté son nom. Une grande réussite, d'autant qu'un nouvel accès par le coin restauration en haut a été créé, permettant ainsi un passage plus rapide et davantage de monde. On fête ça avec la venue de Vision of Disorder, groupe new-yorkais de hardcore/metal qui a marqué ma jeunesse avec l'album Imprint dont la violence et la voix ultra rageuse de Tim Williams avaient impressionné l'adolescent profane que j'étais, puis From Bliss To Devastation dont l'évolution soft m'avait surprenamment comblé et même touché sur les titres les plus langoureux. Quel plaisir donc de voir pour la première fois Vision of Disorder même si je n'ai pas du tout suivi ce qu'a fait la formation depuis son retour. Ce qui ne m'a pas empêché de savourer le concert des Américains, surtout sur les extraits de Imprint qui ont vraiment fait vibrer la corde nostalgique. Les autres morceaux que je n'ai pas reconnus (sans doute des titres plus récents ou pré-Imprint que je ne connais pas), efficaces et taillés pour le live, ne m'ont pas déplu non plus. Et rien à redire sur le son, bien équilibré. Aucun titre de From Bliss To Devastation toutefois, et ça, par contre, c'est pas bien! Allez c'est pas grave, je vous en veux pas les gars, c'était quand même bien sympa!


Turbonegro (Mainstage 02, 17h40-18h30)

Keyser : Je choisis de ne pas aller voir Vader sous la Altar pour un peu de rock 'n roll punky festif avec les fameux Turbonegro. Enfin "festif"... c'est en fait affalé par terre et sur les écrans géants que je materai de loin le show des Norvégiens. Alors je ne sais pas si c'est parce que j'étais placé très loin et me sentais peu concerné mais je ne suis jamais vraiment rentré dedans, me contentant de taper vaguement du pied, sauf sur "All My Friends Are Dead" qui est quand même un putain de tube. Pas plus emballé que ça malgré l'efficacité indéniable de la musique des Scandinaves déjantés, je me lève avant la fin pour me rediriger vers la Warzone.

Setlist:

The Age Of Pamparius
You Give Me Worms
All My Friends Are Dead
Hot For Nietzsche
City Of Satan
Special Education
Drenched In Blood
Get It On
Wasted Again
I Got Erection


Earth (Valley, 17h40-18h30)

AtomicSchnitzel : Earth est un nom devenu culte dans le milieu du doom. Et pourtant, il n'y a pas foule sous la Valley pour accueillir les Américains. Un manque d'affluence qui me rappelle celui de la prestation du groupe au Desertfest d'Anvers l'an passé, où le groupe jouait en tête d'affiche mais devant un public réduit par rapport à d'autres formations. Alors le quatuor est-il si impopulaire? Mystère. Et, surtout, j'aurais bien du mal à comprendre pourquoi. C'est vrai qu'en format studio, nous sommes loin du groupe le plus accessible. Ce côté très lent rebute y compris parmi les fans du genre. Pourtant, les concerts ont ce quelque chose d'envoûtant qui fait tomber toutes tes défenses pour finir par être pleinement happé dans la toile du groupe. Un enchantement qui se reproduira ce Vendredi, tant le set est une réussite intégrale. Et l'une des clefs de ce succès provient de l'ajout d'une seconde guitare, qui fait gagner en puissance et en pesanteur aux compositions d'Earth. Cet ajout fait toute la différence par rapport aux prestations en trio, et on ne peut qu'espérer que les Américains décident de garder cette formule. Au niveau de la setlist, ce sont les opus récents qui seront privilégiés par le quatuor. Une place toute particulière est d'ailleurs attribuée au dernier en date, « Torn by the Fox of the Crescent Moon » et « There is a Serpent Coming » ouvrant le bal. Le jeu de scène des musiciens est assez intrigant, bien plus habité qu'à l'accoutumée. Dylan semble possédé et Adrienne est fidèle à elle-même, frappant sur ses fûts de façon singulière, presque comme une danse. La surprise de ce concert est l'interprétation d'un nouveau titre, qui n'a pas encore de nom aux dires de Dylan. Et quel plaisir de constater qu'il conserve les meilleurs atouts d'Earth, en s'intégrant parfaitement dans la setlist. Les absents auront tort, tant pis pour eux car ils ont manqué un grand moment sous la Valley. Earth a frappé fort et j'ai mis du temps avant de m'en remettre.


