chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
89 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Pestifer - Execration Diatribes

Chronique

Pestifer Execration Diatribes
Il y a des groupes qui prennent vraiment leur temps. Prenez Pestifer. Les Portugais, pas les Belges. Formé en 2000, le combo ne sort sa première production qu'en 2009, qui plus est une démo 4-titres, Brutal Eruption Of Chaos. Puis plus rien jusqu'en 2017 où la formation a enfin décidé de se lancer dans le grand bain avec son premier full-length Execration Diatribes débarqué sur Lavadome Productions pile poil pour la Saint-Valentin. Il était temps! D'autant que Brutal Eruption Of Chaos était une sacrée bonne surprise dont je n'avais malheureusement pas eu le temps de vous parler. Ce premier album de Pestifer était donc attendu, du moins par ceux qui avaient eu vent de cette démo très prometteuse. Malgré les huit ans séparant les deux œuvres, je n'avais pas oublié ce groupe que j'avais gardé dans un coin de ma tête, sachant déjà depuis quelques temps qu'il serait signé chez Lavadome, label tchèque que j'affectionne. Mais comme vous le savez, une longue attente engendre souvent la déception. Est-ce le cas de Execration Diatribes? Oui et non. Parce que oui, honnêtement, j'en attendais plus. Et non parce que putain ça bute bien quand même! Mais mélangé, ça fait toujours un peu...

Le oui d'abord. Dès la première écoute, j'ai bien senti que ça le faisait moins que Brutal Eruption Of Chaos. Et pas à cause de cette pochette pas terrible qui rappelle un peu dans l'esprit celle de Icons Of Evil de Vital Remains en plus moche, affublée en plus d'un logo et d'un titre en couleur rouge cartoon (et pas carton, on n'est pas non plus chez Linda de Suza ici!). Il peut m'arriver de me tromper mais en fait non, j'ai toujours raison. Les écoutes suivantes l'ont confirmé. Execration Diatribes n'atteint pas le niveau de Brutal Eruption Of Chaos qui avait placé haut mes espoirs dans Pestifer. Pourquoi? Le line-up a bien changé déjà. Du trio, il ne reste que le leader chanteur guitariste Pedro Silva qui a fait le ménage (normal pour un Portugais). Ou ce sont peut-être les autres qui se sont barrés mais je n'aurais pas pu faire de blague raciste. Le bonhomme a ainsi recruté le bassiste Jorge Marinho et le plus connu Diogo Pereira (Holocausto Cannibal) à la batterie. On aurait pu penser que ces changements n'affectent pas trop la musique de Pestifer puisque la tête pensante reste au volant. Effectivement, on reconnait le groupe de Brutal Eruption Of Chaos mais tout en notant quelques évolutions pas étrangères à ma moindre appréciation de l'album par rapport à la démo. Sur Execration Diatribes, Pestifer pratique un brutal death typé fin des années 1990 début des années 2000, avec un esprit old-school un peu evil, assez proche de ce que pouvait proposer un groupe comme Krisiun. Des Portugais qui font du brésilien, ce n'est après tout pas si étonnant vu l'histoire entre les deux pays. Et ça ne peut qu'être dans ce sens de toute façon vu la pauvreté de la scène death metal lusitanienne. Pestifer pratique donc un metal extrême relativement intense qui fait la part belle aux blast-beats (les mecs n'y vont pas avec le dos de la truelle!), tout en gardant de la place pour des séquences thrashies en tchouka-tchouka ("Brutal Eruption Of Chaos", "Dark Dimensions", "Enslavement Of God", "Awaken By Death", "Nothing Remains") ou même un peu de mid-tempo ("Brutal Eruption Of Chaos" à 1'56, les premières secondes de "Enslavement Of God", l'intro ambiancée de "Awaken By Death"). Dis comme ça, ça a l'air bien et effectivement c'est plutôt cool. Ça bourre tout en restant varié et musical. Sauf que le type de blast proposé ne me convient pas. Je sais que je suis tatillon avec ça mais moi j'aime les bons gros blast-beats classiques. Pas du tout les semi-blasts que je trouve plats et mollassons et pas beaucoup les blasts type mitraillette (à la Krisiun) qui me saoulent vite. Et c'est ce que propose Pestifer la plupart du temps. Il n'y a que sur "Dark Dimensions" (0'17, 4'20), un peu sur "Nothing Remains" (1', et encore, pas très rapide), et sur "Riding The Storm Of Hate MMXVI" (1'12) que j'ai le droit au genre de blast qui me fait vibrer. Un peu léger! Le son de batterie s'avère en plus trop synthétique. Du coup, la batterie est la principale cause de mon grief. Je n'apprécie pas des masses le jeu du batteur sur Execration Diatribes alors que celui de Brutal Eruption Of Chaos, ras la gueule de blasts jouissifs, me satisfaisait pleinement. Une des conséquences est que l'aspect intense de la musique, même si toujours présent (c'est encore bien poilu, normal pour des Portugais), s'est quelque peu affaibli alors que la démo arrachait la gueule. Sans trop se compromettre, Pestifer a ainsi mis un peu d'eau dans son vin. On peut aussi l'entendre aux riffs moins noirs et à la production plus propre. Compréhensible mais je préférais le son plus cru qui rajoutait encore à la brutalité de l'ensemble. Ultime preuve de la supériorité de la démo, "Riding The Storm Of Hate MMXVI", seul morceau repris sur l'album (dans une version légèrement retravaillée toutefois), finit à la première place des meilleures pistes.

