chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
57 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Borgne - [∞]

Chronique

Borgne [∞]
J’en ai entendu dire que ce nouvel album de BORGNE était long. Pourtant il ne fait qu’une heure avec 8 pistes, là où le précédent, Règne des Morts faisait 78 minutes avec un morceau en moins. L’album d’avant aussi faisait une heure avec seulement 6 pistes. Non, finalement les morceaux de [∞] sont « courts », et reviennent plus aux durées de ceux d’Entraves de l’âme. Un seul dépasse les 10 minutes, et c’est vraiment d’un poil : 20 secondes. La moyenne est plutôt autour de 7. Alors oui, c’est toujours plus « long » que certains groupes qui se contentent de l'essentiel, mais on reste cette fois-ci dans des durées raisonnables. Et surtout, je serais tenté de dire que la durée n’est de toute façon pas un défaut, si les compositions sont de qualité. Qu'il ne faut pas confondre la durée et les longueurs. Se plaindre d’un album long, c’est juste constater qu’on n’a pas de temps à consacrer à la musique. On est responsable de notre incapacité à ingurgiter tant de bonnes choses. On n'a qu'a fragmenter l'écoute. Les longueurs quant à elles, ce sont des passages en trop, inutiles, qui font sembler le temps long. Ce n’est pas le cas ici. Et c’est très facile d’en faire la vérification, en faisant commencer l’album par la piste que l’on veut, on se surprend à esquisser un sourire d'approbation. Oui, s’enchainer tout l’album d’une traite peut être éprouvant parce qu’il est riche, mais chaque piste réussit à nous tenir en haleine, prise à part de l’ensemble.

Une nouvelle fois BORGNE, et donc sa tête pensante Bornyhake (également active pour PURE et ENOÏD), parvient à créer des ambiances prenantes, aux images fortes. Il a toujours été doué pour imposer des paysages désolés, ténébreux, inquiétants et malsains. Il nous refait le coup une énième fois, avec la même efficacité, mais avec en plus des envies de nous prendre à contrepied, des envies de changer par moment le monde visuel habituel. C’est ainsi que tout du long de l’album, il s’amuse à nous tirer par moment violemment par le col et nous plonger dans une ambiance tout à fait différente, mais d’une logique évidente. Sur « I tear apart my blackened wings pt.1 », c’est dans des eaux troubles qu’il nous fait voyager. Des sons marins, une longue partie instrumentale centrale qui fait penser à une plongée, une montée en puissance poussée par des choeurs en fond... Il y a quelque chose de majestueux sur cette piste. On entre dans un univers parallèle qui n’avait pas encore été exploré par le Suisse, mais qui n’a rien de farfelue, parce que c’est ajouté avec naturel.

Et ces sensations d’explorations sages se ressentent tout du long. Dès le début d’ailleurs, avec « La porte du chaos » qui est ouverte avec des sons indus à la fois agressifs et spatiaux. Les deux premières minutes invitent tout de suite à un monde différent de ce qu’on connaissait du groupe. On aura vite fait de vouloir comparer avec les compatriotes de DARKSPACE, et par la suite aussi certains sons y feront référence, mais sans que le résultat n’en soit trop proche. La saleté est plus forte ici. BORGNE a toujours un pied dans les brûmes même lorqu’il a l’esprit dans les étoiles. Et pour la première fois en 8 albums, c’est surtout LEVIATHAN qui m’est venu à l’esprit. J’ai ressenti à plusieurs reprises des frissons similaires à ceux provoqués par The Tenth Sub Level of Suicide.