Inquisition (Temple, 18h35-19h25)

AtomicSchnitzel : Si j'étais mauvaise langue, je dirais qu'on sait déjà à quoi s'attendre avant même le début du concert d'Inquisition : un très bon concert, qui tiendra toutes ses promesses mais qui se révélera sans grandes surprises. Inutile de vous dire que j'ai eu raison, et que l'impression d'assister à « encore une prestation de plus d'Inquisition » n'a pu quitter mon esprit. A leur décharge, le set était très bon et j'ai passé un moment agréable. Le tandem Dagon – Incubus fonctionne toujours aussi bien, avec ses qualités comme ses défauts. L'un des ennuis de cette configuration reste le jeu toujours aussi statique du duo, et en particulier du vocaliste / guitariste. Celui-ci fait son job parfaitement et remplit sa fonction sans démériter, ce qui ne sera pas toujours le cas de son confrère batteur, parfois difficilement audible à cause des ennuis de son définitivement récurrents sous la Temple. Mais je ne bouderais pas mon plaisir en entendant certaines de mes pistes favorites des Américains, notamment les compositions extraites de Ominous Doctrines of the Perpetual Mystical Macrocosm, et en particulier « Astral Path to Supreme Majesties ». Ce qui nous donne cinquante minutes bien remplies mais sans coup de cœur. Un bon concert, ni plus ni moins.


Killswitch Engage (Warzone, 18h35-19h25)

KPM : Il fait grand beau ce vendredi après-midi au Hellfest, je me suis dit que j’allais en profiter pour aller voir un groupe qui sent bon le soleil et la fête entre bros. J’avoue que l’énorme vague metalcore du début/mi années 2000 m’est complétement passé au-dessus de la tête à l’époque, d’une part car j’étais trop jeune puis par la suite car mes goûts musicaux se trouvaient à l’opposé – encore maintenant mais je me permets de petites incartades de la sorte pour la culture. Malgré ça je me suis laissé embarquer par la grosse mobilisation sur la Warzone pour le premier concert de la légende metalcore Killswitch Engage que beaucoup attendaient, les lignes mélo et refrains chantés en clair des Américains en ayant accompagné bon nombre sur leur chemin du metal. Même si musicalement je ne suis pas dans mon élément, je dois dire que tout est très bien exécuté par les musiciens qui prennent un pied fou à jouer devant cette foule totalement acquise à leur cause. Entre les breaks pour sauter à pieds joints et les riffs d’inspiration death mélo, le chant trouve parfaitement sa place et sait se faire tantôt rapide, tantôt plus lyrique et calme. Tout le monde reprend les paroles à l’unisson, portés par la nostalgie de toutes ces années à poncer la discographie de ce groupe fondateur. Le chanteur fondateur revenu depuis quelques années est une pile électrique, pendant que la tête pensante Adam Dutkiewicz nous tape des grimaces à chaque riff et un sketch entre chaque morceau. Le titre « The Last Serenade » semble être le pic du concert tant les gorges se déploient et les sourires s’étirent jusqu’aux oreilles. Un bon moment pas prise de tête pour un sous !