Le non ensuite. Malgré les défauts pointés du doigt, Execration Diatribes reste un bon album de death metal/brutal death, voire très bon dans ses élans les plus convaincants. Car je ne peux pas jeter en pâture un groupe avec une si bonne science du riff. Ce n'est pas Mass Infection mais les gars possèdent tout de même un feeling particulièrement aiguisé, même si on reste dans du grand classique. Les riffs, travaillés et mélodiques, s'avèrent la grande force du groupe et de cet album qui ne laisse que très peu de déchet (deux-trois riffs plus génériques perdus au milieu de la belle collection). Cette démonstration guitaristique convaincante s'accompagne d'une maîtrise technique indéniable (pas manchots les gars!) que l'on peut aussi admirer sur les solos mélodiques, construits (normal pour des Portugais) et sweepés qui parsèment le disque ("Mars Exult" à 2'51,"Dark Dimensions" à 3'02, "Awaken By Death" à 3'12, "Riding The Storm Of Hate MMXVI" à 3'58 et 5'04, "Confront Death" à 1'50...), complétant ainsi le feeling mélodique dans les riffs. On reprochera juste une utilisation un peu trop intensive du vibrato mais ça fait evil et old-school alors on pardonne. Et puisqu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, le guitariste Pedro Silva, déjà l'atout principal de Pestifer avec ses riffs, se fait également un excellent chanteur. Le bonhomme évite les growls lambdas souvent rébarbatifs et banals en proposant une intonation certes gutturale mais arrachée, virulente et personnelle, qui donne du poids à la prestation. J'aime quand les chanteurs de death vivent leurs paroles, les rendent vivantes, puissantes, bref qu'ils apportent vraiment quelque chose et qu'ils ne se contentent pas de grogner de façon incompréhensible.

D'un côté, un jeu de batterie qui oublie mon type de blast préféré, une production un peu trop propre et une intensité légèrement revue à la baisse pour davantage de diversité. De l'autre, des riffs affûtés, un chant original et bien haineux, un côté thrashy toujours bienvenu, un bon sens de la mélodie et des solos adroits. Mais toujours cette comparaison avec la tonitruante démo Brutal Eruption Of Chaos qui fait pencher la balance du mauvais côté. Si Pestifer a beaucoup d'atouts à faire valoir, je ne peux m'empêcher d'éprouver de la déception à l'écoute de ce Execration Diatribes, un cran en dessous du premier jet très prometteur du trio lusitanien. Un potentiel pas complètement confirmé ici car l'album manque d'un petit quelque chose pour réellement l'adouber. C'est dommage car, je le répète, les riffs, le point le plus important sur un album de metal, ont tout pour plaire aux amateurs de death metal à qui je conseille tout de même de jeter une oreille sur cette nouvelle sortie intéressante de Lavadome Productions, au cas où je sois vraiment devenu un vieux con aigri qui trouve toujours quelque chose à redire (comment ça, ça fait déjà un moment?!). Non et puis je ne pouvais décemment pas faire l'éloge complet d'un groupe venant d'un pays qui a enfanté Cristiano Ronaldo et gagné l'Euro on ne sait toujours pas comment!

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

4 COMMENTAIRE(S)

Jean-Clint citer
Jean-Clint
20/02/2017 09:10
sijj a écrit : bien que toujours fidèle à votre webzine, je déplore que les chroniques soient trop souvent aveugles, genre "tout est génial: 8/10 !", ça ne sert à rien et souvent c'est inexact. Bisous.

