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Goath - Luciferian Goath Ritual

Chronique

Goath Luciferian Goath Ritual
Après quelques années de bons et loyaux services au sein de Deathronation, sympathique groupe de Death Metal à qui l’on doit quelques démos ainsi qu’un premier album paru chez Ván Records, S. Muerte et B.S. Goathammer décident de quitter le navire courant 2014 pour voguer vers de nouveaux horizons. Ensemble, ils iront former Goath avec l’aide d’un troisième larron collaborant depuis déjà quelques années avec S. Muerte chez les vétérans de Total Hate.
En mai 2016, le trio sort sa première démo. D'abord autoproduite, celle-ci est rapidement rééditée au format vinyle par Ván Records. Une entente qui perdure aujourd'hui avec la sortie du premier album des Allemands. Intitulé Luciferian Goath Ritual, celui-ci reprend les trois titres de la démo auxquels viennent s'ajouter sept nouvelles compositions. Le tout est présenté dans un très joli digipack (une constante chez Ván Records) superbement illustré et présenté sous la forme d'une croix renversée une fois les sept panneaux dépliés. Du bel ouvrage.

Loin du Death Metal old school de Deathronation, Goath emprunte le chemin d'un Black Metal particulièrement abrasif. La couleur donnée par le trio à ce premier album est ainsi l'un de ses principaux atouts. A travers une production rugueuse et particulièrement Punk dans l'esprit (à fond de calle, relativement crue et finalement sans aucun artifice), les Allemands vont venir nous caresser les oreilles jusqu'au sang pendant quarante minutes. Sans révolutionner quoi que ce soit, le groupe séduit pourtant par la qualité de ses compositions et surtout l'efficacité de ses riffs. Comme souvent, il n'y a là rien de bien sorcier dans le propos des Allemands mais le rendu est tel qu'on ne peut qu'être enthousiaste face à tant de séquences aussi redoutables que celles servi ici par Goath.

Luciferian Goath Ritual débute ainsi très fort avec l'excellent "All Become Nothing", un premier morceau pourtant long à se mettre en place (merci l’introduction de plus d’une minute rappelant par ce cri possédé celle de Possession sur "His Best Deceit") sur lequel on se rend rapidement compte que le trio n'est pas sans flirter avec le Thrash. Non pas celui de la Bay Area et encore moins celui plus "festif" ou en tout cas plus "léger" que l'on trouve sous l'appellation "Crossover". Non, on parle ici de Thrash bestial à la sauce sud-américaine. Un Thrash direct et agressif, primitif dans sa construction et ne faisant preuve d'aucun compromis. Goath tape donc dur et fort afin de ne laisser aucune chance à l'auditeur de s'en retourner. Un constat qui reste le même pour tous les morceaux suivants. Au jeu des comparaisons, on pense donc inévitablement à Archgoat pour ces riffs répétés jusqu’à écœurement mais le groupe se détache néanmoins des Finlandais grâce à une cadence nettement plus soutenue (un point essentiel sur lequel le groupe ne fait définitivement pas semblant), des riffs pas si simples/éculés qu’il y paraît ainsi qu’à cette fameuse production qui offre derrière son caractère abrasif une lisibilité beaucoup plus marquée.
Si la batterie très naturelle et claquante de Serrator tient son rang comme il se doit à coup de blasts punitifs, cavalcades fiévreuses et autres petits touchés subtiles (notamment sur les cloches de cymbales dont je raffole), on retiendra également les riffs noirs et blasphématoires de Goathammer. Des riffs bien vicelards et pour certains très lumineux qui vont venir appuyer là où ça fait mal ("All Become Nothing" à 1:22, "Blasphemous Supremacy" à 0:05, ceux plus alambiqués de "Retaliation" ou "Into Nihil", celui de "Resurrection Of The Light Bearer" emprunt d’un fort élan de religiosité ou encore le très Rock’n’Roll "Under Death’s Shadow"). Un travail qui peut paraître simple mais n’en est pas moins marqué d’une véritable personnalité ainsi que d’une efficacité qui fait de Luciferian Goath Ritual un album tout ce qu’il y a de plus féroce et destructeur. D’autant que si l’auditeur passe l’essentiel de son temps à être maltraité par les assauts interminables de Goathammer, il est également chahuté par quelques changements de rythme particulièrement coriaces qui laisseront quelques marques sur leurs petites nuques chétives ("All Become Nothing" à 2:13 et 2:58, "Blasphemous Supremacy" à 1:32 et 3:18, les premières secondes de "Into Nihil" ou celles plus groovy de "Necromantic Ways", "The Hunt, The Instinct" à 2:58 ou encore "Under Death’s Shadow" et sa construction qui sort quelque peu des sentiers battus). Certains morceaux sont également l’occasion pour Goath de s’essayer à des choses qui sortent quelque peu de l’ordinaire comme ces voix éthérées et mélodiques à 2:10 sur "Blasphemous Supremacy", ce chant déclamé et nasillard à la Inquisition sur le très bon "Necromantic Ways", le break plutôt étonnant de "The Hunt, The Instinct" à 1:57, "Enter The Temple" ses rototoms et ses riffs ultra catchy... Enfin on appréciera également le travail fait sur le chant grâce aux voix complémentaires apportées par Muerte et Goathammer. Entre cris arrachés, récitations hallucinées ou growl bestial et démoniaque, le duo fait preuve d’une intéressante dualité rendu encore un plus saisissante par des nuances de tessitures discrètes mais néanmoins décelables.

Album relativement convenu en apparence, Luciferian Goath Ritual cache derrière certains traits de ressemblance avec quelques noms tels qu’Archgoat ou Black Witchery, une véritable personnalité qui place Goath parmi les très bonnes découvertes de cette année et surtout les albums sur lesquels il est bon de revenir en tout temps. Certes, ce premier essai conviendra davantage à tous les amateurs de Black bestial mais certaines de ses digressions et autres touches personnelles en font un album plus riche et intéressant qu’il y paraît. Enfin si vous n’avez que faire de ce genre de détails, gardez alors en tête que Luciferian Goath Ritual reste malgré ses pointes d’originalités, un sacré bourre-pif qui devrait en laisser plus d’un sur le tapis.

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2 COMMENTAIRE(S)

KPM citer
KPM
11/07/2017 16:13
Très bonne sortie avec un charme certain.
Sulphur citer
Sulphur
11/07/2017 09:34
note: 7.5/10
Pas mal du tout, mais pas marquant non plus. Ça fait bien le taf en tout cas, et jolie pochette pour l'occasion (petit côté Goya, j'aime bien).

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Goath
Black Metal
2017 - Ván Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (1)  7.5/10
Webzines : (5)  7.61/10

plus d'infos sur
Goath
Goath
Black Metal - 2015 - Allemagne
  

tracklist
01.   All Became Nothing  (04:44)
02.   Blasphemous Supremacy  (03:46)
03.   Retaliation  (03:24)
04.   Solitudinem  (01:10)
05.   Into Nihil  (04:17)
06.   Necromantic Ways  (03:54)
07.   Resurrection Of The Light Bearer  (03:33)
08.   The Hunt, The Instinct  (04:05)
09.   Enter The Temple  (04:18)
10.   Under Death's Shadow  (07:47)

Durée : 40:58

line up
parution
17 Mars 2017

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