Keyser : Sur la Warzone, c'est l'heure de Killswitch Engage. Comment ça, du metalcore?! Oui mais pas n'importe lequel! Killswitch Engage fait partie des instigateurs de cette vague metalcore qui a déferlé sur la scène au début des années 2000, mélangeant les mélodies heavy metal aux rythmiques saccadés du hardcore avec chant hurlé sur les couplets et refrains en chant clair. Les Américains comptaient parmi les meilleurs du genre, notamment avec l'excellent Alive Or Just Breathing (2002). Ils ont certes perdu de leur charme depuis à cause d'une indigestion de groupes jouant tous la même chose et d'un manque de renouvellement mais j'avais bien mis le groupe en rouge sur mon running order (imprimé, on reste old-school jusqu'au bout, fuck les smartphones!). Il s'agit de la deuxième fois pour moi après un premier contact à la Boule Noire de Paris il y a plus de 10 ans. Et je n'ai pas été déçu. Le son est nickel, il y a du monde et le groupe a la pêche, notamment le guitariste foufou Adam Dutkiewicz. Le retour de Jesse Leach est également une bonne chose même si Howard Jones a fait du bon boulot pendant près d'une décennie. Des bonnes mélodies, du cri rageur, des refrains catchy, des breakdowns vénères, il y a de quoi s'éclater et c'est ce qu'on fera. Alors même si je n'écoute quasiment plus de combos de ce style, ce fut un réel plaisir que d'assister au show du quatuor du Massachusetts.

Setlist:

A Bid Farewell
Strength Of The Mind
Fixation On The Darkness
Alone I Stand
Beyond the Flames
Hate By Design
My Last Serenade
Rose of Sharyn
The End Of Heartache
My Curse
In Due Time


Melvins (Valley, 19h30-20h25)

AtomicSchnitzel : Autre groupe culte, les Melvins arrivent sur scène devant un public très nombreux, vraisemblablement impatient d'entendre les morceaux emblématiques d'Osborne et ses comparses. Le set des Américains était probablement celui que j'avais le plus hâte de voir, et cette attente sera récompensée par une franche déception. Ne serait-ce que par ce « Eye Flys » trop long en guise d'ouverture, pour ensuite aboutir sur une composition rock qui peine à m'emballer. Je pense que cette désillusion viendra avant tout de la setlist, loin de mes attentes. Sans doute avais-je un peu trop envie d'entendre les titres plus lents et écrasants du groupe, et le set clairement axé rock des Melvins sera donc à mille lieues de corresponde à ce cahier des charges. En s'attardant encore sur les pistes interprétées, une grande partie d'entre-elles seront… des reprises. De Kiss à Alice Cooper en passant par Green River, le groupe s'est indéniablement fait plaisir en reprenant ces morceaux à sa sauce, mais ces choix me laisseront clairement sur ma faim. J'attendais plus de titres de leur répertoire, et les moments où le groupe s'aventure dans ses propres compositions éveilleront déjà plus d'intérêt pour moi. Je ne doute pas qu'une partie des fans aient été heureux de voir le combo interpréter des morceaux d'artistes cultes. De plus, la performance des musiciens est en elle-même très bonne. Mais je reste jusqu'au bout assez péniblement, avec un goût amer en bouche. J'espère pouvoir revoir les Melvins une autre fois, avec des morceaux plus à ma convenance. Tant mieux pour ceux qui ont aimé.


Hatebreed (Mainstage 02, 19h40-20h40)

Keyser : Le concert mémorable de la bande de Jamey Jasta au Hellfest 2014 encore en tête, c'est avec l'assurance de prendre mon pied que je me place devant la Mainstage 02 pour la nouvelle venue des Américains à Clisson. Sans surprise, ça a buté sévère! J'ai préféré le gig d'il y a deux ans (on avait fait tourner les serviettes!) mais Hatebreed a envoyé du lourd avec son hardcore/metal simple ultra efficace malgré un son exécrable au début qui s'arrangera un peu par la suite selon le vent et le placement. Le groupe vient de sortir un nouvel opus, le classique mais sympathique The Concrete Confessional, qu'il défendra le temps de 2 morceaux ("Looking Down The Barrel Of Today" et "A.D.") après un "Destroy Everything" en ouverture qui aura mis tout le monde d'accord sur la qualité de ce combo taillé pour la scène et sur celle du son qui n'allait pas nous faciliter la tâche. Et le groupe d'enchaîner les classiques qui parlent à tout le monde. J'aurais aimé davantage d'extraits du monstrueux Perseverance (le meilleur avec Satisfaction Is The Death Of Desire) et un petit "World's Apart" (non je ne parle pas du boys band!) malheureusement trop rare mais sinon, difficile de trouver à redire sur la performance énergique et musclée d'un groupe qui certes ne se renouvelle pas mais fait ce qu'il a à faire comme personne. 