Je reprends et confirme ce qu'a dit mon collègue Ikea car j'ai exactement le même point de vue, d'autre part manquant de temps pour tout chroniquer je préfère me concentrer sur les sorties qui en valent la peine.
Ikea citer
Ikea
19/02/2017 18:08
Il faut dire qu'il y a aussi un écrémage sur ce qu'on décide de chroniquer ou pas. Personnellement, j'ai plus tendance à parler d'un disque bon que d'un moyen ou mauvais. D'où peut-être cette impression d'uniformité... que je ne partage pas vraiment. Les notes de ce mois-ci varient de 6,5 à 9 par exemple.
Dead citer
Dead
19/02/2017 16:07
J'ai pas souvenir qu'on se soit déjà fait taclé à cause de notre côté trop conciliant. Thrashocore a vraiment changé Gros sourire
sijj citer
sijj
19/02/2017 15:08
note: 7/10
Pareil, un brin déçu, mais je te remercie pour ton objectivité et ta chronique. Tu manques cruellement à Thrashocore pour celles-ci, car depuis quelques mois maintenant, bien que toujours fidèle à votre webzine, je déplore que les chroniques soient trop souvent aveugles, genre "tout est génial: 8/10 !", ça ne sert à rien et souvent c'est inexact. Bisous.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Pestifer
Brutal Death
2017 - Lavadome Productions
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs : (2)  7/10
Webzines : (4)  7.69/10

plus d'infos sur
Pestifer
Pestifer
Brutal Death - 2000 - Portugal
  

tracklist
01.   March Of The Dead Orchestra
02.   Mars Exult
03.   Brutal Eruption Of Chaos
04.   Dark Dimensions
05.   Enslavement Of God
06.   Awaken By Death
07.   Nothing Remains
08.   Riding The Storms Of Hate MMXVI
09.   Confront Death

Durée : 38'22

line up
parution
14 Février 2017

Essayez aussi
Odious Mortem
Odious Mortem
Cryptic Implosion

2007 - Willowtip Records
  
Blood Of The Wolf
Blood Of The Wolf
II: Campaign Of Extermination

2018 - Autoproduction
  
Deist
Deist
Demo (Démo)

2009 - Autoproduction
  
Rebaelliun
Rebaelliun
Bringer Of War (The Last Stand) (EP)

2017 - Hammerheart Records
  
Bodysnatch
Bodysnatch
Universe Of Gory Tales (EP)

2009 - Rising Nemesis Records
  

Abysmal Torment
The Misanthrope
Lire la chronique
Dalkhu
Lamentation and Ardent Fire
Lire la chronique
KEN Mode
Loved
Lire la chronique
Mara
Thursian Flame
Lire la chronique
Cardiac Arrest + Deadfuck + Pulsating Cerebral Slime
Lire le live report
Nahtrunar
Mysterium Tremendum
Lire la chronique
Hyperdontia
Nexus Of Teeth
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 18 - Le Livre des Mauvaises Décisions
Lire le podcast
S.U.T.U.R.E.
Sacrificed Universe. Tormen...
Lire la chronique
Anachronism
Orogeny
Lire la chronique
Vetrarnott
Scion (EP)
Lire la chronique
Kill-Town Death Fest 2018 / The Resurrection Edition
Lire le dossier
Au-Dessus
Au-Dessus (Rééd.)
Lire la chronique
Slave Hands
World Rid of All Living
Lire la chronique
French Black Metal : Les illuminés
Lire le podcast
Dauþuz
Des Zwerges Fluch (EP)
Lire la chronique
A Portrait of Flesh and Blood
Gallery of Sorrow
Lire la chronique
MoM hors-série - Metal et sport partie 2
Lire le podcast
Krisiun
Scourge Of The Enthroned
Lire la chronique
Derdian
DNA
Lire la chronique
Kroda
Selbstwelt
Lire la chronique
Hyrgal pour la réédition de l'album "Serpentine"
Lire l'interview
Ultra-Violence
Operation Misdirection
Lire la chronique
Caedes Cruenta / Cult Of Eibon
The Wizard of Yaddith / The...
Lire la chronique
Mare
Ebony Tower
Lire la chronique
Thou
Magus
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 17 - Entretien avec un Bourreau.
Lire le podcast
Riot V
Armor Of Light
Lire la chronique
Curse Upon A Prayer
The Three Woes (EP)
Lire la chronique
Ritual Death / Aosoth
Ritual Death / Aosoth (Spli...
Lire la chronique