Je ne vais pas révéler toutes les surprises de l’album, mais il en est riche et chaque piste bénéficie d'une empreinte personnelle. Titres au tempo lent (« Un temps périt »), voix féminines éthérées, chœurs mâles en fond, voix claires sur guitare acoustique (« I tear apart my blackened wings pt.2 / Sun »), utilisation de samples et machines martiales pour ambiances à la NKVD (« Mis à mort, mis à nu»)... C’est riche, c’est accrocheur, on a envie de replonger dedans à répétition. Petit bémol, le chant en français. J’adore le chant en français, mais chez BORGNE, comme chez PURE d’ailleurs, il est trop audible. Ce qui est habituellement une qualité ne l’est pas nécessairement ici, tout simplement parce que la musique de BORGNE vise à nous hypnotiser, à créer des images fortes, et que les vocaux étant à la portée de notre compréhension, ils donnent envie de se concentrer sur leur sens, et donc à casser légèrement l’hypnose. On se surprend à écouter les paroles pour les comprendre, et donc à décrocher de la musique. Il faut faire l’effort de ne plus penser au sens, mais de se laisser bercer également par les vocaux... Alors le voyage est total...

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Borgne
Black metal ambiant
2018 - Avantgarde Music
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (2)  8.5/10
Webzines : (5)  6.94/10

plus d'infos sur
Borgne
Borgne
Black metal ambiant - 1998 - Suisse
  

tracklist
01.   La porte du chaos
02.   Peu importe si elle m'aura aveuglé
03.   Un temps périt
04.   Comme si ça s'arrêtera / Stone
05.   I Tear Apart My Blackened Wings pt.1
06.   I Tear Apart My Blackened Wings pt.2 / Sun
07.   Mis à mort mis à nu
08.   Chuter

Durée : 61:53

line up
parution
30 Mars 2018

voir aussi
Borgne
Borgne
Royaume des Ombres

2012 - Sepulchral Productions
  
Borgne
Borgne
Règne des morts

2015 - Those Opposed Records
  

Essayez aussi
Cry
Cry
Dead Within

2011 - Rigorism Production
  
Spectral Lore / Mare Cognitum
Spectral Lore / Mare Cognitum
Sol (Split-CD)

2013 - I, Voidhanger Records
  
Kvlt of Hiob
Kvlt of Hiob
Thy Kingly Mask

2012 - Blut & Eisen Productions
  

Poésique - MoM chronique Death - The Sound of Perseverance
Lire le biographie
Ritual Necromancy
Disinterred Horror
Lire la chronique
FOREST FEST OPEN AIR
Antzaat + Anus Mundi + Aura...
Lire le live report
Mezzrow
Then Came The Killing
Lire la chronique
Circle Takes the Square
As the Roots Undo
Lire la chronique
Heptaedium
The Great Herald Of Misery
Lire la chronique
Serum Dreg
Lustful Vengeance
Lire la chronique
Vanhelga
Fredagsmys
Lire la chronique
Death Power
The Bogeyman Returns (Compil.)
Lire la chronique
Aura Noir
Aura Noire
Lire la chronique
Moonreich
Fugue
Lire la chronique
Megadeth
Lire le live report
Mortiferum
Altar Of Decay (Démo)
Lire la chronique
Être moins con : lire BLACK METAL
Lire le podcast
PPCM #0 - Chevauche le Grand Requin Blanc (Carcariass)
Lire le podcast
Legacy Of The Beast European Tour 2018
Iron Maiden + The Raven Age
Lire le live report
LE Canyon - Episode 13 - Dragon casqué
Lire le podcast
Sphæra
Teratology (EP)
Lire la chronique
Funeral Mist
Hekatomb
Lire la chronique
Obscura
Diluvium
Lire la chronique
Uniform / The Body
Mental Wounds not Healing (...
Lire la chronique
Soundgarden
Louder Than Love
Lire la chronique
Skogen
Skuggorna kallar
Lire la chronique
Ossuarium
Calcified Trophies Of Viole...
Lire la chronique
Thorium
Blasphemy Awakes
Lire la chronique
Sacred Reich
Independent
Lire la chronique
Atavisma
The Chthonic Rituals
Lire la chronique
Gaerea
Unsettling Whispers
Lire la chronique
Throane + Wolves In The Throne Room
Lire le live report
Yob
Our Raw Heart
Lire la chronique