Setlist:

Destroy Everything
Looking Down The Barrel Of Today
A.D.
Live For This
Everyone Bleeds Now
Honor Never Dies
In Ashes They Shall Reap
Last Breath
Never Let It Die
As Diehard As They Come
This Is Now
Perseverance
To The Threshold
Tear It Down
I Will Be Heard


The ARRS (Warzone, 20h30-21h30)

Keyser : Après l'ouragan Hatebreed, les Français de The ARRS font forcément petits bras malgré leur metalcore pas le plus pourri, leur bonne humeur communicative et la déco de la Warzone dont je suis encore sous le charme. Les ayant déjà croisés au Durbuy Rock, je ne m'attarderai donc pas devant leur set.


Korpiklaani (Temple, 20h30-21h30)

Keyser : Pourquoi suis-je ensuite allé zieuter les Finlandais alors que je ne suis pas fan de "pagan" rigolo? Parce que leur set au Durbuy (oui encore, décidément!) ne m'avait pas déplu comme je m'y attendais, sans doute bien aidé par l'absorption de grandes quantités d'alcool cela dit. Si je commence ici aussi à ne plus être très frais, ce ne sera pas suffisant pour rentrer dans le set des joyeux drilles de Korpiklaani, étant placé bien trop loin (carrément en dehors de la tente en raison de la foule!) pour me sentir concerné par cette musique festive mais ultra répétitive, et ce malgré les écrans géants qui permettaient de voir ce qu'il se passait 100 mètres plus loin. Direction à côté pour du vrai metal de bonhomme.

Setlist:

Viinamäen Mies
Journey Man
Pilli On Pajusta Tehty
Lempo
Ämmänhauta
Erämaan Ärjyt
Ruumiinmultaa
Kylästä Keväinen Kehto
Rauta
Kultanainen
Minä Näin Vedessä Neidon
Sahti
Wooden Pints
Vodka
Beer Beer


Overkill (Altar, 21h35-22h35)

Keyser : Pas le plus grand amateur d'Overkill qui soit (les albums récents loués par les médias et les fans ne me touchent pas plus que ça à cause d'un goût de plastique trop prononcé) et surtout pas le plus grand connaisseur (les albums des années 1980 seraient davantage susceptibles de m'interpeller mais je ne me suis toujours pas penché dessus), je me rappelle tout de même de leur date au Nouveau Casino de Paris en 2010 qui m'avait fortement impressionné. C'était l'occasion de retrouver ces sensations. Ce qui n'arrivera jamais malgré un Blitz comme d'habitude tout feu tout flamme et un public qui a répondu présent. La faute au son atroce comme souvent sous la Altar qui empêchait d'apprécier un minimum la musique des Américains, pourtant du thrash simple et efficace qui ne demande pas grand chose. Riffs indiscernables, chant inaudible, basse qui fait tout trembler, batterie trop forte, difficile d'en ressortir du positif. Je reste tout de même jusqu'au bout mais quelle déception! À revoir en salle dans des conditions plus favorables. Tant pis pour moi, ils sont déjà passés dans la Capitale en avril dernier...

Setlist:

Armorist
Rotten To The Core
Electric Rattlesnake
Hello From The Gutter
Hammerhead
Feel The Fire
Coma
Infectious
Ironbound
Elimination
Fuck You (reprise The Subhumans)


Magma (Valley, 21h35-22h35)

KPM : Cela va être très difficile pour moi de parler de ce concert de Magma, car il s’est passé quelque chose d’assez indescriptible. Tout d’abord je dois préciser que mon intérêt pour ce groupe français mythique vient de quelques amis qui eux sont des fans ultimes, car de mon côté je n’ai toujours pas écouté un album en entier – la honte n’est-ce pas... Erreur que je compte bien réparer maintenant, cependant je ne pourrai donc pas vous parler de setlist mais plutôt d’un feeling extraordinaire ressenti pendant cette heure de show. Magma c’est beaucoup de monde sur scène pour interpréter la musique du génie fou Christian Vander, cette sorte de rock prog spatial, jazzy et déstructuré. L’on pourrait penser que le groupe improvise, mais rien n’est laissé au hasard. Chacun a sa place et tout le monde apporte sa pierre à l’édifice : claviers, xylophone, chœurs, chant principal et bien sûr le trio guitare/basse/batterie. Très intense, la musique des français s’apparente à un mindfuck constant mais pour autant exaltant, quelque chose d’insaisissable mais qui a pourtant eu le don de me faire sautiller sur place et en cadence. Magma a reçu un accueil à la juste hauteur de sa prestation, le public ayant applaudi la sortie des musiciens quasi 5 minutes durant, avant que ce soit au tour des techos et roadies de féliciter le groupe backstage de ce qui s’est dit. Plus que mérité pour un groupe unique et un concert parmi les plus marquants que j’ai pu faire.

AtomicSchnitzel : Pas grand-chose de plus à rajouter par rapport au compte-rendu de mon collègue KPM. Le concert était l'un des meilleurs de ce Hellfest, et je suis impatient de retenter cette expérience hors-du-commun à l'occasion de leur venue à Rennes.


Aura Noir (Temple, 22h40-23h40)

Keyser : J'avais bien l'intention de prendre ma revanche sur la Satan's Convention où j'avais lamentablement raté le set d'Aura Noir (et de beaucoup d'autres...), pourtant un groupe pour lequel j'ai la plus haute estime. Heureusement que j'avais savouré comme il se doit leur show en tête d'affiche du Black Thrash Attack en novembre dernier en Lorraine! Il fallait donc que je me rattrape, chose faite si on met de côté un taux d'alcoolémie de plus en plus haut qui me poussera à piter avec les quelques personnes d'humeur. "Quelques", oui! Je suis en effet désagréablement surpris par le peu de monde présent devant ce monstre sacré du metal extrême norvégien regroupant trois des musiciens les plus connus de la scène dont le duo Aggressor (toujours à moitié assis sur son tabouret depuis son "accident") et Apollyon (Immortal, ex-Dødheimsgard) qui s'échangent les instruments sur albums, accompagnés du second guitariste Blasphemer (ex-Mayhem, excusez du peu!). Le jeune batteur Kristian Valbo (Obliteration) complète le quatuor. Les absents ont toujours tort comme on dit et ils vont rater une belle démonstration de black/thrash incisif pendant une heure durant laquelle Aura Noir va enchaîner les tueries tantôt mauvaises comme la galle tantôt plus groovy et rock 'n roll mais toujours efficaces en Diable. "Unleash The Demon", "Hades Rise", "Black Thrash Attack", "The Stalker", "Out To Die", "Condor", "Sons Of Hades" ou encore le monumental "Conqueror" en final dévastateur, putain que c'est bon! Manquait juste un petit "Released Damnation" des familles et c'eût été parfait même si je reste encore sur l'excellent show lorrain des Scandinaves en 2015, plus intimiste et intense. Un vrai bonheur en tout cas que même le son, à peu près acceptable (n'en demandons pas trop non plus!) ne viendra pas gâcher.

Setlist:

Upon The Dark Throne
Unleash The Demon
Hades Rise
Swarm Of Vultures
Blood Unity
Merciless
Black Thrash Attack
The Stalker
Out To Die
Hell's Fire
Sordid
Black Metal Jaw
Condor
Sons Of Hades
Conqueror


Converge (Warzone, 22h40-23h40)

AtomicSchnitzel : Difficile de jouer en même temps que Rammstein. N'étant pas très friand de la musique des Allemands et grand fan de Converge, c'est vers ces-derniers que je me dirige, pour finalement constater qu'il n'y a pas grand monde devant la Warzone pour assister à la prestation des Américains. Dommage pour eux, mais ce manque d'affluence était particulièrement prévisible. Heureusement que ce détail n'entamera en rien la motivation du groupe, toujours aussi convaincant dans son hardcore chaotique à souhait, balançant ses morceaux telles des claques dans la face de l'audience. Un public qui se montrera réceptif aux titres mais sans être des plus vifs, ce qui est explicable par l'heure tardive et la fatigue accumulée. Le quatuor est fidèle à lui-même est chaque musicien est efficace à son poste. Jacob Bannon, en particulier, se montre toujours aussi survolté qu'à son habitude, arpentant la scène et se démenant comme un beau diable, donnant également le meilleur de lui-même au chant. Pas de déception au niveau de la setlist, les albums récents étant bien représentés, ainsi que l'excellent Jane Doe qui est devenu avec les années un incontournable. Du coup, je suis conforté dans l'idée d'avoir fait le bon choix de concert, tant pis pour Rammstein qui m'importait peu de toute façon. Merci à Converge pour ce grand moment.


Rammstein (Mainstage 01, 23h10-00h40)

KPM : Je m’étais replongé dans Rammstein lorsque leur présence au Download Festival Paris avait été annoncée et l’opportunité de les voir 2 fois en une semaine me réjouissait. D’autant plus qu’une angine naissante et la pluie sur la tronche toute l’après-midi m’avaient un peu empêché d’apprécier à fond le show du Download, je comptais donc bien reprendre une dose au Hellfest. Pour la première fois en 4 éditions que je vais à Clisson, c’est la première fois que je comprends à quel point la jauge est remplie à craquer – je ne fréquente quasi jamais les mainstages en fin de soirée habituellement, ou d’un peu plus loin. Impossible d’avancer en direction de la scène tellement les festivaliers étaient massés pour attendre les Allemands. Il aura fallu 2 embrouilles avec des quarantenaires casse-couilles pour arriver péniblement à se placer rien qu’au niveau de la console ahem… Pas folichon comme spot car la visibilité était très faible, mais je savais que la setlist était de qualité après leur passage à Paris. Autant le dire tout de suite, Rammstein sur scène c’est une machine, la rigueur allemande à toute épreuve, rien qui ne dépasse et le son était surpuissant. En dépit de ses 50 ans passés, Till se frappe toujours la jambe avec acharnement et orchestre d’une main de maître la scénographie et les effets pyrotechniques ! L’intro sur le morceau « Ramm 4 » – qui énumère des noms d’autres morceaux très connus du groupe – pose le décor, ça va claquer de la botte. « Reise Reise » pour attaquer fort et le petit nouveau en live « Zerstören » – un de mes préférés – lancent parfaitement le show. Du caviar ensuite avec « Keine Lust » et « Feuer Frei! », puis un « Seemann » qui prend son envol progressivement. S’enchaînent derrière les tubes habituels que je ne citerai pas – hormis « Du Rietsch So Gut » sur lequel le public s’en est vraiment donné à cœur joie – pour aboutir à une reprise de Depeche Mode. J’espérais voir apparaître « Ohne Dich » dans les 3 titres de rappel – qui n’avait pas été joué au Download –, malheureusement les Teutons resteront sur le triptyque « Amerika », « Engel » et « Sonne » qui ma foi n’est quand même pas le pire qui soit. Concernant la pyro qui est un élément clé dans les shows du groupe, je vous conseille plutôt de regarder les lives récents sur Youtube qui rendront bien mieux justice aux efforts déployés que ce report écrit. La discographie de Rammstein déborde tellement de morceaux que j’aime que je ne cacherai pas avoir été un peu déçu de ne pas entendre mes chouchous – comment ça encore jamais joué « Rosenrot » en live ?! Et « Morgenstern » alors ! – mais je ne vais pas non plus bouder mon plaisir. Pour quelqu’un qui n’avait encore jamais vu Rammstein jusqu’alors, je peux m’estimer heureux !


Testament (Altar, 23h45-00h45)

Keyser : Ce qui ne sera pas le cas pour Testament. Déjà que je ne suis pas très amateur de la clique de Chuck Billy sur album (jamais accroché à leur thrash ni à la voix du chanteur), la bouillie sonore a carrément rendu le show insupportable, la même que lors d'Overkill, en pire. Vous comprendrez donc bien que je n'ai pas assisté longtemps à ce massacre. Pas pour autant cela dit que je me taperai Rammstein qui joue au même moment sur la Mainstage 01, groupe ô combien populaire mais qui me file des boutons rien qu'à entendre au loin ces rythmiques lourdes répétitives et ces riffs risibles, symboles du néant musical qui plaît tant à certains.

Setlist:

Over The Wall
Rise Up
The Preacher
Dog Faced Gods
Into The Pit
Practice What You Preach
The New Order
D.N.R. (Do Not Resuscitate)
3 Days In Darkness
More Than Meets The Eye
Disciples Of The Watch
The Formation Of Damnation


Sunn O))) (Valley, 23h45-00h45)

AtomicSchnitzel : Le son. Les murs d'amplis. Les capes noires. Les vocalises orientalisantes d'Attila et sa coiffe statue de la liberté un brin ridicule. Le son. Toujours le son. De plus en plus fort le son. Les vibrations. L'introspection. Toujours plus de vibrations. On se recule jusqu'au bar. Toujours des vibrations mais ça me plaît. L'introspection à nouveau, les yeux fermés. Une heure de vibrations. Les musiciens stoïques. AtomicSchnitzel dérouté. Les acouphènes.

The Offspring (Mainstage 02, 00h45-02h00)

KPM : Pas l’temps d’niaiser ! Je trace tout de suite à contre-courant de la marée humaine pour aller me mettre en plein milieu de la 2nd mainstage et faire la fête devant The Offspring. Là aussi, encore un groupe que je n’avais jamais eu l’occasion de voir et même si je m’y suis mis sur le tard, l’excitation était irrépressible. Malheureusement, ce sera l’illustration parfaite des lives où ce qui se passe dans le public et l’ambiance deviennent aussi voire plus intéressants que le concert en lui-même. Si le punk rock de la bande de Dexter Holland a bien vieilli, on ne peut pas en dire autant des hommes qui l’ont composé. C’est donc un Dexter sans guitare qui se présente devant nous pour chanter le premier morceau du set – assez mauvais d’ailleurs – tiré de l’avant dernier album, tandis qu’un guitariste live se planque au fond de la scène. Ah bon ? Il est autant à la ramasse que ça pour ne plus s’occuper que du chant le Dexter ? Mon inquiétude est levée dès la doublette suivante composée de « Want You Bad » et « Come Out and Play », alors que monsieur enfile sa 6 cordes. Mais pas totalement, car le 3ème guitariste est bien là pour repiquer les pains de gratte et de chant du leader blond... Les autres mecs s’en sortent quant à eux plutôt bien, mais l’on sent à l’inverse de Rammstein qu’il commence à manquer d’huile dans le moteur. En revanche, cela n’empêche pas le public de foutre un bordel monstre sur un « Hit That » de milieu de set. Surtout, le pit est devenu zinzin sur les trois titres de fin : le dansant « Pretty Fly (For a White Guy) » ; « The Kids Aren’t Alright » hymne crève-cœur d’une génération de kids perdus à l’approche du second millénaire ; et évidemment le morceau ultime représentant toute l’essence de loser magnifique qu’est The Offspring, putain de « Self Esteem » durant lequel Clisson aura sûrement connu un tremblement de terre de magnitude 16 – comme l’âge auquel tout le monde s’est vu renvoyé à ce moment-là. Si ce n’a pas été la claque scénique/musicale que j’espérais pour mon premier concert de The Offspring, je me console en me disant que l’état d’hystérie adolescente dans lequel j’étais plongé pendant cette grosse heure aurait été le même à mes 14 ans. Et c’est aussi – surtout ? – ça la musique, de l’émotion pure. Je remercie l’alcool au passage, sans qui l’hystérie se serait peut-être transformée en dégoût et déception.

Keyser : L'apothéose du vendredi et un des grands moments de ce Hellfest 2016. Quel pied! J'attendais ce concert avec impatience tout en redoutant le poids des années sur un des groupes phares des années 1990. Résultat, je n'ai pas été déçu. Alors ok, les gars ont pas super bien vieilli, notamment le chanteur Dexter Holland qui a pas mal gonflé m'a-t-il semblé d'après ce que je voyais sur les écrans géants et Noodles qui se tape de sacrés rides sur la tronche. Greg K s'en est lui mieux sorti que ses comparses. Quant au batteur, on s'en fout puisqu'il n'était pas là à la grande époque! Ok, ça ne bouge pas beaucoup sur scène, dommage pour du punk rock californien méga entraînant. Mais alors, entendre des hits qui ont marqué ta jeunesse comme "Come Out And Play" (dès le troisième morceau, j'étais fou!) et "Self Esteem" du grand classique Smash ou "Why Don't You Get a Job?" et "Pretty Fly (For A White Guy)" du super fun Americana, même mal placé (loin et excentré sur la droite), ça n'a juste pas de prix! Il est 1h du mat', j'ai 15 ans à nouveau et mon acné est revenu sur mon visage tout sourire. Tout ça c'est loin et c'est bien sûr le facteur nostalgie qui joue surtout, quand bien même The Offspring a sorti quelques tueries immortelles. Même les nombreux morceaux que je n'ai pas reconnus (il faut dire que je n'ai pas réécouté les Américains depuis des années et que je ne connais de toute façon que les deux albums cités plus haut, donc rien à avoir avec le son pour une fois très convenable) m'ont mis une putain de banane. Et je ne pense pas avoir été le seul à avoir savouré au plus haut point ce voyage dans le temps de plus d'une heure qui m'a fait un bien fou et permis de clôturer cette première journée de la plus belle des façons.

Setlist:

You're Gonna Go Far, Kid
Want You Bad
Come Out And Play
Coming For You
Hammerhead
Original Prankster
Have You Ever
Staring At The Sun
All I Want
Bad Habit
What Happened To You?
Hit That
Kristy, Are You Doing Okay?
Why Don't You Get a Job?
Americana
(Can't Get My) Head Around You
Pretty Fly (For A White Guy)
The Kids Aren't Alright
Self Esteem 

Keyser : C'est donc avec le sourire jusqu'aux oreilles que je quitte le site pour retourner à ma tente. Une première journée marquée par un son trop souvent médiocre, une météo capricieuse entre éclaircies et averses et un monde de dingue (50 000 personnes soit 5 000 de plus que l'année dernière, l'effet Rammstein sans doute...). Mais avec une telle conclusion signée par l'un des groupes de rock les plus importants des années 1990, comment ne pas rester satisfait?! Et puis Hatebreed, Vision of Disorder, Dust Bolt, Skeletal Remains, Killswitch Engage ou même Mass Hysteria ont su égayer ce vendredi très plaisant. Et dire que ce sera la moins bonne journée!

AtomicSchnitzel : La Valley.

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